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Êtes-vous indignés?
7/11/11
C’est ce que titrait la chronique de Patrick Lagacé dans la Presse du mercredi 19 octobre 2011 : http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201110/18/01-4458581-je-mindigne-tu-tindignes-etes-vous-indigne.php Difficile de répondre non à cela. En effet, il y a pleins d’événements, de discours, de gestes qui développent chez moi un sentiment de colère ou qui heurtent ma conscience morale et « titillent » ma compréhension de la justice. Pour n’en nommer que quelques uns, je dirais que :
- La maltraitance des personnes âgées m’horripile au plus au point. Je ne peux comprendre qu’on veuille du mal à des personnes qui ont souvent donné de leur temps avec une énorme générosité pour nourrir leur famille, « rejoindre les deux bouts », apporter la sécurité à leurs enfants, apporter bonheur et amour autour d’eux. En fin de vie, ils sont souvent très seuls. Si on les maltraite en plus, c’est inacceptable!
- L’indifférence, passez tout droit sans s’arrêter pour ne pas voir, parce que nous n’avons pas le temps de voir, parce que la vie de l’autre a aucune importance.
- La barbarie qui se passe dans certains pays, le massacre du Rwanda, les crimes pour l’honneur, les personnes incarcérées pour avoir dit les vraies affaires, les dictateurs qui sont drogués au pouvoir et à l’argent, les milliards d’êtres humains qui souffrent de la faim parce que les dirigeants ne pensent qu’à leur bien-être et à leur richesse, etc.
- Les enfants qui n’ont pas la possibilité de vivre leur vie d’enfant, et qui sont chargés de responsabilités qui les dépassent.
- Les financiers véreux qui ruinent l’avenir des petits épargnants en abusant de leur confiance.
- Les enveloppes brunes, les sommes exorbitantes qui sont dépensées en double et en triple du prix réel pour financer une quelconque Mafia, les irrégularités dans le domaine de la construction pour ne citer que celui-ci.
À New York, Boston, Chicago, et Washington, des « indignés » ont manifesté contre les excès de la finance. Ils étaient des centaines à être venus crier leur ras-le-bol. Ils ont plantés des tentes sur l’esplanade du centre névralgique de la finance et scandaient des slogans électriques pour sensibiliser les dirigeants à leur réalité au quotidien, afin que ceux-ci assument leur part de responsabilités du merdier dans lequel ils les ont plongés.
De Madrid à l’Angleterre, en passant par la France, plusieurs personnes se sont également levées, pacifiquement pour la plupart, pour crier également leur indignation contre le système. Ils envoient des appels à changer ce monde usé jusqu’à la corde par tant de mensonges, d’injustices et de violences accumulées depuis la nuit des temps. « Nous ne voulons plus du mensonge des guerres justes ou des printemps révolutionnaires orchestrés par la CIA et ses valets. Nous ne voulons plus du mensonge des politiques qui protègent les lobbies empoisonneurs de la terre, de l’eau et de l’air. Nous ne voulons plus du mensonge de ces dettes illégitimes au travers desquelles les élites financières rendent les foules citoyennes comme les nations esclaves des gangs banques. »
Depuis la mi-octobre, 300 « indignés » campent au square Victoria pour protester contre le système, une cause qui est gérée dans la dignité, dans le respect des lieux et des personnes, sans violence. « Nous sommes ulcérés du système bancaire actuel. Je gagne bien ma vie, mais je veux plus d’espoir pour vous, pour mes enfants qui ont à peu près votre âge », explique un Montréalais de 68 ans.
Ce n’est pas vrai que les choses vont bien. Il y a de la corruption, de l’indifférence, de la malhonnêteté, du je-m’en-foutisme, partout! Que pouvons-nous faire pour ouvrir à la solidarité, la compassion, la vraie justice, la coopération, l’équité? C’est beau et noble de s’indigner, mais quel est l’avenir que je réserve moi aussi à mes enfants, et nous collectivement?
Francine Vincent
Portons le coquelicot… blanc.
31/10/11
Le 11 novembre, Jour du souvenir, de quoi nous souviendrons-nous au juste ? Le Collectif Échec à la guerre www.echecalaguerre.org vient de lancer une campagne particulière en nous proposant de porter le coquelicot blanc. Mais qu’est-ce encore que cette nouvelle patente et d’où ça sort ?
