Rémi Bourdon

La présentation de la marmotte à l’église ou celle de Jésus au Temple

marmotteÀ Val-d’Espoir, en Gaspésie, sur le perron de l’église, la marmotte a été présentée pour «prédire» le genre de fin d’hiver que nous aurons au Québec.  Dans les églises du Québec, le 2 février, la liturgie célèbre la présentation de Jésus au Temple.

«C’est quoi le rapport?» me suis-je demandé ce matin. Voici ce qui m’a traversé l’esprit après mes lectures bibliques matinales, celles de la fête de la présentation de Jésus au Temple.

La marmotte hiberne dans son terrier, symbole matriciel. Au JOUR de la marmotte, on attend sa sortie du sein de la terre comme prédiction d’une délivrance de l’hiver, en écho au gain progressif de la lumière sur la nuit.  L’officiant la présente solennellement au bout de ses bras et proclame la prédiction : l’hiver tire à sa fin, ou se prolongera. (http://fredlamarmotteofficielleduquebec.ca/index.html)

Le 2 février, l’Église nous rappelle que Jésus, premier-né, est à ce titre présenté au Temple. «Tu offriras au SEIGNEUR tout ce qui ouvre le sein maternel (…) les mâles premiers-nés sont au SEIGNEUR» (Exode 13,12).  Et voilà que « Syméon vint au Temple poussé par l’Esprit … Syméon prit l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : «… mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes, et gloire d’Israël ton peuple. » (Luc 2, 27-32)

Au début de février, on entend maintenant beaucoup plus parler de la prédiction de la marmotte que de la prophétie de Syméon, cette annonce merveilleuse de la fin de l’hiver pour l’Humanité. Hiver de la violence et de la guerre, des injustices et des inégalités.

Mon espérance s’appuie sur Jésus Christ, sorti vivant du sein de la terre, ressuscité pour nous tirer à notre tour hors du mal et de la mort. C’est à ce «val d’espoir» que je me rends pour célébrer tous les 02 /02.

Rémi Bourdon

La malbouffe et l’Eucharistie

En regardant la pub vidéo de Pepsi /Doritos,

voici la réflexion qui  a traversé mon esprit. Connaissez-vous la pédagogie du «nid de coucou» ? Il s’agit de déposer  une suggestion  dans un contexte différent mais ressemblant, qui va favoriser son renforcement.

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Familiprix et Jésus Christ

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« On se met à votre place. » Ce pharmacien[1] devient tellement empathique qu’il est stigmatisé de l’ecchymose de la jeune de l’école secondaire. Dur, dur de faire galoper les tout-petits et le préado dans le salon familial. Comme pépère, elle le ressent dans son dos. La compétence pharmacienne se fait proche de vous pour partager votre condition de souffrance physique. N’est-ce pas un beau conte? Judéo-chrétien, ou presque?

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« La corruption, c’est les autres! »

C’est au tour des politiciens québécois de se faire brasser la cage. Nous nous sentons en droit de nous indigner face aux profiteurs politiques et abuseurs économiques dénoncés sur la place publique. Mais combien plus difficile est-il de se regarder soi-même avant de se joindre à la chorale des redresseur de torts?

En me posant la question, je me suis souvenu d’Etty Hillesum, titre d’un livre[1], mais surtout nom d’une femme lié à l’histoire de l’extermination du peuple juif. Son itinéraire personnel l’a menée à un niveau de conscience spirituelle qui peut nous inspirer. En parcourant les pages, je suis tombé sur ce passage que j’avais souligné :94443

« Etty Hillesum a pris tôt conscience de la nécessité de commencer par se regarder soi-même sans la moindre complaisance, de ne pas se poster face aux « salauds » comme devant autant d’individus avec lesquels nous n’aurions absolument rien en commun, mais bien plu¬tôt comme devant des miroirs grossissants de nos pro¬pres vices cachés, et latents.

