Archives pour février, 2012
Les étudiants et étudiantes en théologie en grève!
28/02/12
Le 23 février, l’Association des étudiant(e)s en Théologie et Sciences religieuses de l’Université de Montréal, réunie en Assemblée générale extraordinaire, a voté une grève générale illimitée. Elle vient ainsi se joindre au mouvement de grève étudiante qui traverse actuellement le Québec. http://1625canepassepas.ca/ Nous savons que ce mouvement de protestation cherche à bloquer la décision du gouvernement libéral de hausser les frais de scolarité de 1625$ en cinq ans.
On nous sort souvent l’argument que dans d’autres provinces les étudiantes paient déjà plus chers qu’au Québec pour leur frais de scolarité. Et puis après?? Est-ce qu’on est allé vérifier l’impact de cette situation sur l’accès aux études post secondaires pour les étudiantes de ces provinces? Est-ce que les jeunes de milieux moins nantis ont une chance égale d’aller étudier au collège et à l’université? Et qu’en est-il du taux d’endettement de celles et ceux qui ont la chance de pouvoir passer aux études supérieures? Il ne faut quand même pas s’imaginer qu’en laissant l’école les jeunes trouvent tous des jobs permanentes et à temps plein avec des salaires à faire rêver? Ces jeunes prendront plus d’années à rembourser leurs frais d’études. Chez nous, il faudra compter avec l’obligation qu’auront les familles de se serrer encore plus la ceinture pour maintenir leurs jeunes à l’école. En effet, ces augmentations viendront s’ajouter à la taxe santé de 250$ annuellement, et à celles de l’Hydro. On va nous sortir encore que les universités sont dans le rouge, comme les hôpitaux d’ailleurs. Mais alors, qu’on m’explique comment il se fait que le gouvernement continue de sabrer dans les impôts à coup de milliards si on a besoin d’argent pour soutenir l’accès à des services publics de qualité? Pour arriver à ses fins le gouvernement entretient des mythes non fondés. http://www.nonauxhausses.org/2011/09/27/liris-capsules-video-contre-la-hausse-des-frais-de-scolarite/
De façon générale, on peut observer que devant les hausses du coût de la vie la première réaction des gens est de chercher à s’adapter en modifiant leur budget, en révisant leurs priorités pour pouvoir encaisser le « coût ». Mais il y a une limite à se qu’un ménage peut encaisser… sans rien dire, sans rien faire. Surtout quand on réalise que les choix budgétaires du gouvernement ont comme conséquence d’accentuer les inégalités entre les classes sociales, la classe des plus riches, étant la seule qui semble être épargnée par la crise économique actuelle.
Plusieurs de nos diocésain(e)s, inscrit(e)s aux programmes de la faculté de Théologie et de Sciences religieuses de l’Université de Montréal sont en grève aujourd’hui. Nous sommes donc confrontés à une question éthique : Devons-nous ou non appuyer le mouvement de grève étudiante? De qui notre décision personnelle nous fera-t-elle solidaire? Quel projet de société soutiendrons-nous par notre choix? Et quelles conséquences anticipons-nous pour nous, pour notre collectivité et pour ceux et celles qui viendront après nous? Faites votre choix!
Daniel Pellerin
Service diocésain de pastorale sociale
La messe qui prend son temps et l’autre qui en prend trop
27/02/12
On entend souvent dire que la messe, « c’est plate, ça prend trop de temps». Alors comment comprendre que des jeunes adultes veuillent y investir plus de leur temps comme à la messe qui prend son temps? (voir : http://fr-fr.facebook.com/pages/La-Messe-qui-prend-son-temps-Longueuil/227149443986198)
Pourquoi s’ennuie-t-on parfois là où l’on se trouve? À un show, j’en veux plein les yeux, plein le corps, plein de sensations fortes. Le spectacle doit m’arracher à mon siège, me mettre en vibration avec ceux qui sont sur la scène et le reste de la salle. Quand cette chimie se produit, je ne vois plus passer le temps. On s’ennuie à la messe parce que ça manque trop souvent de vibration entre le prêtre en avant, et nous, et aussi entre nous. Par ailleurs, la messe n’est pas un show. La plupart du temps, le show est fait pour nous distraire, nous tirer à l’extérieur de nous, nous faire oublier nos tracas. La messe veut nous intérioriser, nous plonger dans notre existence profonde, là où bouillonnent nos questions les plus vitales.