« La Première Guerre mondiale avait entraîné la mort de 10 millions de soldats et d’un million et demi de civils. Quinze années plus tard, devant une nouvelle montée des tensions au niveau international, la première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre, en novembre 1933, par la Co-operative Women’s Guild (CWG). Cette organisation – composée de mères, de sœurs, de veuves et d’amoureuses d’hommes tués lors de la Première Guerre mondiale – menait un travail d’éducation sur les conditions sociales, économiques et politiques favorisant la montée de la guerre et s’opposait activement au commerce des armes… Par sa campagne, la CWG voulait non seulement commémorer toutes les victimes de la guerre, mais également proclamer son rejet de la guerre et se dissocier des commémorations faisant subtilement l’apologie de la force militaire ». http://www.cjf.qc.ca/userfiles/file/AP_Nouvelles/Portons-un-coquelicot-blanc.pdf
Le Collectif Échec à la guerre qui comprend environ deux cents membres (groupes, mouvements, regroupements et associations diverses), dont plusieurs sont d’inspiration chrétienne, http://www.echecalaguerre.org/index.php?id=14 a décidé de s’impliquer activement dans cette campagne ici au Québec en devenant le pôle de diffusion de l’information et du matériel et de campagne.
Pourquoi devrions-nous nous associer à cette campagne qui risque de déclencher des discussions, des débats et peut-être provoquer des frictions entre personnes et groupes? Simplement par amour et par respect pour la vie? En tout cas, c’est toujours plus facile de savoir pourquoi on tient à la vie que pourquoi on irait en guerre.
Pour vous approvisionner :
http://www.echecalaguerre.org/index.php?id=234
Dépôts :
- Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI)
1001, rue Sherbrooke Est, bureau 540, 5e étage
(entre St-André et Amherst : métro Sherbrooke)
De 9 h à 17 h
Personne-contact : Amélie Nguyen
Téléphone : 514-871-1086 poste 210
- L’Entraide missionnaire (EMI)
433, boul. St-Joseph Est
(métro Laurier, sortie boul.St-Joseph)
De 9 h à 17 h
Personne-contact: Micheline Malboeuf
Téléphone : 514-270-6089
Daniel Pellerin
Quand la rapacité impose sa loi.
15/09/11
[1]
Le rapport Duchesnaux le confirme : la corruption est érigée en système dans les attributions de contrats dans les travaux publics au Québec. «On a le pouvoir, on voit passer l’argent… pourquoi pas une petite ponction?» Voilà le pouvoir de l’Argent qui bafoue la Justice. Nous payons tous pour ça, en manque à gagner, en perte de confiance de tous ordres dans nos liens sociaux.
Que ton règne vienne sur la terre comme au ciel!
Une partie de l’ile Charron est protégée par les verts et convoitée par les billets verts. Ce terrain a beaucoup de valeur de part et d’autre. Chaque partie est prête à mener le combat jusqu’au bout. En s’adossant à la loi, c’est l’enchère des millions. Deux visions s’affrontent, bien enracinées dans notre culture : la marchandisation de la nature ou sa conservation pour un développement durable. Le mercantilisme est ici légal : le possesseur est dans son droit de réclamer 40 ou 50 millions, au lieu de 15 offerts, dans son droit de détruire un milieu naturel. La rapacité jamais inassouvie exerce son empire, instrumentalise le droit et tient sa proie. Finie sa liberté. Quand elle possède un cœur, elle le bétonne.
Que ton règne vienne sur la terre comme au ciel!
Plus d’un milliard d’affamés sur un continent et des poubelles obèses sur un autre. Et une industrie du caritatif qui parfois est mis à mal par des profiteurs, tels des loups dans la bergerie.
Que ton règne vienne sur la terre comme au ciel!
Ce matin, je ne sais pas pourquoi, le bulletin de nouvelles, m’est apparu particulièrement riche en échecs de justice, de générosité de conscience citoyenne, de sens du partage.
Spontanément, me sont venus ces mots du Notre Père : Que ton Règne … une chance qu’il vient!
