Aujourd’hui, 1er mai, à l’occasion de la fête internationale des travailleuses et travailleurs, le Comité des affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec publie sa traditionnelle lettre. Cette année elle s’intéresse particulièrement  aux situations qui menacent l’accès à un travail de qualité qui mette à l’abri de la pauvreté. http://www.eveques.qc.ca/documents/2012/20120501f.html

La lettre des évêques arrive à point dans un contexte où une large partie de la population revendique un gel des frais de scolarité. Bien que cela puisse être interprété comme un appui directe à la lutte étudiante, il est intéressant de constater que la lettre du 1er mai situe cette lutte dans un contexte beaucoup plus large. Oui à l’accès à l’éducation, mais oui aussi, à un salaire « minimum » digne de ce nom qui assure une sortie de la pauvreté, ce qui est loin d’être les cas présentement. [1]

Oui à l’intégration des jeunes et des minorités dans le monde du travail. Et oui à des conditions de travail décentes.  Globalement, c’est une vision sociale très inclusive de tout notre monde, un appel lancé à nos leaders politiques et économiques pour que comme société nous soyons davantage préoccupés du bien commun.

En ce sens, la lettre des évêques rejoint le message du Mouvement international des travailleuses et travailleurs chrétiens, qui, lui aussi est préoccupé par la dégradation des conditions de travail et de revenus http://www.mmtc-infor.com/m/index.php/fr/communiques/24-upremier-mai-2012-precarite-au-travail-chomage-et-injustice-sociale.html : « La précarité au travail est l’une des causes premières de l’appauvrissement de beaucoup d’hommes et de femmes, de jeunes et d’adultes, issus de pays du Nord comme du Sud. Elle a un impact absolument négatif sur la vie de ces personnes et de leur famille. Nous ne voulons pas d’un système se caractérisant par de très bas salaires, des rythmes de travail accélérés, des horaires irréguliers, une compétitivité effrénée, la flexibilité exigée au travail, le harcèlement moral et sexuel et les formes d’esclavage au travail auxquelles sont surtout soumis les migrants. Notre défi consiste à dénoncer ces situations et à nous engager en permanence avec les plus pauvres et les plus démunis ».

Daniel Pellerin

[1] Seuil de faibe revenu: document du Collectif pour un Québec sans pauvreté http://www.pauvrete.qc.ca/IMG/pdf/111017-_Argumentaire_action_17_octobre_2011.pdf , p.2