Crise alimentaire dans la Corne d’Afrique

Vous êtes probablement au fait de la famine qui sévit actuellement dans l’Est de L’afrique, plus précisément en Somalie, même si cette crise a des incidences dans les pays voisins comme le Kenya et l’Éthiopie. Selon un document que nous pouvons trouver sur le site de l’Organisation catholique canadienne Développement et Paix, cette nouvelle crise, qui représente la pire au 21ième siècle, met en péril la vie de 12 millions de personnes.

 

 

Selon cette source, « Les causes apparentes de cette nouvelle crise, définie comme une famine par les Nations Unies, sont la grave sécheresse qui a détruit les cultures et la montée en flèche du prix des denrées alimentaires qui met les aliments hors de portée de la population, aggravées par le conflit qui perdure dans l’État dysfonctionnel de la Somalie et l’état de siège contre la population somalienne par des milices. Pourtant, si la crise alimentaire qui frappe la Corne de l’Afrique peut être attribuée directement aux catastrophes naturelles alliées à la domination des milices somaliennes sur le pays, certaines des causes premières à la base de cette crise sont des facteurs structuraux qui auraient pu être évités si on s’en était donné la peine, prévenant ainsi une catastrophe d’une telle ampleur ». Pour en savoir plus, suivez ce lien: http://www.devp.org/devpme/fr/international/corne_d_afrique-fact-fr.html

Même si le plus fort de la campagne de souscription s’est terminé en fin de semaine dernière, il est encore temps, pour les personnes qui le désirent, de contribuer. Bien entendu, nous pouvons être assurés que les dons qui transiteront par Développement et Paix seront remis directement à ses partenaires sur le terrain, dont les Caritas http://www.caritas.org/frabout/waht_is_caritas.html (Développement et Paix fait partie de se réseau de solidarité de l’Église catholique universelle). Ce sont les Caritas les plus proches du lieu de la crise qui verront à acheminer l’aide nécessaire aux populations en péril.

Daniel Pellerin

3.41$

Il y a des jours où je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir fait ce qu’il fallait faire. Avec simplicité, je vous raconte la raison de mon ambigüité et vous me direz sûrement que vous avez déjà vécu une expérience semblable.

Je suis dans le stationnement du Centre diocésain, rue Ste-Foy à Longueuil.  Un homme arrive à bicyclette et se dirige vers moi. Il me raconte son histoire tout d’un trait : Il habitait Rimouski. Il est déménagé depuis peu dans le quartier.  Il n’a pas encore de travail. Son fils commence l’école dans une semaine.  Sa femme est malade. Il doit lui acheter des médicaments. Il lui manque 3.41$.  « Pouvez-vous me les avancer et je vous rembourserai promis, dès que je le pourrai. » Je le regarde dans les yeux et j’ai le goût de lui dire : « N’en beurre pas si épais. Je ne crois pas ton histoire de toute façon ». Il me dit à plusieurs reprises qu’il est très gêné de faire cette demande, que cela lui a pris tout son courage pour faire cette simple démarche. « Venez à mon aide, svp? »

Qu’est-ce que je dois faire?  C’est facile pour moi de lui remettre 3.41$.  Qui n’a pas 3.41$ dans son portefeuille? Et voilà que je me mets à hésiter. Si je lui donne ce qu’il demande, il y aura toujours quelqu’un qui suivra pour me redemander de l’argent, le mot se passe vite semble-t-il.  Si j’ouvre mon sac, en profitera-t-il pour prendre tout ce que j’ai?  Pourtant, 3.41$ c’est rien! Je dépense régulièrement plus que cela pour des choses futiles.  Pourquoi ne demande-t-il pas 100$?, 50$, 20$? Si son histoire est vraie, quand il aura payé les médicaments, il n’aura plus rien devant lui. Aujourd’hui qu’est-ce qu’on peut faire avec 3.41? Pour m’en sortir et me déculpabiliser  du même coup, je l’ai dirigé vers la réception du Centre diocésain, qui, je l’ai su plus tard, ne donne pas d’argent à quelqu’un de passage mais l’oriente vers différents organismes selon le cas.