Ps. «Charité bien ordonnée commence par soi-même» n’est pas dans l’Évangile et non plus évangélique. Rien à voir avec cet amour proposé qui peut aller jusqu’à donner sa vie pour ceux qu’on aime. (Jean 15, 13)
Rémi Bourdon
[1] http://www.google.ca/imgres?q=rapaces+proie&hl=fr&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&gbv=2&biw=1680&bih=860&tbm=isch&tbnid=cCM62SPiuATQHM:&imgrefurl=http://rapace-dumonde.skyrock.com/37.html&docid=bnOmxkmvwWVBfM&w=358&h=237&ei=3z1yTuH6MKT50gHNwdmYCg&zoom=1&iact=hc&vpx=177&vpy=328&dur=5396&hovh=183&hovw=276&tx=122&ty=108&page=3&tbnh=144&tbnw=189&start=62&ndsp=32&ved=1t:429,r:8,s:62
La crise de Développement et Paix
25/07/11

Vous êtes probablement au courant que notre Organisation catholique pour le Développement et la Paix est dans la tourmente depuis plus de deux ans maintenant. Après avoir été blanchie d’accusations voulant qu’elle soutienne dans les pays du Sud, des groupes prônant l’avortement, voilà qu’elle a été à nouveau il y a quelques mois la cible d’allégations visant à la discréditer.
Le plus grand tort que pourrait causer de telles attaques est sûrement de menacer l’interruption de l’aide humanitaire acheminée chaque année auprès de milliers de personnes et de populations rendues vulnérables par la pauvreté. Heureusement, la Conférence des évêques catholiques du Canada n’a pas plier devant les accusations non fondées et a réaffirmé son attachement et son soutien à D&P. http://www.cccb.ca/site/frc/salle-de-presse/3106-commentaire-sur-lannulation-dun-conferencier-de-careme-de-partage Nombreux parmi celles et ceux qui appuient Développement et Paix, comprennent par cette réplique que de s’attaquer aux institutions mises en place par les évêques du Canada, c’est ni plus ni moins que s’attaquer à l’Église catholique elle même.
Plutôt que d’affaiblir l’ardeur de celles et ceux qui supportent Développement et Paix, les attaques visant à discréditer l’organisme auront eu un effet contraire. Depuis quelques mois un vent de solidarité souffle chez les membres et sympathisants de D&P partout au Canada. Des lettres d’appui provenant d’organismes tels que L’Entraide missionnaire, les Jésuites du Canada, le Regroupement œcuménique Justice et Paix, Le Centre de participation, de formation et de ressourcement de Montréal, etc. ont circulées dans tout le pays. Ceux-ci ne semblent pas disposés à laisser remettre en question les valeurs de justice et de solidarité qui animent l’organisme, ni à voir paralyser les programmes d’aide dont trop de vies d’enfants, de femmes et d’hommes dépendent dans les pays du sud.
Daniel Pellerin
Trop de Québécois croulent sous les dettes
4/07/11
Achetez maintenant, payez plus tard: 
Mon slogan pour faire mes emplettes.
Je n’ai pas une cenne qui m’adore
Pour des spéciaux pleins les tablettes.
Mais j’ai neuf cartes de crédit « Or ».
Le vendeur et le banquier aiment mes dettes
Et moi, je consomme et je m’endors…
Non! je ne m’endors plus sous la couverte.
« Une dixième carte, Monsieur? » C’est fort!
Là, j’en ai vraiment plein la brouette!
Encore fuir en avant ou se virer de bord?
Et v’là que le ministre me tire la couette.
«Imaginons un solde de 10 000 $. Avec un seuil minimal à 2 pour cent, il faudra 80 ans pour rembourser la totalité du solde» (Ministre Jean-Marc Fournier)
Et moi qui suis-je, à clamer de tous bords
Que je suis libre, pas une marionnette?
Vendeurs, banquiers, ministres, dehors!
Mais comment reprendre les manettes?
À l’aide! J’veux plus de vos boni-dollars.
Une dépendance, pas facile à admettre.
Je peux m’en sortir, haute est la barre
Avec d’autres, je veux m’y mettre.
Comment faire lever un nouvel aurore
Finies la vie à crédit et les pirouettes
Découvrir au fond de moi ce trésor
L’empowerment, avant de tomber en miettes.
Rémi Bourdon
L’art emprisonné
21/06/11
La semaine dernière deux statues de bronze représentant deux enfants ont été volées à la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue à Longueuil. Ces deux enfants avec la statue de Mère Marie-Rose représentaient une page de notre patrimoine religieux. C’était comme un rappel, chaque fois que l’on circulait sur la rue Saint-Charles coin Chemin Chambly, un rappel de notre histoire, un rappel qu’il y a eu des femmes qui ont vu à l’instruction de ceux qui nous ont précédés. Ces belles sculptures n’étaient pas enfermées dans des musées, mais étaient exposées à la vue et au su de tous.