Alors, qu’est-ce qui se passe à la messe qui prend son temps qui pourrait inspirer les messes qui prennent trop de temps, même en 45 minutes? D’abord, il y a l’animation qui ne repose pas uniquement sur les épaules du président. Il n’est plus seul à prendre la parole dans l’assemblée pour commenter les lectures dominicales. Toute la communauté est appelée à composer, par le partage de la parole, une harmonie de sens qui exprime aujourd’hui la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. La messe qui prend son temps n’est pas un show, mais elle réchauffe le cœur en permettant de se brancher sur l’essentiel en soi-même et dans les autres. Alors les gestes simples de la liturgie eucharistique tirent leur lumière et leur sens des personnes qui les posent. Alors pour elles, la petite flamme d’un cierge pascal les éclaire mille fois plus qu’un follow-spot sur une scène de rock.
La Parole écoutée doit être travaillée intérieurement par la parole de celui qui l’entend, et ré-exprimée pour s’imprimer dans son cœur. Voilà une démarche pédagogique que la messe néglige en tablant uniquement sur la performance du prêtre qui fait l’homélie. N’est-ce pas trop exiger et de lui et des assistants, dimanche après dimanche?
Il y a aussi que la messe ne convient pas à tous les croyants comme le constate le Comité de théologie de l’assemblée des évêques catholiques du Québec : « (La liturgie) est une nourriture spirituelle exceptionnelle. Pourtant, de nombreux chrétiens choisissent de ne plus recourir à la célébration, parce qu’ils n’en perçoivent plus la pertinence. (…) La simple participation à l’Eucharistie dominicale, pourtant centrale dans la vie de l’Église, ne constitue pas automatiquement une pratique nourrissante pour la vie spirituelle…»
À quand des rassemblements dominicaux autres à l’intention de ceux qui ont déserté la messe, et qui ont faim et soif de la Parole?
Rémi Bourdon
Le Carême autrement
14/02/12
Lorsqu’on pense au Carême, il nous vient habituellement des images plutôt tristes. Les privations et les sacrifices dont nous ont parlé nos grands-parents ne donnent pas spontanément envie de ressortir ces pratiques qui nous semblent dépassées. Pour ma part, je ne me souviens pas d’avoir vécu un carême de privation dans mon enfance et pourtant dans mes souvenirs, le carême est presqu’exclusivement relié à une question de nourriture. On ne mangeait pas de viande le vendredi, et pas de chocolat ou de bonbons avant Pâques. Cela semblait avoir un vague lien avec le Carême, même si je ne comprenais pas pourquoi.
Aujourd’hui, en tant qu’adulte, j’essaie de retrouver le sens du Carême pour ma vie spirituelle. Je pense en effet que cela a quelque chose à voir avec ce qui nourrit puisque « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Lc 4, 4) Ce qui fait sens pour moi, c’est de vivre cette période de Carême comme un temps privilégié où je prends davantage conscience de mon besoin de nourriture spirituelle pour être vraiment vivante et pas seulement en mode survie. Le Carême devient alors un temps de « quarantaine » où je fais le choix de prendre un certain recul pour discerner ce qui nourrit vraiment ma vie.
Je cherche donc des moyens quotidiens pour me laisser convertir par Dieu. C’est pourquoi, encore cette année, je me suis inscrite à la « retraite dans la ville », comme moyen contemporain de vivre le Carême autrement. Notre rythme de vie accéléré peut nous amener subtilement à perdre de vue l’essentiel, en consommant, sans fin et sans faim.
Pour le temps du carême, n’est-ce pas une bonne idée de stimuler une autre sorte de faim?
