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Article par dsjl

Le bon sexe… Être ou ne pas n’être…

Le verdict est tombé! Coupables de meurtre prémédité. L’affaire Shafia est terminée. Zainab, Sahar, Geeti, et Rona, ont payé de leur vie, ont été sacrifiées pour maintenir un système où l’honneur des hommes (petit h) doit être préservé. Débarrassons-nous de la femme pécheresse l’honneur sera sauf…. Heureusement aujourd’hui le message est clair : ici, dans une société où, en principe, les droits humains sont respectés, l’intolérable ne se tolère pas.

Ne se tolère pas? Et pourtantchez nous, au Canada, chaque année, des centaines de fillettes ne verront jamais le jour.  La raison? Elles sont de sexe féminin!  La seule, l’unique raison évoquée pour éliminer les fœtus dont le sexe ne satisfait pas aux exigences  de certaines cultures. Y aurait-il un bon ou un mauvais sexe? Un sexe plus pur qu’un autre?   Condamnée avant de naître. Est-il possible que déjà dans le sein maternel un enfant porte sur lui tout le fardeau d’une société patriarcale?

L’extermination systémique des filles est pratique courante dans certains pays comme l’Inde et la Chine, et ce, malgré l’adoption de lois  telles que le Pre-natal Diagnostic Techniques Act, 1994 en Inde[1] pour éviter toute sélection basée sur le sexe, qui rappelle l’eugénisme et qui est loin d’être sans conséquences puisque la disparition des femmes crée un déséquilibre social ayant des répercussions démographiques importantes. Et malheureusement, la rareté des femmes fait augmenter la violence qu’elles subissent déjà : Objet de marchandage,  il n’est pas rare qu’une femme soit partagée entre plusieurs hommes,  ou qu’elle se retrouve dans un  « trafic de fiancées provenant des régions voisines ».[2] Naître pour ne jamais être… 

Commerce lucratif dans certains pays, qui aurait cru que le foeticide féminin traverserait nos frontières et s’installerait petit à petit en Amérique du Nord?  Qui aurait pu prévoir que les autorités médicales canadiennes devraient s’ingénier à trouver des moyens pour déjouer une pratique ancrée dans la culture de certaines communautés canadiennes?

Pour le conseil du statut de la femme l’éducation est le moyen à préconiser pour changer les mentalités.[3]

L’affaire Shafia se termine?  La violence envers les femmes continue

Dignité humaine, égalité des sexes…

Combien faudra-t-il de fillettes disparues pour que le gouvernement canadien réagisse?

Et, selon le Dr. Kale « …Si le Canada ne peut contrôler cette pratique répugnante, quel espoir y a-t-il en Inde et en Chine de sauver des millions de femmes? » [4]

 

Christiane Lafaille

Répondante diocésaine à la condition des femmes

 


[2]Karina Marceau, La gazette des femmes, octobre 2007, p.39

[3] article de stéphane baillargeon, le devoir lundi le 23 janvier 2012

[4] Jean-Claude Leclerc, le Devoir, lundi le 23 janvier 2012

Quand la question surgit

Je faisais ma tournée du nouvel an. «Pourquoi il laisse faire ces atrocités, s’il (Dieu) existe?» me demande mon frère.  Il y a de ces questions qu’on porte toute sa vie, qu’on ait soixante-quinze ans, ou à peine douze comme le  petit-fils de l’autre frère chez qui je me trouve une heure plus tard. On cherche à comprendre ce Dieu qui nous fait parfois douter.

Confirmé il y a un an, Simon lui aussi commence à se questionner.  Il retrousse le nez de derrière son portable et  lance : «Moi, je crois pas que Dieu existe». Des regards inquiets se portent sur lui «l’agnostique», et aussi sur moi, le grand oncle qui, plus, est prêtre.