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Un évêque n’est pas un épiscope

« Moi, j’aime les mots. » J’aime bien ces courts flashes à la télé sur des mots d’usage courant qui prennent toutes sortes de sens dans le grand espace francophone.

Quand on annonce officiellement la nomination d’un nouvel évêque, on emploie la formule latine : « Habemus episcopum! ». Le mot « episcopus » s’est transformé au cours des siècles pour devenir « ébisque » puis « évêque » pour désigner le premier pasteur d’une Église diocésaine. Mais ce même mot « episcopus » a été conservé en français dans sa forme latine, presque sans changement. Savez-vous ce qu’est un épiscope?

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« Vous refusez de voir la réalité des besoins religieux. »

Richard Martineau n’a pas répliqué là-dessus, alors que Julius Grey l’amenait sur le terrain de l’énoncé de principe : l’existence des besoins religieux. Le franc tireur a préféré ferrailler avec l’avocat sur l’incongruité du port du kirpan. Et je n’ai pas su ce qu’il pensait sur le fond de la question : pour lui, existe-t-il des besoins religieux?

greyEn témoignant de son apostasie, répondait-il à la question? Je ne peux le déduire puisque Julius Grey affirmait de son côté n’appartenir à aucun groupe ethnico-religieux. Et pourtant, lui, reconnaît le religieux personnel et social. J’apprécie que des personnalités de l’espace public, qui se dissocient personnellement du religieux, débattent devant nous d’enjeux de société qui ne laissent personne indifférent. Apparemment, ils se réfèrent à deux visions anthropologiques différentes de la personne : inclusive, ou non, de la dimension religieuse.

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Question Facebook – Quand sera-t-il possible d’ordonner prêtre un homme marié?

Il y a quelques temps, nous avons reçu cette question adressée à Monseigneur Berthelet sur notre Facebook. Notre évêque étant très occupé, nous avons proposé à notre blogueur Rémi de répondre à la question.

Je ne puis répondre à la place de notre évêque, mais je peux dire ce que j’en pense en partant de ce que je connais sur le sujet. Une recherche me permettrait certainement d’ajouter plus de précision à mon propos, mais au bout du compte, n’apporterait pas de réponse plus précise à votre question spécifique.

Votre question porte bien sur le «quand» c’est-à-dire le moment où cela adviendra, ou plutôt reviendra, puisque l’ordination d’hommes mariés était chose courante durant le premier millénaire de l’histoire de l’Église. Cette tradition s’est d’ailleurs maintenue dans les Églises orientales, même celle réunifiées à l’Église catholique romaine. Cette pratique des premiers siècles a été aussi restaurée chez nos frères anglicans et protestants quand l’Église d’Occident a connu ses divisions.

Saviez-vous qu’aujourd’hui il y a déjà des prêtres mariés, de rite catholique romain, exerçant un ministère pastoral? Ils proviennent des Églises anglicane ou protestantes. Dans le cas des prêtres anglicans, ils sont intégrés suite à une reconnaissance de la validité de leur ordination; pour les pasteurs protestants, on procède à l’ordination au presbytérat.

On peut donc constater que l’Église catholique autorise actuellement l’ordination d’hommes mariés à condition de venir d’une autre confession chrétienne et d’y avoir exercé un ministère équivalent à celui de prêtre.

La question plus pointue serait donc : quand le Vatican va-t-il rendre possible l’ordination presbytérale d’un homme catholique marié, comme c’est le cas pour l’ordination au diaconat d’un homme catholique marié?

La première percée, dit-on, pourrait se faire chez les peuples autochtones, là où aucune tradition culturelle ne valorise le célibat permanent. Être marié et père de famille est même requis pour attester de la maturité de tout homme et de sa capacité à exercer un leadership dans sa communauté.