Je demeure toujours fragile devant la pauvreté, moi qui dit avoir un cœur de franciscaine et est inspirée par la vie de François d’Assise, lui qui a su à une autre époque être pauvre avec les plus pauvres, partager sans regarder en arrière, donner tout ses biens en se disant que Dieu pourvoira à ses propres besoins.

Pourtant l’an dernier, quand j’ai vécu l’Itinéraire Spirituel[1], j’avais été très touchée par ma rencontre avec des itinérants du Vieux-Montréal. Au-delà du café, des sandwiches, des chapelets, des bas et des mitaines qu’on leur apportait, ils étaient très sensibles au temps passé avec d’eux à les écouter, à échanger sur le quotidien de leur vie, même à prier. Et si l’homme à bicyclette n’avait eu besoin que d’un temps pour se dire. Le 3.41$ n’était-il pas qu’un prétexte?

Francine Vincent



[1] L’itinéraire spirituel est un court pèlerinage de 3 jours auprès de 7 communautés de vie religieuse ou laïque, afin de découvrir la spiritualité qui les anime et vivre une expérience spirituelle avec eux au quotidien.

Quand la rapacité impose sa loi.

[1] Le rapport Duchesnaux le confirme : la corruption est érigée en système dans les attributions de contrats dans les travaux publics au Québec. «On a le pouvoir, on voit passer l’argent… pourquoi pas une petite ponction?» Voilà le pouvoir de l’Argent qui bafoue la Justice. Nous payons tous pour ça, en manque à gagner, en perte de confiance de tous ordres dans nos liens sociaux.
Que ton règne vienne sur la terre comme au ciel!

Une partie de l’ile Charron est protégée par les verts et convoitée par les billets verts. Ce terrain a beaucoup de valeur de part et d’autre. Chaque partie est prête à mener le combat jusqu’au bout. En s’adossant à la loi, c’est l’enchère des millions. Deux visions s’affrontent, bien enracinées dans notre culture : la marchandisation de la nature ou sa conservation pour un développement durable. Le mercantilisme est ici légal : le possesseur  est  dans son droit de réclamer 40 ou 50 millions, au lieu de 15 offerts, dans son droit de détruire un milieu naturel. La rapacité jamais inassouvie exerce son empire, instrumentalise le droit et tient sa proie. Finie sa liberté. Quand elle possède un cœur, elle le bétonne.
Que ton règne  vienne sur la terre comme au ciel!

Plus d’un milliard d’affamés sur un continent et des poubelles obèses sur un autre. Et une industrie du caritatif qui parfois est mis à mal par des profiteurs, tels des loups dans la bergerie.
Que ton règne  vienne sur la terre comme au ciel!

Ce matin, je ne sais pas pourquoi, le bulletin de nouvelles, m’est apparu particulièrement riche en échecs de justice,  de générosité de conscience citoyenne, de sens du partage.

Spontanément, me sont venus ces mots du Notre Père : Que ton Règne … une chance qu’il vient!

Ps. «Charité bien ordonnée commence par soi-même» n’est pas dans l’Évangile et non plus évangélique. Rien à voir avec cet amour proposé qui peut aller jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’on aime. (Jean 15, 13)

Rémi Bourdon

 


[1] http://www.google.ca/imgres?q=rapaces+proie&hl=fr&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&gbv=2&biw=1680&bih=860&tbm=isch&tbnid=cCM62SPiuATQHM:&imgrefurl=http://rapace-dumonde.skyrock.com/37.html&docid=bnOmxkmvwWVBfM&w=358&h=237&ei=3z1yTuH6MKT50gHNwdmYCg&zoom=1&iact=hc&vpx=177&vpy=328&dur=5396&hovh=183&hovw=276&tx=122&ty=108&page=3&tbnh=144&tbnw=189&start=62&ndsp=32&ved=1t:429,r:8,s:62

Pas d’avenir

Voilà que le temps des vacances se termine. Nous avons cassé la routine de l’année, en changeant notre horaire, nos activités, et probablement  de décor.

Plusieurs d’entre nous sont devenus plus intensivement des marcheurs de trottoirs urbains, de sentiers pédestres, ou de randonneurs de forêt, ou des pèlerins.

Qu’ont été vos pas? Où vous ont-ils menés?

Beaucoup ont emprunté les chemins de Compostelle pour « ouvrir des chemins dans leur cœur » comme dit le psaume 83, v.6.

