Fantôme, momie, Batman ou Cendrillon, des milliers de personnages à incarner pour plein de sensations. Vous les verrez bientôt,  dans la soirée du 31, toutes ces beautés éphémères et  créatures étranges.

Depuis la mi-septembre, la publicité s’acharne dans notre boîte aux lettres[1], à offrir sa garde-robe de costumes.  Et parmi eux, il y a Jésus, les mains et le regard tournés vers le ciel. Il y a aussi le pape, un  évêque, un curé  et un moine. Après tout, nous sommes encore un peu en terre catholique. Alors on peut comprendre qu’il n’y ait pas de déguisements d’iman, d’ayatollah, de juif hassidique, ou de moine bouddhiste.  Voilà,  d’après les sociologues, nous sommes entrés dans une époque de postchrétienté.

Quand j’étais enfant, il aurait été inimaginable, sacrilège de me déguiser en Jésus. Puis il ya eu la révolution tranquille : « la religion a pris le  bord ». C’était le début de ce qu’on a appelé la sécularisation. Dans les années 70, le mot sécularisation voulait dire que la religion avait perdu sa place prédominante. Elle avait une place mais pas toute la place. Depuis les années 90, le phénomène de sécularisation serait entré dans une nouvelle phase, c’est-à-dire que la religion est devenue presqu’invisible dans l’espace public culturel: « la religion n’est plus dans le décor ».  Pour beaucoup, ce n’est pas plus qu’un reliquat du passé, du folklore.  Si bien qu’on en vient à  banaliser la figure centrale de la tradition religieuse québécoise.

Quand vous avez regardé le contenu du sac-à-pubs, vous êtes-vous  étonné de voir Jésus dans l’alignement des personnages halloweenesques? Jésus est un costume parmi d’autres. Faut-il s’en offusquer? Pas trop! Mais ça nous questionne comme croyants : si Jésus Christ est au cœur de notre existence comme Parole de Vie qui donne sens au devenir de l’Humanité, que faisons-nous pour faire connaître cette Bonne Nouvelle à notre monde qui en a tant besoin?

Je ne sais pas combien de « Jésus » vont frapper aux portes de votre quartier pour demander des bonbons. Mais je crois que le vrai Jésus, le Vivant, frappe toujours à notre porte, celle de notre demeure intérieure. « Voici : je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi. » (Apocalypse 3, 20)

Tendez l’oreille, le soir, à l’heure du souper!

Rémi Bourdon

Ps. : Jésus a déjà été pris pour un fantôme : « Quand ses disciple, dans la barque, le virent marcher sur la mer, ils pensèrent que c’était un fantôme, et ils poussèrent des cris. » (Marc 6, 49)



[1] Le montage photographique a été fait à partir des photos du site :  trouilleetcitrouille.ca