Si, tout comme moi vous avez faim d’une Parole qui nourrit l’intériorité, je vous invite à vous joindre à cette grande communauté virtuelle qui médite et prie avec les dominicains de Lille, pendant les quarante jours qui précèdent Pâques. Une « retraite dans la ville », pour ceux et celles qui cherchent le pain quotidien qui nourrit autrement : http://www.facebook.com/RDLV.org
De plus, une nouveauté a été ajoutée cette année pour les enfants : « Dessine l’Évangile ». Un petit livret d’accompagnement spirituel pour les familles où les enfants sont invités à prendre, eux aussi, le chemin vers Pâques en réfléchissant à partir de l’Évangile de chaque dimanche. Leurs dessins peuvent être envoyés et mis en ligne sur le site de la « retraite dans la ville » sur la section « bloguer » : http://www.retraitedanslaville.org/
Une belle manière de vivre le Carême autrement, à partir du Mercredi des Cendres, le 22 février 2012.
Bon Carême!
Colette Beauchemin
Le bon sexe… Être ou ne pas n’être…
2/02/12
Le verdict est tombé! Coupables de meurtre prémédité. L’affaire Shafia est terminée. Zainab, Sahar, Geeti, et Rona, ont payé de leur vie, ont été sacrifiées pour maintenir un système où l’honneur des hommes (petit h) doit être préservé. Débarrassons-nous de la femme pécheresse l’honneur sera sauf…. Heureusement aujourd’hui le message est clair : ici, dans une société où, en principe, les droits humains sont respectés, l’intolérable ne se tolère pas.
Ne se tolère pas? Et pourtant… chez nous, au Canada, chaque année, des centaines de fillettes ne verront jamais le jour. La raison? Elles sont de sexe féminin! La seule, l’unique raison évoquée pour éliminer les fœtus dont le sexe ne satisfait pas aux exigences de certaines cultures. Y aurait-il un bon ou un mauvais sexe? Un sexe plus pur qu’un autre? Condamnée avant de naître. Est-il possible que déjà dans le sein maternel un enfant porte sur lui tout le fardeau d’une société patriarcale?
L’extermination systémique des filles est pratique courante dans certains pays comme l’Inde et la Chine, et ce, malgré l’adoption de lois telles que le Pre-natal Diagnostic Techniques Act, 1994 en Inde[1] pour éviter toute sélection basée sur le sexe, qui rappelle l’eugénisme et qui est loin d’être sans conséquences puisque la disparition des femmes crée un déséquilibre social ayant des répercussions démographiques importantes. Et malheureusement, la rareté des femmes fait augmenter la violence qu’elles subissent déjà : Objet de marchandage, il n’est pas rare qu’une femme soit partagée entre plusieurs hommes, ou qu’elle se retrouve dans un « trafic de fiancées provenant des régions voisines ».[2] Naître pour ne jamais être…
Commerce lucratif dans certains pays, qui aurait cru que le foeticide féminin traverserait nos frontières et s’installerait petit à petit en Amérique du Nord? Qui aurait pu prévoir que les autorités médicales canadiennes devraient s’ingénier à trouver des moyens pour déjouer une pratique ancrée dans la culture de certaines communautés canadiennes?
Pour le conseil du statut de la femme l’éducation est le moyen à préconiser pour changer les mentalités.[3]
L’affaire Shafia se termine? La violence envers les femmes continue…
Dignité humaine, égalité des sexes…
Combien faudra-t-il de fillettes disparues pour que le gouvernement canadien réagisse?
Et, selon le Dr. Kale « …Si le Canada ne peut contrôler cette pratique répugnante, quel espoir y a-t-il en Inde et en Chine de sauver des millions de femmes? » [4]
Christiane Lafaille
Répondante diocésaine à la condition des femmes
[1] http://rajswasthya.nic.in/PCPNDT%2005.12.08/Hand%20book%20with%20Act%20&%20Rules%20(5)%20%20(1).pdf
[2]Karina Marceau, La gazette des femmes, octobre 2007, p.39
[3] article de stéphane baillargeon, le devoir lundi le 23 janvier 2012
[4] Jean-Claude Leclerc, le Devoir, lundi le 23 janvier 2012