 

 

Il y a des pas inutiles

Et ceux qui sont vils

 

Il y a les pas de la gratuité

Guidés par l’altérité

 

Il y a les pas perdus

Qui sont pas de salut

Pas vers l’inconnu

Sans être pas d’intrus

 

Pas vers l’intérieur de moi

Pour mieux aller vers toi

 

Pieds nus aux souliers usés

Âme nue en quête d’éternité

 

Du théâtre de la vie, brûler les planches

Cri d’espérance au monde qui flanche

 

Porter sa voix, porter ses pas

Jusqu’à demain, jusque Là-bas.

 

Maranatha

Rémi Bourdon

Justice sociale: La pauvreté caché

Dans le quartier Saint-Jean-Vianney à Longueuil, nous sommes 4 petites sœurs de Jésus (de Charles de Foucauld). Nous demeurons dans un bloc d’appartements ce qui nous permet de vivre le cœur de notre charisme « l’être avec » dans une vie de prière et d’amitié au milieu des plus défavorisés de nos sociétés. Ce quartier simple et populaire ne présente pas à première vue des signes évidents de pauvreté. Pourtant quand on y vit depuis plusieurs années (18 ans pour notre part), on découvre que de nombreuses familles défavorisées nous entourent. La pauvreté est discrète et même cachée. Les files d’attente devant les centres de dépannage alimentaire m’impressionnent beaucoup à cause du nombre, de la lassitude, de la tristesse, de l’attitude et des vêtements de ceux qui attendent.
Bon nombre de nos  voisins vivent de l’Aide sociale, situation qui n’a jamais été facile mais qui depuis quelque temps est très difficile.
Je suis frappée par les réflexions souvent angoissées de nos voisines « on n’y arrive plus », « je crains les fins de mois, quand je n’ai plus un sou pour acheter du pain ou du lait pour les enfants ». Alors qu’est-ce qui arrive ? Quand le chèque est là le 1er du mois, il est déjà tout dépensé en dettes chez le dépanneur ou des amis!
Je dois dire que je ne suis pas surprise, car lorsque je fais notre épicerie et que je vois la hausse régulière du prix des aliments, je me dis : comment font nos voisins ? La réponse : ils n’y arrivent pas ! En effet les chèques d’Aide sociale n’ont pratiquement pas (ou si peu) augmenté depuis plusieurs années. Aussi quand le loyer et une première commande sont payés, il n’y a plus rien…
L’objection bien connue est que les gens ne savent pas faire un budget, que plusieurs dépensent pour des choses inutiles, cette objection ne tient pas dans la plupart des cas. Ces personnes qui ont recourt à l’Aide sociale ne sont pas des « paresseux » qui ne veulent rien faire… (il y a malheureusement des exceptions, ceux qui trichent). La majorité ce sont des personnes qui pour des raisons variées, dues à un passé et à un présent chaotiques, ne peuvent pas travailler.
Alors je me pose la question : que faire ? Pouvons-nous dans notre pays riche et prospère, laisser perdurer une telle situation sans réagir auprès des autorités responsables ? Mais comment ? Je me sens démunie.
Petite Sœur Stéphanie

Dans le quartier Saint-Jean-Vianney à Longueuil, nous sommes 4 petites sœurs de Jésus (de Charles de Foucauld). Nous demeurons dans un bloc d’appartements ce qui nous permet de vivre le cœur de notre charisme « l’être avec » dans une vie de prière et d’amitié au milieu des plus défavorisés de nos sociétés. Ce quartier simple et populaire ne présente pas à première vue des signes évidents de pauvreté. Pourtant quand on y vit depuis plusieurs années (18 ans pour notre part), on découvre que de nombreuses familles défavorisées nous entourent. La pauvreté est discrète et même cachée. Les files d’attente devant les centres de dépannage alimentaire m’impressionnent beaucoup à cause du nombre, de la lassitude, de la tristesse, de l’attitude et des vêtements de ceux qui attendent.

Bénévole dans une centre d'aide alimentaireBon nombre de nos  voisins vivent de l’Aide sociale, situation qui n’a jamais été facile mais qui depuis quelque temps est très difficile.

