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Si c’était vrai!

La chanson de France d’Amour joue à la radio.

« Si c’était vrai, si c’était vrai, qu’est-ce qu’on en ferait?

Si c’était vrai, si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? »[1]

 

En écoutant ces paroles, je me dis que c’est de plus en plus de cette manière que se pose aujourd’hui la question de la foi.

Rien d’une évidence, comme au temps de nos grands-parents. Aujourd’hui, la question de la foi est précédée d’un « si » qui ouvre une interrogation sur la vérité de la foi, qu’elle soit chrétienne ou autre.

Aujourd’hui, chacun est à la charge de trouver et d’assumer sa vérité et de la vivre. Ce que l’on croit fondamentalement devient en quelque sorte ce que l’on en fait, ce que l’on incarne personnellement et collectivement.

La vérité de la foi ne peut plus s’imposer d’un lieu d’autorité, comme ce fut le cas à l’époque de la chrétienté, car chacun choisi dorénavant ce qui fera autorité dans sa vie. Je ne peux que me réjouir de cette perte d’autorité de l’Église qui se retrouve ramenée à simplement proposer la vérité qui la fait vivre. Comme l’a fait Jésus de Nazareth, à travers ses paroles et ses gestes, la vérité de la foi chrétienne ne peut être que de l’ordre de la proposition de sens et d’espérance; de l’ordre du pari. Sur quoi mises-tu ta vie? Qu’est-ce qui lui donne sens et consistance? La vérité que la foi nous propose est appelée à être éprouvée et non pas prouvée. Le langage de foi n’aura de poids que dans la mesure où son sens sera expérimenté. Le « si » qui précède le « vrai » oblige la proposition de foi à passer au creuset de l’expérience, pour pouvoir s’affirmer avec crédibilité, jusque dans l’agir. Sinon, les affirmations de foi ne seront que cymbales retentissantes (1 Co 13,1), comme nous le rappelle saint Paul. Et pourtant, Paul qui était rempli d’une foi si ardente n’a-t-il pas aussi essuyé un refus de la part des gens d’Athène, alors qu’il était venu leur parler du Dieu inconnu (Ac 17,23), à ceux-ci qui ne manquaient pas de divinités au marché des croyances?

Quand les chrétiens confessent le Christ ressuscité, cette vérité ne peut pas effacer la dure réalité de la mort et ce Dieu-là, qui ne nous épargne pas la mort, ne sera peut-être jamais le plus populaire. On préfère souvent se réfugier dans des paradis artificiels pour éviter d’affronter la réalité de notre finitude et de notre mort. Et pourtant, la vraie vie n’est-elle pas là où se profile la mort, c’est-à-dire, là où notre fragilité appelle le meilleur de nous-mêmes et nous rappelle que l’amour est la seule vérité qui vaille la peine d’y consacrer toute sa vie?

Si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? Qu’est-ce qu’on en ferait?

La croix n’est-elle pas, encore aujourd’hui, scandale pour les uns et folie pour les autres? Qui est donc ce Dieu qui n’a jamais voulu prouver sa vérité autrement qu’en se donnant par amour?

Colette Beauchemin


[1] Paroles : France D’Amour, Roger Tabra. Musique: France D’Amour 1998 « Le silence des roses » © Tacca Musique

Prendre le temps de prendre son temps

En février dernier, de passage à Paris, j’en ai profité pour aller à une activité liturgique proposé par les Jésuites, La Messe qui prend son temps.  Des amis y avaient participé et en étaient revenus presque transformés. Cette messe s’adresse prioritairement aux jeunes universitaires et jeunes professionnels. J’avais hâte, d’une part, de vivre une célébration avec des jeunes adultes, ayant moi-même traversé de peu la cinquantaine.  D’autre part, je voulais expérimenter le « qui prend son temps ». Qu’est-ce que cela voulait signifier?  Une messe qui s’étire en longueur? Une messe avec un débit lent? Des chansons lentes? Des déplacements lents?