La grand’ mère n’en revient pas : «Il faut pas avoir des idées comme ça, quand on a la foi.» Elle s’attendait à ce que j’appuie sa mise en garde. J’ai plutôt demandé à Simon d’expliquer ce qu’il voulait dire.  «Comment  prouver que Dieu existe? Lance-t-il. Comme personne ne peut le prouver, je crois qu’il n’existe pas.» Je lui demande s’il …sait, ou s’il … croit que Dieu n’existe pas. J’essaie tant bien que mal de lui faire comprendre la distinction entre savoir et croire. Il écoute attentivement. Peut-être ai-je ébranlé sa conclusion sur la non-existence de Dieu, fruit d’un esprit critique qui commence à s’exercer. On  poursuit un peu  l’échange et je finis par lui dire que c’est une bonne chose de se poser des questions. Puis j’ai dû continuer ma tournée en laissant en plan l’amorce de conversation.

Je suis parti insatisfait. Insatisfait d’abord de la manière dont j’avais éclairé la première question du frère sur la souffrance et le mal. Comment en quelques minutes faire comprendre ce que François Varonne déploie longuement dans son livre Ce Dieu sensé aimer la souffrance?  Insatisfait de mon dialogue inachevé avec le petit-neveu. Insatisfait d’avoir un peu déstabilisé ma belle-sœur.

J’aurais aimé dire à chacun : « Je connais un groupe où tes questions sur Dieu et la foi peuvent être débattues.» Que faire de ces interrogations qui surgissent en faisant du bruit dans la tête et le cœur de tant de chrétiens, puis redeviennent silencieuses sans avoir été éclairées?  Je rêve de communautés chrétiennes où des baptisés de tous âges sauront qu’il existe des groupes de partage prêts à les accueillir pour cheminer dans la foi.  Après tout, les AA et autres anonymes savent bien s’organiser en réseaux de proximité pour  ensemble se soigner l’âme.

Rémi Bourdon

Des sourires et des hommes

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui arriverait si tout le monde souriait pendant 24h ? Imaginez l’impact que cela aurait… Que de bonnes nouvelles au téléjournal, pas d’impatience dans le trafic le matin, de la sympathie pour tous! Finalement, parlons d’amour, car les deux sont intimement liés!

Ces deux éléments nous rattachent à la vie, car il nous donne l’espérance. L’espérance pour que les conditions aillent mieux qu’elles allaient. Comme chrétiens, ce sont ces valeurs fondamentales que le Christ nous enseigne. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nous aimer mutuellement, d’égal à égal, peut commencer par un sourire à l’autre. Et ce qui est magnifique c’est que ces petits gestes guident doucement les humains vers la paix. Il y a tant de bonnes choses à sourire aux autres et à la vie si gracieusement offerte!

Finalement, je vous invite à porter attention au dernier mercredi d’avril qui se trouve à être la Journée nationale du sourire[1].

Et comme nous l’a souvent partagé Mgr Gendron depuis le début de l’année pastorale, partager la Bonne Nouvelle, l’heureuse nouvelle, ne peut se faire que par le sourire…

Céline Wakil

Par ton souffle Créateur!

Voilà le thème de la Semaine de la Parole 2012, qui se tiendra du 27 janvier au 5 février dans les paroisses du diocèse Saint-Jean-Longueuil.

Cette belle initiative d’une Semaine de la Parole est née, il y a maintenant 10 ans, dans la paroisse la Résurrection de Brossard.  C’est une collègue et amie, Francine Vincent agente de pastorale, qui a eu la lumineuse idée de lancer une sorte de festival de la Parole qui se déroulerait sur une période d’une semaine, où seraient offertes de multiples activités en lien avec la Parole de Dieu.

Cette initiative s’est élargie depuis 2008 pour devenir un projet diocésain, dont je suis maintenant responsable.  L’an dernier, Francine et moi avons eu l’occasion d’enregistrer une émission à Radio Ville-Marie où nous avons pu relater l’historique de ce projet et présenter son concept.    http://www.officedecatechese.qc.ca/prod/radio_quau/2011/20110118.htm

Plusieurs paroisses participantes offrent désormais des activités, et grâce à la diffusion d’un programme diocésain, toutes les activités deviennent accessibles à tous, en favorisant un décloisonnement qui enrichit l’ensemble.