Je suis frappée par les réflexions souvent angoissées de nos voisines « on n’y arrive plus », « je crains les fins de mois, quand je n’ai plus un sou pour acheter du pain ou du lait pour les enfants ». Alors qu’est-ce qui arrive ? Quand le chèque est là le 1er du mois, il est déjà tout dépensé en dettes chez le dépanneur ou des amis!

Je dois dire que je ne suis pas surprise, car lorsque je fais notre épicerie et que je vois la hausse régulière du prix des aliments, je me dis : comment font nos voisins ? La réponse : ils n’y arrivent pas ! En effet les chèques d’Aide sociale n’ont pratiquement pas (ou si peu) augmenté depuis plusieurs années. Aussi quand le loyer et une première commande sont payés, il n’y a plus rien…

L’objection bien connue est que les gens ne savent pas faire un budget, que plusieurs dépensent pour des choses inutiles, cette objection ne tient pas dans la plupart des cas. Ces personnes qui ont recourt à l’Aide sociale ne sont pas des « paresseux » qui ne veulent rien faire… (il y a malheureusement des exceptions, ceux qui trichent). La majorité ce sont des personnes qui pour des raisons variées, dues à un passé et à un présent chaotiques, ne peuvent pas travailler.

Alors je me pose la question : que faire ? Pouvons-nous dans notre pays riche et prospère, laisser perdurer une telle situation sans réagir auprès des autorités responsables ? Mais comment ? Je me sens démunie.

Petite Sœur Stéphanie

Prendre le temps de prendre son temps

En février dernier, de passage à Paris, j’en ai profité pour aller à une activité liturgique proposé par les Jésuites, La Messe qui prend son temps.  Des amis y avaient participé et en étaient revenus presque transformés. Cette messe s’adresse prioritairement aux jeunes universitaires et jeunes professionnels. J’avais hâte, d’une part, de vivre une célébration avec des jeunes adultes, ayant moi-même traversé de peu la cinquantaine.  D’autre part, je voulais expérimenter le « qui prend son temps ». Qu’est-ce que cela voulait signifier?  Une messe qui s’étire en longueur? Une messe avec un débit lent? Des chansons lentes? Des déplacements lents?

messeJe suis arrivée sur les lieux un peu à l’avance. Une dizaine de jeunes se familiarisaient avec les chants. On nous a invités à joindre nos voix aux leurs. Il y avait déjà une belle énergie, et une trentaine de jeunes adultes commençaient à prendre place autour de l’autel, central dans la pièce. À 19h00 – parce que la Messe qui prend son temps est célébrée le dimanche en soirée – nous étions au moins 200, dont une vingtaine de ma catégorie.  J’ai vécu, ce soir-là, une vraie rencontre communautaire, un cœur à cœur avec Dieu. On a « pris le temps » de faire les choses, de poser les gestes, de s’instruire, d’échanger, de fraterniser… et surtout de méditer. Parce que les trois temps forts de cette eucharistie sont : un enseignement, une méditation personnelle en silence et un temps de partage, qui permettent d’entrer en relation avec Dieu, soi-même et les autres. Au terme de la messe, un temps d’amitié autour d’un « pot » convivial.

J’étais à Paris pour 10 jours. J’ai donc pu vivre une Messe qui prend son temps à deux reprises, histoire de vérifier si je ne rêvais pas.  Ce fut une dégustation pour les sens et pour le sens à chaque fois.

À mon retour, je n’avais que le goût de partager mon expérience, une expérience toute simple dans le fond, une liturgie comme on en voit à travers toute l’Église, mais une expérience que l’on prend le temps de goûter, et de faire du sens au plus profond de soi.  À ma grande surprise, chaque fois que j’en parlais à un jeune adulte, de tout acabit, je recevais cette réponse : « Si tu en organises une, je suis prêt à tenter l’expérience! » Chacun avait ses raisons diverses de vouloir vivre une Messe qui prend son temps : par curiosité, par solidarité, pour se retrouver entre jeunes, mais aussi pour se déposer dans un monde où on prend rarement le temps de le faire, pour entendre le silence, pour prendre du temps pour soi tout simplement et pour Dieu en écho.