Poussons plus loin la réflexion sans chercher à établir un calendrier précis. Si je vous demande : «quand l’eau devient-elle glace?» vous pourriez me dire : «à moins 0 C» ou «dans environ 1 heure» si vous venez de mettre le bac à glaçons au congélateur. Autrement dit, à quelles conditions, un jour, Rome décidera-t-il d’élargir l’accès au ministère presbytéral?

J’en vois spontanément deux : la raréfaction des candidatures acceptables selon la discipline actuelle et la pression de plus en plus grande des communautés chrétiennes en faveur de l’ordination d’hommes mariés.

Rappelons que les évêques qui ont la gouvernance pastorale de l’Église, tout en ayant la fonction de définir les conditions d’accès aux ministères ordonnés, ont aussi l’obligation de fournir aux communautés chrétiennes des pasteurs qui actualisent en plénitude la présence sacramentelle du Christ vivant dans l’aujourd’hui du monde pour le sauver.

Si la culture occidentale gréco-romaine des premiers siècles de l’Église (période de pré-chrétienté) favorisait la coexistence et la collaboration fraternelle de prêtres mariés et célibataires, je ne vois pas en quoi la période de post-chrétienté dans laquelle nous sommes plongés, n’appelle pas d’elle-même cette ouverture, comme elle l’appelle pour bien d’autres dimensions de la vie en Église.

Je sais qu’au Québec, l’eau gèle certainement en décembre et qu’il y a toujours un dégel au printemps. Quant à la première ordination presbytérale d’un homme marié, je ne sais pas, sinon que ce sera un jour de printemps.

Voici deux liens pour poursuivre la réflexion sur le sujet:
http://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Regionale/10810Soutien-a-l-ordination-d-hommes-maries-dans-l-Eglise-catholique.html
http://www.dimanche.be/Liege-couronne-urbaine.html

Tantôt Blackberry, tantôt WikiLeaks

Le noir absorbe totalement la lumière sans rien en refléter. Le noir est secret, muet comme une tombe, fermé comme une huître. La grande vertu du Blackberry est de ne laisser couler aucune information en dehors de la communication autorisée. Le président américain a donc pu garder la petite plaque noire en toute sécurité.

Mais voilà qu’on crie gare dans certains pays : « La sécurité nationale et la morale sont menacées. » On s’apprête à en restreindre l’usage aux citoyens pour se prémunir contre d’éventuels terroristes et pornographes.

45647879Le Blackberry serait trop étanche pour l’émir. Ne faudrait pas le munir d’un dispositif de fuite contrôlée pour mettre la main au collet des cyber-malfrats, ou du moins, laisser planer le doute qu’ils seront épinglés? C’est un BerryLeaks qu’on exige, en quelque sorte! (voir le Courrier international)

Par ailleurs, pour le Pentagone, c’en est trop avec WikiLeaks qui coule trop de dossiers confidentiels. Là aussi, on craint pour la sécurité. On réclame le colmatage de la fuite, tout en menaçant  de représailles le fondateur du site WikiLeaks. Vivement un BlackWiki! (voir Le point)

Tantôt, nous sommes pour le secret bien gardé, tantôt pour l’information coulée, le secret gardé à plusieurs. Alors, quand nous faut-il être Blackberry … ou WikiLeaks?

La vérité sans l’amour déshumanise toujours.

« L’amour dans la vérité  est un grand défi pour l’Église dans un monde sur la voie d’une mondialisation progressive et généralisée. Le risque de notre époque réside dans le fait qu’à l’interdépendance déjà réelle entre les hommes et les peuples, ne corresponde pas l’interaction éthique des consciences et des intelligences dont le fruit devrait être l’émergence d’un développement vraiment humain. » (Lettre encyclique Caritas in veritate, de Benoît XVI, no 9)

« Si Dieu existait, il ne laisserait pas souffrir des innocents! »

Dans son temps, Jésus n’a pas éradiqué la souffrance et le mal liés à des causes naturelles ou à la méchanceté humaine.  Cependant, le Fils de Dieu est venu annoncer un monde renouvelé, sans mal ni péché. Il a proclamé que ce nouvel ordre des choses, le « Règne de Dieu », était déjà commencé pour celles et ceux qui le suivaient. Pour appuyer l’autorité  de sa Parole, il a manifesté la puissance qui l’habitait en opérant des guérisons. Son intention n’était pas de guérir tous les malades d’Israël et des environs, mais, par ces signes toujours à interpréter, d’ouvrir à une nouvelle vision des choses et à une espérance étonnante.

