L’onde de choc provoquée par le tremblement de terre en Haïti a suscité un mouvement de générosité qui a fait le tour du monde. Ainsi, des dizaines de millions de dollars ont été acheminés en aide d’urgence pour le sauvetage des sinistrés. Mais qu’arrivera-t-il à Haïti lorsque notre sentiment d’urgence cédera progressivement la place au désir de passer à autres choses? Alors qu’on estime que les efforts de reconstruction s’étaleront sur au moins une dizaine d’année, notre agitation des dernières semaines ne s’estompera-t-elle pas comme ces bons sentiments suscités par toutes ces Guignolées éphémères?

Par ailleurs, quelle sera la place laissée au peuple haïtien dans l’élaboration des plans de reconstruction et de relance. Tout le monde ne s’entend pas sur l’objectif de l’aide apportée actuellement et certains suggèrent même une mise sous tutelle de l’État haïtien. Mais, au delà des problèmes engendrés par le séisme du 12 janvier dernier, les problèmes du peuple haïtien ne sont-ils pas liés justement de  l’ingérence  extérieure? Mgr Silvano M. Tomasi, (représentant permanent du Saint-Siège aux Nations Unies) rappelle l’importance du principe de « subsidiarité » et demande que cette aide « offre tout d’abord aux Haïtiens la capacité de reconstruire eux-mêmes les infrastructures dont ils ont besoin et de ré-assumer leurs responsabilités politiques et sociales ». (ROME, Jeudi 28 janvier 2010 (ZENIT.org)

Fidèle à ce principe, l’Organisation catholique pour le développement et la paix (Développement et Paix) privilégie un type d ‘aide fondé sur le long terme et le respect de la souveraineté des peuples.  Bien que ce ne soit pas d’hier que Développement et Paix apporte une aide d’urgence à Haïti. En 2004, suite au passage de l’ouragan Jeanne ou en 2008 après plusieurs cyclones, Développement et Paix a permis de soutenir l’effort de reconstruction, la relance de la production agricole et de plusieurs activités communautaires, notamment dans des localités rurales laissées à elles-mêmes. Suite au dernier séisme, Développement et Paix a déjà amassé près de 2 000 000,00$ en fonds d’urgence  acheminés via Caritas Haïti, son partenaire principal dans le pays. www.devp.org

Mais les opérations d’urgence ne constituent pas la principale activité de Développement et Paix dans les pays du Sud. Son approche basée sur le développement dans le respect du principe de souveraineté, l’a amené, en Haïti,  à créer des partenariats avec sept organismes intervenant aux plans local ou national. Ce sont des groupes de femmes, des ONG en appui à la production agricole et des organisations de jeunes. Par le soutien technique et financier apporté à ces partenaires, Développement et Paix contribue au développement de l’agriculture, la promotion des femmes rurales, la formation de leaders chez les jeunes, le soutien à la vie communautaire.

Considérant tous ces faits, Développement et Paix constitue sans aucun doute, une référence importante, pour qui veut que le développement à long terme, dans le respect de la souveraineté des peuples,  prévale à la fois sur les aides ponctuelles et sur les intérêts particuliers de certaines entreprises ou nations.

Daniel Pellerin