Le noir absorbe totalement la lumière sans rien en refléter. Le noir est secret, muet comme une tombe, fermé comme une huître. La grande vertu du Blackberry est de ne laisser couler aucune information en dehors de la communication autorisée. Le président américain a donc pu garder la petite plaque noire en toute sécurité.

Mais voilà qu’on crie gare dans certains pays : « La sécurité nationale et la morale sont menacées. » On s’apprête à en restreindre l’usage aux citoyens pour se prémunir contre d’éventuels terroristes et pornographes.

45647879Le Blackberry serait trop étanche pour l’émir. Ne faudrait pas le munir d’un dispositif de fuite contrôlée pour mettre la main au collet des cyber-malfrats, ou du moins, laisser planer le doute qu’ils seront épinglés? C’est un BerryLeaks qu’on exige, en quelque sorte! (voir le Courrier international)

Par ailleurs, pour le Pentagone, c’en est trop avec WikiLeaks qui coule trop de dossiers confidentiels. Là aussi, on craint pour la sécurité. On réclame le colmatage de la fuite, tout en menaçant  de représailles le fondateur du site WikiLeaks. Vivement un BlackWiki! (voir Le point)

Tantôt, nous sommes pour le secret bien gardé, tantôt pour l’information coulée, le secret gardé à plusieurs. Alors, quand nous faut-il être Blackberry … ou WikiLeaks?

La vérité sans l’amour déshumanise toujours.

« L’amour dans la vérité  est un grand défi pour l’Église dans un monde sur la voie d’une mondialisation progressive et généralisée. Le risque de notre époque réside dans le fait qu’à l’interdépendance déjà réelle entre les hommes et les peuples, ne corresponde pas l’interaction éthique des consciences et des intelligences dont le fruit devrait être l’émergence d’un développement vraiment humain. » (Lettre encyclique Caritas in veritate, de Benoît XVI, no 9)