À cause de ces actes méprisables, la statue de mère Marie-Rose a été retirée de son socle, avec raison. Il n’est pas question de se faire voler celle-là aussi! Il faudra donc cacher cette œuvre d’art, ou l’exposer à l’intérieur sous une cloche de verre, avec un bon système d’alarme ou de caméra. Et l’audace des cambrioleurs ne s’arrête pas là. Les cimetières sont aussi pillés. On vole particulièrement les statues de bronze, pour les revendre pour la matière première, et pour les sous qui viennent avec. Les angelots, les Christ ressuscité, les personnages de toutes sortes sont « piqués ». C’est une honte!
D’une part, il n’y a plus aucun respect pour le sacré, pour l’histoire, pour le patrimoine, pour la mémoire religieuse. D’autre part, l’art devient quelque chose que l’on continue d’enfermer parce qu’on n’est pas capable de regarder sans toucher, sans prendre, sans briser, sans égratigner, sans massacrer. En septembre dernier, je suis allée à Rome. À Saint-Pierre-Rome, la belle statue de la Pieta de Michel Ange, un chef d’œuvre artistique d’une beauté et d’une sensibilité incroyables, a dû être mise sous protection elle aussi. Quelqu’un s’était rué dessus avec un marteau, et a réussi à « gosser » le marbre à plusieurs endroits. Épouvantable!
Est-ce qu’on peut encore croire que la beauté, l’art, la créativité, le talent, soient accessible à tous? Quand aurons-nous la possibilité de ranger nos caméras de surveillance, nos systèmes d’alarme et nos vitrines protégées? L’art c’est pour tout le monde. L’histoire et la mémoire doivent être accessibles à tous également.
Francine Vincent
Gaz de schiste – Pourquoi ça presse tant?
22/02/11
Est-ce qu’on doit, ou non, imposer un moratoire aux projets d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste au Québec? Plusieurs arguments militent en faveur du développement de nouvelles sources d’énergie au Québec : la première est certainement celle de l’autonomie énergétique dont Hydro-Québec est le symbole par excellence. Effectivement, cet outil collectif nous a permis jusqu’à maintenant de bénéficier de certains avantages au niveau de la tarification. L’augmentation de la demande en énergie, due à la croissance de la population et le développement économique, nous pousse à poursuivre la recherche de nouvelles sources d’approvisionnement en énergie. Il se trouve que le Québec recèle d’importantes réserves de gaz naturel dont le gaz de schiste et, à en croire le gouvernement et les représentants de l’industrie, on serait fou de s’en priver.
Par contre, un ensemble de situation est venu refroidir les ardeurs de la population en général face à la perspective de l’exploitation des gaz de schiste au Québec. En premier lieu les graves « dommages collatéraux » occasionnés par une technologie déficiente : rappelons les nombreux cas de pollution d’eaux souterraines observés chez nos voisins du sud, là où l’exploitation est déjà commencée. Deuxièmement une loi sur les mines qui n’est pas à jour et qui accorde à l’industrie des pouvoirs indus; c’est ce qui fait que des compagnies peuvent aller s’installer, sans être inquiétées, dans la cour des gens; s’ensuivent une série de conséquences désastreuses (envahissement de la vie privée, pollution par le bruit, dévaluation des propriétés) contre lesquelles même les municipalités restent impuissantes. Finalement, tel que dévoilé dans les médias encore récemment, le passage de fonctionnaires gouvernementaux vers l’industrie pétrolière et gazière (principalement trois chefs de cabinet du premier ministre et du Ministère du Développement économique) n’est pas sans suggérer une apparence de copinage entre des membres du gouvernement et cette industrie.
La bonne nouvelle du crucifix selon Stéphane Laporte
22/02/11
Dans La Presse de samedi, 19 février dernier, Stéphane Laporte jette un regard décapant sur la controverse autour du crucifix de la salle du conseil de la Ville de Saguenay.
Décapant! Qu’on soit de tous poils, ou à rebrousse-poil, laïcs ou catholiques, il nous accroche. « C’est beau, un crucifix, parce que c’est tellement à contre-courant. Le monde est rempli de symboles de puissance: l’aigle, l’ours, le lion, l’étoile… Arrive un homme à moitié nu en train de mourir sur une croix. Tellement looser, et pourtant tellement puissant. C’est bouleversant, un crucifix. Et rien n’est plus puissant qu’un bouleversement. »
Sa réflexion fait table rase de tout le reste, d’idéologique ou de religieux : un homme a donné sa vie, constate-t-il laconiquement. Cet homme cloué accule tout le monde au mur de sa fragilité, de sa finitude, sous le clou du crucifix en sursis.