En passant, Il y aura une Messe qui prend son temps en septembre prochain, le 18, à 19h00, à Chemins de vie…

Francine Vincent

Renaître de ta Parole

Depuis un an,  des chrétiens se rencontrent régulièrement  en petits groupes pour échanger sur des textes bibliques. Trois paroisses ont proposé cette démarche qui devrait progressivement s’étendre à d’autres. Ce projet diocésain  vise à donner la parole à tous les baptisés pour qu’ils découvrent que dans leurs échanges, leurs paroles redonnent vie à ces textes, vieux de 2000 ans et plus. En les parlant, ils nous parlent. Ils nous rejoignent dans nos histoires personnelles.

parole2Le projet Renaître de ta Parole vise aussi à donner la parole sur l’avenir des communautés chrétiennes. Dans le Carnet du participant, ils sont invités à donner leur avis sur diverses affirmations. En voici une à titre d’exemple :

Les parents souhaitent le meilleur avenir pour leurs enfants. Ils consacrent beaucoup d’énergie pour qu’ils développent leurs capacités au plan physique, intellectuel, culturel. Ils ont le souci de leur transmettre eux-mêmes le meilleur de ce qu’ils ont reçu. Mais quand il s’agit de leur héritage spirituel, la plupart se sentent démunis, tandis que d’autres laissent le terrain vacant en se disant : « Mon enfant décidera lui-même plus tard. »    Dans nombre de familles de baptisés, les convictions et les habitudes chrétiennes ne sont alors plus ou peu transmises d’une génération à une autre.

Chaque participant exprime son accord ou son désaccord avec l’énoncé, y apporte des nuances ou ajoute d’autres considérations. Voici  des résumés d’échanges :

  • Les parents font baptiser leurs enfants mais ne continuent pas à transmettre les convictions religieuses.  Il est facile de dire : « mes enfants choisiront  par eux-mêmes plus  tard»,  mais comment choisir, si à la base ils n’ont aucun point de départ, puisqu’il n’ont reçu aucune éducation religieuse.
  • Dans les familles, la religion est taboue par crainte d’affrontements, et par le fait même de couper les liens souvent fragiles entre les membres d’une même famille (oncles, grands-parents, cousins et autre)
  • Les jeunes parents trouvent que la catéchèse pour l’initiation sacramentelle prend trop de temps.  Pour beaucoup de jeunes familles, le temps manque pour la pratique religieuse.

L’avenir de nos communautés chrétiennes repose sur leur capacité à se régénérer par la Parole de Dieu et par les paroles de ceux qui veulent la prendre: pratiquants réguliers, occasionnels, proches ou éloignés de toutes générations.

Vous sentez-vous concernés?

Rémi Bourdon

Responsable du projet Renaître de ta Parole

 

Les JMJ : une voie vers le Christ

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1 août 2011. On est fébrile ! Le 9 juillet dernier, Mgr Gendron a célébré la messe d’envoi de la délégation jmjiste diocésaine ! Vivre les JMJ, ce n’est pas seulement le trip d’un voyage, c’est un cheminement de vie qui s’amorce chez certains, qui se poursuit chez d’autres : un pèlerinage.

Voici une démonstration de la manifestation de la foi des jeunes et de la jeunesse et surtout au Québec. Ce n’est pas facile d’être un adolescent ou un jeune adulte affirmé dans sa foi; honnêtement, ça prend du courage !

C’est pourquoi passer par le biais d’un pèlerinage peut être une manière de découvrir la foi qui émerge en chacun d’eux. Face à la situation actuelle de la place de la religion dans la société, l’Église propose cet « outil » à la jeunesse afin qu’elle découvre la foi et la spiritualité qu’elle porte.

Que la JMJ 2011 soit un tremplin vers le cheminement spirituel des jeunes et non pas une finalité en soi ! C’est mon souhait le plus cher pour cette JMJ ! Un tremplin, ça propulse vers le haut et comme la gravité nous attire, il y a de bonnes chances que l’on retombe. C’est donc avec l’aide et le soutien de nos paroissiens, amis, diocésains, familles et bien évidemment, et surtout, celui de Jésus-Christ que cette marche de vie, ce saut est possible. Les jeunes, plus que jamais, ont besoin du soutien de la communauté chrétienne.

Bon été à tous !