messeJe suis arrivée sur les lieux un peu à l’avance. Une dizaine de jeunes se familiarisaient avec les chants. On nous a invités à joindre nos voix aux leurs. Il y avait déjà une belle énergie, et une trentaine de jeunes adultes commençaient à prendre place autour de l’autel, central dans la pièce. À 19h00 – parce que la Messe qui prend son temps est célébrée le dimanche en soirée – nous étions au moins 200, dont une vingtaine de ma catégorie.  J’ai vécu, ce soir-là, une vraie rencontre communautaire, un cœur à cœur avec Dieu. On a « pris le temps » de faire les choses, de poser les gestes, de s’instruire, d’échanger, de fraterniser… et surtout de méditer. Parce que les trois temps forts de cette eucharistie sont : un enseignement, une méditation personnelle en silence et un temps de partage, qui permettent d’entrer en relation avec Dieu, soi-même et les autres. Au terme de la messe, un temps d’amitié autour d’un « pot » convivial.

J’étais à Paris pour 10 jours. J’ai donc pu vivre une Messe qui prend son temps à deux reprises, histoire de vérifier si je ne rêvais pas.  Ce fut une dégustation pour les sens et pour le sens à chaque fois.

À mon retour, je n’avais que le goût de partager mon expérience, une expérience toute simple dans le fond, une liturgie comme on en voit à travers toute l’Église, mais une expérience que l’on prend le temps de goûter, et de faire du sens au plus profond de soi.  À ma grande surprise, chaque fois que j’en parlais à un jeune adulte, de tout acabit, je recevais cette réponse : « Si tu en organises une, je suis prêt à tenter l’expérience! » Chacun avait ses raisons diverses de vouloir vivre une Messe qui prend son temps : par curiosité, par solidarité, pour se retrouver entre jeunes, mais aussi pour se déposer dans un monde où on prend rarement le temps de le faire, pour entendre le silence, pour prendre du temps pour soi tout simplement et pour Dieu en écho.

En passant, Il y aura une Messe qui prend son temps en septembre prochain, le 18, à 19h00, à Chemins de vie…

Francine Vincent

Les JMJ : une voie vers le Christ

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1 août 2011. On est fébrile ! Le 9 juillet dernier, Mgr Gendron a célébré la messe d’envoi de la délégation jmjiste diocésaine ! Vivre les JMJ, ce n’est pas seulement le trip d’un voyage, c’est un cheminement de vie qui s’amorce chez certains, qui se poursuit chez d’autres : un pèlerinage.

Voici une démonstration de la manifestation de la foi des jeunes et de la jeunesse et surtout au Québec. Ce n’est pas facile d’être un adolescent ou un jeune adulte affirmé dans sa foi; honnêtement, ça prend du courage !

C’est pourquoi passer par le biais d’un pèlerinage peut être une manière de découvrir la foi qui émerge en chacun d’eux. Face à la situation actuelle de la place de la religion dans la société, l’Église propose cet « outil » à la jeunesse afin qu’elle découvre la foi et la spiritualité qu’elle porte.

Que la JMJ 2011 soit un tremplin vers le cheminement spirituel des jeunes et non pas une finalité en soi ! C’est mon souhait le plus cher pour cette JMJ ! Un tremplin, ça propulse vers le haut et comme la gravité nous attire, il y a de bonnes chances que l’on retombe. C’est donc avec l’aide et le soutien de nos paroissiens, amis, diocésains, familles et bien évidemment, et surtout, celui de Jésus-Christ que cette marche de vie, ce saut est possible. Les jeunes, plus que jamais, ont besoin du soutien de la communauté chrétienne.

Bon été à tous !

Céline Wakil

Espace de gratuité!

Que nous reste-t-il d’espace de gratuité dans notre vie moderne au rythme accéléré? Tout le monde se plaint de manquer de temps pour faire tout ce qu’il y a à faire. Tout va si vite que l’on ne sait plus comment arrêter le temps.