Dans une des catéchèses que j’ai rédigée (Routes de Paroles) sur la passion selon Marc, je faisais ressortir la parole de détresse de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné?» (Marc 15,34) Cette parole de Jésus en croix est insoutenable, parce qu’elle est la dernière en Marc et Matthieu. Elle choque, parce que trop humaine, trop désespérée. On m’a suggéré d’ajouter la finale de Luc qui manifeste l’ultime confiance de Jésus: « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. » (Luc 23,46)
Un jour, j’ai eu besoin de cette fin de vie de Jésus selon Marc. Mon frère aîné est entré dans la mort à reculons. Jusqu’au dernier souffle, la détresse. Pourtant j’avais prié Dieu qu’il le pacifie avant de trépasser. J’avais tellement désiré qu’il prononce la dernière parole du Jésus de Luc!
Ma prière n’a pas été exaucée. Je Lui ai crié mon indignation. Plus d’une fois. Quelle bonne nouvelle que Marc nous rappelle! Le Fils a pris jusqu’au bout la condition humaine, jusqu’à ressentir le désespoir. J’ai compris que c’est le Christ de Marc qui a accompagné mon frère au dernier moment de sa vie.
Stéphane Laporte nous branche sur la spiritualité de Marc qui nous présente d’abord un homme, un humain croyant, mais parce que Fils de Dieu, va jusqu’au bout du meilleur de son humanité. « C’est juste un gars. Un gars tout seul, au bout du chemin. Un gars qui a fait tout ce qu’il a pu. Et qui finit là, tout seul. Comme on finira tous: tout seuls. »
« Enlevez les crucifix si vous voulez, mais il ne peut rester sur les murs que le trou du clou retiré. L’État, ça ne peut pas juste être un drapeau. Il faut quelque chose de plus grand. Ouvert sur les autres. Est-ce qu’on peut s’entendre sur l’amour? Sans déplaire à qui que ce soit, la société québécoise peut-elle proclamer qu’elle croit en l’amour? »
Avec le trou du crucifix disparu, peut-être restera aussi une marque sur le mur: une ombre plus claire en forme de crucifix. On va s’empresser de repeindre le mur. Mais continuera le murmure ténu de la mémoire qui s’interroge, du cœur fait pour aimer, condition essentielle du vivre-ensemble.
Rémi Bourdon
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« La corruption, c’est les autres! »
30/11/10
C’est au tour des politiciens québécois de se faire brasser la cage. Nous nous sentons en droit de nous indigner face aux profiteurs politiques et abuseurs économiques dénoncés sur la place publique. Mais combien plus difficile est-il de se regarder soi-même avant de se joindre à la chorale des redresseur de torts?
En me posant la question, je me suis souvenu d’Etty Hillesum, titre d’un livre[1], mais surtout nom d’une femme lié à l’histoire de l’extermination du peuple juif. Son itinéraire personnel l’a menée à un niveau de conscience spirituelle qui peut nous inspirer. En parcourant les pages, je suis tombé sur ce passage que j’avais souligné :
« Etty Hillesum a pris tôt conscience de la nécessité de commencer par se regarder soi-même sans la moindre complaisance, de ne pas se poster face aux « salauds » comme devant autant d’individus avec lesquels nous n’aurions absolument rien en commun, mais bien plu¬tôt comme devant des miroirs grossissants de nos pro¬pres vices cachés, et latents.
« Vous refusez de voir la réalité des besoins religieux. »
26/10/10
Richard Martineau n’a pas répliqué là-dessus, alors que Julius Grey l’amenait sur le terrain de l’énoncé de principe : l’existence des besoins religieux. Le franc tireur a préféré ferrailler avec l’avocat sur l’incongruité du port du kirpan. Et je n’ai pas su ce qu’il pensait sur le fond de la question : pour lui, existe-t-il des besoins religieux?
En témoignant de son apostasie, répondait-il à la question? Je ne peux le déduire puisque Julius Grey affirmait de son côté n’appartenir à aucun groupe ethnico-religieux. Et pourtant, lui, reconnaît le religieux personnel et social. J’apprécie que des personnalités de l’espace public, qui se dissocient personnellement du religieux, débattent devant nous d’enjeux de société qui ne laissent personne indifférent. Apparemment, ils se réfèrent à deux visions anthropologiques différentes de la personne : inclusive, ou non, de la dimension religieuse.