« Je ne crois pas en Dieu, car s’il existait, il ne laisserait pas souffrir des innocents! », entendons-nous parfois. Le mystère du mal peut être l’obstacle majeur qui barre la route à la foi quand on exige de Dieu d’être conforme au portrait qu’on s’en fait.

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Dieu n’était pas au rendez-vous quand, au jardin des Oliviers, Jésus a visualisé la souffrance abjecte qu’il allait traverser, et qu’il a prié ainsi : « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! Cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se fasse! »

Dieu n’a pas « épargné» le Fils. Qui est-il ce Dieu-Fils qui manifeste un amour tel en prenant sur lui, le mal et le péché dont souffre l’humanité ? Notre mal est « recyclé » par Dieu depuis que Jésus en a fait sa route pascale, recyclé en surabondance de vie.

Je crois en Dieu-avec-nous

pour ce temps de violence,

sur nos chemins de souffrances.

Son Souffle murmure en nous :

« Je viens ! J’étonnerai vos patiences. »

Rémi Bourdon

Sources photos 1 et 2

Faut-il ou non porter un signe, ou bien le devenir?

Si vous portez une croix ou un voile, il s’agit probablement pour vous d’un signe ostensible (apparent). Mais pour les tenants de la laïcité stricte, ce serait plutôt un signe ostentatoire (qui vise à attirer l’attention). Un chroniqueur de C’est bien meilleur le matin semble ostensiblement privilégier ostentatoire quand il parle de signe religieux dans la fonction publique.

SigneOn va probablement clore le débat par une loi. Mais comme croyant chrétien, qui lit certaines pages d’Évangile, je suis incité à me demander : où est le plus important: avoir un signe chrétien sur soi ou être soi-même signe de Jésus Christ?

La croix portée au cou est un code, un langage largement compréhensible en Occident, associée d’abord au christianisme. Se faire identifier par ce signe aujourd’hui n’attire pas les mêmes réactions qu’au temps de la chrétienté. Certains ressentiront du harcèlement dans des attitudes ou des paroles de désapprobation.

Rappelons-nous que les premières communautés chrétiennes avaient entre eux un signe non ostensible, qui permettait à chaque membre de reconnaître en un chrétien étranger un frère en Jésus ressuscité. Le poisson dessiné furtivement sur la terre battue devenait signe de reconnaissance discret, dans une Rome cosmopolite, terre de passage devenue hostile aux disciples du Galiléen crucifié.

Les lettres du mot grec ICTUS (poisson), ont fonction d’acrostiche : Jésus Christ, de Dieu fils, Sauveur

Cette page fondatrice de l’histoire chrétienne me rend libre quant au port de tout signe ostensible de ma foi. Mais cette histoire et de nombreuses pages d’Évangile m’interpellent tout autrement quant à être moi-même signe, témoignage vivant d’une Parole d’amour, d’un Royaume de justice et de paix. Je retiens trois phrases du Nouveau Testament, que je pourrais glisser dans ma poche pour orienter toute parole et tout geste au quotidien :

  • «Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» (Matthieu 25,40)
  • «Quand ta main droite donne quelque chose à un pauvre, ta main gauche elle–même ne doit pas le savoir.» (Matthieu 6, 3)
  • «A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13,35)
  • Au fond d’une poche comme au fond du cœur

    Rémi Bourdon