Je me souviens d’un film de Star Trek où l’équipage avait trouvé une planète où il était possible d’arrêter le temps. Lorsqu’un moment se révélait précieux entre deux personnes, tout semblait s’arrêter. Le réalisateur du film avait produit des effets spéciaux qui laissaient voir cet arrêt du temps, où l’on pouvait distinguer le battement d’aile d’un oiseau mouche. Cela illustrait magnifiquement l’expression que l’on voudrait vraie « arrêter le temps ».

Je m’interroge souvent sur l’utilisation que je fais du temps qui m’est donné. Pourquoi cette obsession de manquer de temps et de devoir faire davantage? Notre société de consommation et de performance a énormément changer notre perception du temps. Tout le temps dont on dispose doit être utile et productif, comme si la vie tenait sa valeur dans le faire et l’avoir.

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Je sais pourtant qu’il n’en ait rien, car on n’apporte rien de tout cela dans notre tombe. Mais l’illusion est puissante et elle est entretenue par la mentalité ambiante. D’où l’importance de choisir consciemment de s’arrêter pour goûter le simple fait d’exister.

Mais exister ne veut rien dire si je ne suis pas quelqu’un pour quelqu’un d’autre. Quand je me retrouve en prière en présence de Dieu qui me révèle ma valeur; quand je prends le temps de partager des moments de pure gratuité avec des personnes qui me sont chères, tout le reste retrouve sa place et son sens.  Il me semble que l’enjeu est là.  C’est le sentiment profond d’avoir de la valeur pour quelqu’un et pas simplement pour ce que je fais qui me donne le sentiment d’exister. Être ancrée dans cette certitude est de l’ordre du spirituel et entretenir cette conscience est un réel défi dans notre contexte actuel.

Mais, Dieu merci, ces moments de gratuité sont accessibles à qui décide de s’arrêter pour les goûter. C’est alors que la vie prend toute sa densité et que l’essentiel se révèle Présence? Quel avantage l’homme a–t–il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui–même ? (Lc 9,25)

« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses.  Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10, 41-42)

Colette Beauchemin

L’itinéraire spirituel: un chemin extraordinaire à la rencontre de Dieu.

Pensez-vous connaitre Dieu? Avez-vous soif de sa découverte? Deux fois par année, le diocèse de Saint-Jean-Longueuil organise un itinéraire de trois jours au cours desquels différentes communautés chrétiennes sont visitées. Cet itinéraire est, pour beaucoup, un chemin pour découvrir ou redécouvrir l’humain et son rapport avec Dieu. Et surtout se redécouvrir soi-même.

Avec la sortie dans les prochains jours au Québec du film Des hommes et des Dieux, cet itinéraire résonne comme une recherche pour comprendre toutes ces personnes qui ont décidé, un jour, de dévouer leur vie à leur foi. Une foi qui nous touche toutes et tous, même si la société d’aujourd’hui peine à comprendre certains principes spirituels comme la solitude, la prière ou l’abandon du matérialisme.

Lors de ce chemin, vous ne connaitrez jamais quelle sera la prochaine destination avant d’y être arrivé. Vous prendrez le temps de réfléchir, de méditer, d’écouter, d’aller à la rencontre de l’autre. Vous serez touchés par les témoignages de ceux qui vous ouvrent leur maison, mais également des personnes qui vous accompagnent. Quelque chose de très particulier unit ces personnes : l’abandon. L’abandon de la peur qui résulte en une ouverture de soi. Ce qui est dit pendant ces trois jours restera au cœur de chacun des participants qui sont liés par la discrétion. La discrétion de ne pas divulguer les discussions, d’écouter les questionnements et de ne pas juger.  L’humanisme présent lors de chacune de vos rencontres vous touchera. Vous apprendrez à construire votre écoute par des témoignages qui sauront vous secouer et vous inspirer.  Nous avons tous une histoire différente, une relation particulière qui nous lie avec Dieu. Vous apprendrez à mieux comprendre votre histoire mais également à découvrir celle des autres. Soyez averti : la religion médiatique sera absente de votre itinéraire. La religion humaine et divine, de sacrifice, de révélation et de partage, sera tout autour de vous. Une religion authentique, où la fragilité humaine prendra place et la lucidité face à la réalité sera au rendez-vous.