Céline Wakil

La crise de Développement et Paix

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Vous êtes probablement au courant que notre Organisation catholique pour le Développement et la Paix est dans la tourmente depuis plus de deux ans maintenant. Après avoir été blanchie d’accusations voulant qu’elle soutienne dans les pays du Sud, des groupes prônant l’avortement, voilà qu’elle a été à nouveau il y a quelques mois la cible d’allégations visant à la discréditer.

Le plus grand tort que pourrait causer de telles attaques est sûrement de menacer l’interruption de l’aide humanitaire acheminée chaque année auprès de milliers de personnes et de populations rendues vulnérables par la pauvreté. Heureusement, la Conférence des évêques catholiques du Canada n’a pas plier devant les accusations non fondées et a réaffirmé son attachement et son soutien à D&P.  http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/3106-commentaire-sur-lannulation-dun-conferencier-de-careme-de-partage Nombreux parmi celles et ceux qui appuient Développement et Paix, comprennent par cette réplique que de s’attaquer aux institutions mises en place par les évêques du Canada, c’est ni plus ni moins que s’attaquer à l’Église catholique elle même.

Plutôt que d’affaiblir l’ardeur de celles et ceux qui supportent Développement et Paix, les attaques visant à discréditer l’organisme auront eu un effet contraire. Depuis quelques mois un vent de solidarité souffle chez les membres et sympathisants de D&P partout au Canada. Des lettres d’appui provenant d’organismes tels que L’Entraide missionnaire, les Jésuites du Canada, le Regroupement œcuménique Justice et Paix, Le Centre de participation, de formation et de ressourcement de Montréal, etc. ont circulées dans tout le pays.  Ceux-ci ne semblent pas disposés à laisser remettre en question les valeurs de justice et de solidarité qui animent l’organisme, ni à voir paralyser les programmes d’aide dont trop de vies d’enfants, de femmes et d’hommes dépendent dans les pays du sud.

Daniel Pellerin

Espace de gratuité!

Que nous reste-t-il d’espace de gratuité dans notre vie moderne au rythme accéléré? Tout le monde se plaint de manquer de temps pour faire tout ce qu’il y a à faire. Tout va si vite que l’on ne sait plus comment arrêter le temps.

Je me souviens d’un film de Star Trek où l’équipage avait trouvé une planète où il était possible d’arrêter le temps. Lorsqu’un moment se révélait précieux entre deux personnes, tout semblait s’arrêter. Le réalisateur du film avait produit des effets spéciaux qui laissaient voir cet arrêt du temps, où l’on pouvait distinguer le battement d’aile d’un oiseau mouche. Cela illustrait magnifiquement l’expression que l’on voudrait vraie « arrêter le temps ».

Je m’interroge souvent sur l’utilisation que je fais du temps qui m’est donné. Pourquoi cette obsession de manquer de temps et de devoir faire davantage? Notre société de consommation et de performance a énormément changer notre perception du temps. Tout le temps dont on dispose doit être utile et productif, comme si la vie tenait sa valeur dans le faire et l’avoir.

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Je sais pourtant qu’il n’en ait rien, car on n’apporte rien de tout cela dans notre tombe. Mais l’illusion est puissante et elle est entretenue par la mentalité ambiante. D’où l’importance de choisir consciemment de s’arrêter pour goûter le simple fait d’exister.

Mais exister ne veut rien dire si je ne suis pas quelqu’un pour quelqu’un d’autre. Quand je me retrouve en prière en présence de Dieu qui me révèle ma valeur; quand je prends le temps de partager des moments de pure gratuité avec des personnes qui me sont chères, tout le reste retrouve sa place et son sens.  Il me semble que l’enjeu est là.  C’est le sentiment profond d’avoir de la valeur pour quelqu’un et pas simplement pour ce que je fais qui me donne le sentiment d’exister. Être ancrée dans cette certitude est de l’ordre du spirituel et entretenir cette conscience est un réel défi dans notre contexte actuel.

Mais, Dieu merci, ces moments de gratuité sont accessibles à qui décide de s’arrêter pour les goûter. C’est alors que la vie prend toute sa densité et que l’essentiel se révèle Présence? Quel avantage l’homme a–t–il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui–même ? (Lc 9,25)

« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses.  Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10, 41-42)

Colette Beauchemin