En regardant la pub vidéo de Pepsi /Doritos,

voici la réflexion qui  a traversé mon esprit. Connaissez-vous la pédagogie du «nid de coucou» ? Il s’agit de déposer  une suggestion  dans un contexte différent mais ressemblant, qui va favoriser son renforcement.

Les coucous ne font pas de nid. Ils pondent dans les nids d’autres oiseaux en jetant au préalable quelques œufs pour faire de la place. Ils  laissent ainsi tout le reste du travail aux premiers occupants. (Source)

Pepsi  et Doritos  ont pondu leurs œufs dans le nid du rassemblement  eucharistique  en jetant par-dessus bord  l’essence même du sacrement : le pain et le vin,  corps et sang du Christ  qui nourrissent son troupeau. Si les oiseaux hôtes se font berner, les chrétiens ne semblent pas assez poires[1] pour laisser passer cette grossièreté. Une pétition circule pour dénoncer cette pub.

Les publicitaires font de l’église un  «cuckoo’s nest», (expression anglaise désignant un asile d’aliénés mentaux)  à commencer par ses pasteurs à qui je pourrais dire : «Travaillez non pas pour la nourriture qui se gâte, mais pour la nourriture qui dure et qui est source de vie éternelle.» (Jean 6,27)

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«Qui mange ma chair et boit mon sang aura la vie éternelle. » (Jean 6,54) Mais la malbouffe du genre Pepsi et Doritos est plus populaire, même si elle contribue à l’épidémie croissante d’obésité. «L’Organisation Mondiale de la Santé place actuellement sa prévention et sa prise en charge comme une priorité dans le domaine de la pathologie nutritionnelle.» (source)

La pub laisse bien entendre que la pratique eucharistique n’est plus très populaire, ce qui entraîne un déficit budgétaire pour la paroisse. Pas facile l’évangélisation qui propose d’entrer en soi-même pour entendre l’appel de la Parole. Plus facile de suggérer de se remplir le ventre de «cochonneries».

Faut-il se consoler du fait qu’un changement d’habitudes concernant la consommation chronique de malbouffe est aussi difficile qu’un changement d’habitudes pour mettre Jésus Christ au centre de sa vie quotidienne ?

Devient-on  ce que l’on mange ?

Rémi Bourdon

[1] Même si un «bon-chrétien» est une sorte de grosse poire