Il y en a pour tous les goûts et tous les âges : cinéma-échange, contes bibliques, partages bibliques, conférences, ateliers créatifs, spectacles… De multiples manières de se ressourcer à la Parole de Dieu et de partager sa foi avec d’autres.

Cette année, le thème nous amène à découvrir le Souffle divin qui nous habite et nous fait vivre.  Je suis fière de collaborer à offrir cet espace de Parole et de paroles où chacun puisse y trouver du Souffle.

Bienvenue à tous !

Vous pouvez télécharger le programme en ligne

Colette Beauchemin

Si c’était vrai!

La chanson de France d’Amour joue à la radio.

« Si c’était vrai, si c’était vrai, qu’est-ce qu’on en ferait?

Si c’était vrai, si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? »[1]

 

En écoutant ces paroles, je me dis que c’est de plus en plus de cette manière que se pose aujourd’hui la question de la foi.

Rien d’une évidence, comme au temps de nos grands-parents. Aujourd’hui, la question de la foi est précédée d’un « si » qui ouvre une interrogation sur la vérité de la foi, qu’elle soit chrétienne ou autre.

Aujourd’hui, chacun est à la charge de trouver et d’assumer sa vérité et de la vivre. Ce que l’on croit fondamentalement devient en quelque sorte ce que l’on en fait, ce que l’on incarne personnellement et collectivement.

La vérité de la foi ne peut plus s’imposer d’un lieu d’autorité, comme ce fut le cas à l’époque de la chrétienté, car chacun choisi dorénavant ce qui fera autorité dans sa vie. Je ne peux que me réjouir de cette perte d’autorité de l’Église qui se retrouve ramenée à simplement proposer la vérité qui la fait vivre. Comme l’a fait Jésus de Nazareth, à travers ses paroles et ses gestes, la vérité de la foi chrétienne ne peut être que de l’ordre de la proposition de sens et d’espérance; de l’ordre du pari. Sur quoi mises-tu ta vie? Qu’est-ce qui lui donne sens et consistance? La vérité que la foi nous propose est appelée à être éprouvée et non pas prouvée. Le langage de foi n’aura de poids que dans la mesure où son sens sera expérimenté. Le « si » qui précède le « vrai » oblige la proposition de foi à passer au creuset de l’expérience, pour pouvoir s’affirmer avec crédibilité, jusque dans l’agir. Sinon, les affirmations de foi ne seront que cymbales retentissantes (1 Co 13,1), comme nous le rappelle saint Paul. Et pourtant, Paul qui était rempli d’une foi si ardente n’a-t-il pas aussi essuyé un refus de la part des gens d’Athène, alors qu’il était venu leur parler du Dieu inconnu (Ac 17,23), à ceux-ci qui ne manquaient pas de divinités au marché des croyances?

Quand les chrétiens confessent le Christ ressuscité, cette vérité ne peut pas effacer la dure réalité de la mort et ce Dieu-là, qui ne nous épargne pas la mort, ne sera peut-être jamais le plus populaire. On préfère souvent se réfugier dans des paradis artificiels pour éviter d’affronter la réalité de notre finitude et de notre mort. Et pourtant, la vraie vie n’est-elle pas là où se profile la mort, c’est-à-dire, là où notre fragilité appelle le meilleur de nous-mêmes et nous rappelle que l’amour est la seule vérité qui vaille la peine d’y consacrer toute sa vie?

Si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? Qu’est-ce qu’on en ferait?

La croix n’est-elle pas, encore aujourd’hui, scandale pour les uns et folie pour les autres? Qui est donc ce Dieu qui n’a jamais voulu prouver sa vérité autrement qu’en se donnant par amour?

Colette Beauchemin


[1] Paroles : France D’Amour, Roger Tabra. Musique: France D’Amour 1998 « Le silence des roses » © Tacca Musique

La cathédrale des indignés

Le 19 novembre dernier, une semaine avant que la Ville de Montréal demande à son service de police de vider le Square Victoria, j’ai participé à une célébration interreligieuse en appui au mouvement des indignées d’ « Occupons Montréal »[1].  L’ensemble des priantes et des priants, debout, côte à côte autour du campement, regardaient vers l’intérieur comme pour attirer l’attention du monde sur le cœur du quartier des affaires, transfusé d’un sang neuf. La chaîne humaine ainsi formée, à la manière des « Green Peace », semblait se porter à la défense de la conscience sociale comme d’une espèce en péril.

Après la cérémonie, la vigile a laissé place à des échanges plus informels entre militantes et  militants venus de divers horizons. Puis avec d’autres, je suis allé me recueillir dans la basilique Saint-Patrick en passant à travers les ruines du St Bridget’s Refuge créé par les Sœurs Grises pour venir en aide aux démunies. [2]  En entrant dans la nef de la basilique, j’ai été frappé par le nombre imposant de représentations de saintes et de saints qui nous plongent dans le patrimoine spirituel des catholiques irlandais. J’ai été encore plus frappé par le fait qu’elles étaient toutes alignées autour de la nef et du chœur, le regard tourné vers l’assemblée croyante.

Je n’ai pu m’empêcher de faire un rapprochement entre les deux scènes : d’un côté, cette « chaîne humaine » spirituelle veillant sur la basilique et de l’autre celle qui, quelques minutes plus tôt, entourait les indignées d’ « Occupons Montréal ». Quel lien pouvons-nous faire entre elles? Au delà des deux communautés de saintes et de croyantes formant le cercle, symbole d’unité et de communion, autour de quoi celles-ci sont-elles rassemblées?  Et quels liens pouvons-nous faire entre les indignées occupant la rue et les croyantes réunis dans la basilique? Y a-t-il une parenté spirituelle entre celles et ceux de l’intérieur de nos églises et celles et ceux qui ont choisi de se tenir debout dehors, que se soit dans le St Bridget’s Refuge des Sœurs Grises ou au cœur du quartier des affaires.

Si la basilique est un lieu reconnu de pèlerinage et de retour aux sources de notre foi,  le rassemblement des indignées,  est pour moi une véritable cathédrale[3] dans la rue du fait qu’il est le siège d’un mouvement prophétique au nom de la dignité, de la solidarité, de l’égalité et de la communion entre les humains. Et que dire de toute cette communauté croyante veillant sur  les protestataires comme sur un lieu sacré où la Vie a choisi de s’incarner à nouveau?

J’espère que les ruines du St Bridget’s Refuge créé par les sœurs Grises au XIXième siècle resteront là encore longtemps. Elles nous rappellent que les indignées d’aujourd’hui, reprennent le cri des indignées d’hier et que nos pèlerinages aux sources de notre foi n’ont de sens que s’ils nous retournent sur des chemins de compassion, de justice et de solidarité.

Daniel Pellerin



[2] file:///Users/danielpellerin/Documents/COMMUNICATION/Site%20internet%20du%20diocèse/Blogue/2011-2012/11-12-24/Série%20dans%20le%20Devoir:%20Montréal%20avant-après,%20témoignage%20photographique%20de%20l’évolution.webarchive

Minuit chrétiens!

Les plus grandes voix d’opéra l’ont chanté, à « se petter » les cordes vocales. « Peuple à genoux …Peuple debout… Noëeeeel !» Pour une émotion un peu moins martiale, vous pouvez aussi l’écouter sur You Tube,  interprété par Ginette Reno ou  Marie-Élaine Thibert.

J’aime bien l’ampleur musicale de cette hymne, j’avoue. Mais certains mots grincent toujours dans mon oreille, notamment : « Et de son Père arrêter le courroux. ». Dieu ne peut s’apaiser qu’en faisant rembourser la dette. « Œil  pour œil, dent pour dent ». Dieu Justicier ne fait qu’appliquer la loi du Talion.

Je n’ai pas envie d’accuser le Minuit chrétiens  de me rappeler l’image d’un Dieu en colère. Car chaque jour, le premier psaume qui m’est proposé dans la Liturgie des heures, se termine avec ces paroles de Dieu à l’adresse de son peuple à la tête dure: « Dans ma colère, j’en ai fait le serment : jamais ils n’entreront dans mon repos » (Ps 94, 11).

Pendant un certain temps, j’ai décidé d’escamoter ces lignes bibliques qui me présentaient un Dieu courroucé. J’ai même collé par-dessus une version évangélisée : « Dans ma tendresse et miséricorde, j’enverrai mon Fils qui parlera à leur cœur et les conduira à la plénitude de la vie. » Puis finalement j’ai opté pour dire les deux, à la suite.

Pourquoi dénier que mon (notre?) inconscient est toujours hanté par un Dieu punitif et vengeur que je dois toujours évangéliser? Après tout, si notre culpabilité peut nous le faire craindre, on peut, par contre, compter sur lui pour qu’il tourne sa colère contre tous ceux qu’il devrait punir pour se (nous) venger.

J’ai besoin de refaire régulièrement le chemin de révélation du vrai visage de Dieu dans le Premier et le Nouveau Testament, car mon âme tient des deux. Il nous faut constamment passer de « Et de son Père arrêter le courroux. » à « Et de son Père incarner l’amour fou.

« Quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu’à sept fois ? »  Jésus répondit à Pierre: « Pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 21-22). Ça finit par épuiser toute colère, la nôtre, puisqu’il n’y en a pas en Dieu.

Joie et paix de Noël!

Rémi Bourdon

Les deux temples de la rédemption

Durant l’Avent et le temps de Noël, on entend le mot Rédempteur dans les textes liturgiques. Par exemple le prophète Isaïe : « Tu es, Seigneur, notre Père, notre Rédempteur : tel est ton nom depuis toujours. »

Le rédempteur, c’est celui qui rachète les dettes de ceux qui sont pris à la gorge. Ils sont encore nombreux les racheteurs, aujourd’hui.

Ils ont pignon sur rue, et site sur la toile. Vous n’avez qu’à taper « rachat de dettes », et on vous parlera de votre étouffement.  Puis on vous proposera de vous sauver en rapaillant toutes vos créances, pour en faire la consolidation et vous proposer un emprunt unique. Puis le dernier mot tombe, mensualités, avec le papier à signer.  Parmi de nombreuses définitions que j’ai trouvées dans l’Internet, en voici une : « Le rachat de dettes se résume à regrouper ou consolider toutes vos dettes en un seul et même prêt et d’en payer les mensualités.»

Imaginons un moment que celui  qui a racheté et consolidé vos dettes vous fasse venir et vous dise : « Ta dette, qui m’appartient maintenant, je ne veux pas en tirer profit,  je te charge aucun intérêt sur ton emprunt. » Le croiriez-vous? Imaginons même qu’il vous dise: « Ta dette, je l’efface, je te la remets. Voici! J’ai signé une quittance en ta faveur. » Impossible! Excessif! Utopique!

Pourtant, dans l’ordre de la foi, par rapport à toutes les injustices, les saloperies des humains les uns envers les autres, une Parole nous appelle à espérer que toutes ces dettes réciproques seront effacées, remises. Ce qu’aucun créancier ne peut raisonnablement faire, Dieu promet qu’il le fera par l’avènement de son règne.  Dieu, Rédempteur de toutes les dettes de l’humanité, par une quittance finale signée du sang du Fils. « Prenez et buvez, ceci est mon sang pour la rémission des péchés. »  Tout ça nous dépasse tellement.

Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos voies ne sont pas mes voies.

(Isaïe 55,8)

Un jour, il n’y aura plus le temple de la mensualité, mais que celui de la mansuétude.

Rémi Bourdon

Dieu est un SDF

Sans domicile fixe… Pourquoi Dieu serait-il sans domicile fixe ? Le 3e dimanche de l’Avent nous propose une lecture du second livre de Samuel et l’Annonciation comme Évangile.

Le texte de Samuel débute sur une note humoristique : « David était ENFIN installé dans sa maison » ! Une maison de cèdre nous dit-il, alors que Dieu est relégué à une tente… Mais Dieu invite David à lui construire une maison où il fixera son peuple.

Une maison sans fin; une maison où Dieu nous interpelle, comme il l’a fait auprès de Marie.

Dieu est sans domicile fixe tant que nous ne lui répondons pas « oui  » ! Un oui comblé de grâce…

Dieu avec nous, l’Emmanuel, c’est un Dieu de relation. De David avec sa maison tout à fait matériel jusqu’à Marie qui dit oui pour accueillir le Dieu qui se fait chair, nous sommes maintenant inclus dans l’histoire de la Nativité ! Dieu attend notre « oui » pour continuer son œuvre !

Céline Wakil

Avons-nous assez parlé de la violence envers les femmes ?

Décembre 2011, en manchettes le « procès Shafia ». Peut-on oublier que Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, Geeti, 13 ans, ainsi que Rona, 53 ans, qui avaient déjà demandé de l’aide pour violence, ont péri tragiquement ?  Pensons-nous encore à Emmanuelle et sa fille Laurie assassinées le mois dernier à Longueuil ?  Avions-nous oublié Mme. Diane Grégoire ?  Assassinée elle aussi. Nous rappelons-nous de toutes ces autres victimes anonymes ou qui ont fait la Une de nos quotidiens le temps d’une journée… En avons-nous vraiment assez parlé ?

Crime d’honneur, drame familial, tragédie mortelle… quelle réalité cache ces grands titres ?

Une seule réalité qui fait partie du quotidien, qu’on regarde sans voir, qu’on entend sans comprendre : Une réalité qui se fond dans l’oubli collectif.  Peut-être préférons-nous oublier… D’ailleurs, vous souvenez-vous du « Je haïs les féministes » craché en décembre 1989 ? Et ces trois jours de deuil national pour Geneviève, Hélène, Nathalie, Barbara D, Anne-Marie E, Maud, Barbara K, Maryse L, Maryse L, Anne-Marie L, Sonia, Michèle, Annie S, Annie T ?

Difficile d’admettre que la violence envers les femmes fait partie de notre société.  Difficile de ne pas détourner le regard comme on tourne la page d’un journal… Pourtant, le bilan des femmes assassinées nous le prouve d’année en année depuis 21 ans. Heureusement, la campagne du ruban blanc qui revient comme un leitmotiv visuel nous oblige à contempler notre malaise, nous rappelle, nous invite à faire mémoire ensemble du massacre de ces quatorze femmes, mais aussi de toutes nos sœurs dénigrées, battues, tuées…  « …Selon l’Organisation des Nations Unies, les violences envers les femmes constituent l’un des  dix sujets dont le monde n’entend pas assez parler, … Cette violence représente un problème social grave dans le monde et il est essentiel de poursuivre activement nos actions pour tenter de l’enrayer. »[1]

Dans un pays où la devise est : « Je me souviens », de quoi voulons-nous nous souvenir ?

 

Christiane Lafaille

Répondante diocésaine à la condition des femmes



[1] (CRI-VIFF, communiqué : Montréal accueille le premier colloque international sur les violences faites aux femmes, octobre 2006) http://www.criviff.qc.ca/colloque/pdf/cri_viff_communique_presse.pdf