Vous irez à la rencontre de différentes spiritualités, différents rapports à la foi. Ces trois jours vous permettront de vous recentrer, de vous rapprocher de l’essentiel et de voir que l’amour de Dieu passe nécessairement par l’amour de l’Autre. L’amour de l’être humain car nous avons chacun besoin des uns comme des autres. Vous verrez que Dieu est plus que jamais présent autour de nous, par nos actions : il s’agit simplement d’ouvrir les yeux. Vous serez touché par la fragilité de l’Homme, mais transporté par sa soif d’idéal et d’amour. Vous verrez Dieu en les Hommes pendant trois jours, et vous finirez empli d’espérance et de spiritualité.

Le prochain itinéraire spirituel aura lieu les 19, 20 et 21 mai 2011. Contactez Ginette Boucher au 450-679-1100 poste 267 pour plus d’informations.

Myriam

Au delà de la peur… suivre sa voie

Dans le cadre d’une émission biographique dédiée à l’actrice québécoise Marina Orsini, je l’ai entendue parler de son parcours de vie, en disant : « Mes désirs ont toujours été plus forts que mes peurs ». J’ai été charmée par cette expression qui sonnait si juste dans sa bouche.

Cette femme si inspirante pour bon nombre de québécois et de québécoises, donne le goût de croire que le mystère de la vie est bienveillant et que l’on peut faire confiance à ce feu qui brûle au fond de nous. Les personnes qui côtoient Marina Orsini témoignent d’elle comme étant une personne dont le cheminement de vie semble se dérouler comme si tout prenait sa place au bon moment. Il me semble que cela n’est pas étranger à ce regard de confiance qu’elle porte sur ses désirs et l’obéissance à ce qui appelle en elle.

Mais peut-on arriver à faire confiance aux aspirations profondes qui nous habitent sans avoir d’abord appris à entrer en soi-même? Le cheminement de Marina laisse croire que cette femme a su écouter ce qu’elle portait et faire fi des multiples voix qui auraient pu la dissuader de suivre son chemin. Nous ne pouvons que constater comment cette attitude a porté fruit dans sa vie. Cette femme rayonne de vitalité.

Et si ce désir en nous était la voix de Dieu qui nous appelle à la Vie? N’est-ce pas mystérieux ce sentiment d’être aspiré vers « plus de Vie »? Par ailleurs, ce désir, lorsqu’il n’est pas suffisamment approfondi, peut nous amener à confondre « l’appel à être », avec « l’envie d’avoir ». C’est là que la peur a de la prise. La peur n’est-elle pas liée à l’angoisse de perdre? Ce n’est que lorsque l’on goûte intensément ce sentiment de vivre pleinement en faisant des choix cohérents avec nos appels intérieurs que la peur peut être dépassée. Les « oui » aux appels que l’on ressent au plus profond de soi, nous entraînent, en quelque sorte, vers une naissance à soi-même qui n’est jamais achevée.

Pour moi, cette manière de s’engager dans la vie est une expérience spirituelle qui émane d’un sens qui nous transcende. Dans un regard de foi, j’y reconnais l’appel que Dieu nous lance, à la source même de notre désir d’être. Quand on choisit de répondre à cet appel, la vie circule et se déploie.

Quand toute une société de consommation et de performance tend à imposer ses repères de choix de carrière à lorgnette de la simple productivité, il est urgent que d’autres repères se fassent jour. Nous ne pouvons faire fi des appels qui jaillissent de la dimension spirituelle de l’être humain, sous peine de dislocation sociale et de maladie mentale. Lorsque l’on tente de faire taire les appels vocationnels qui nous habitent, c’est une société toute entière qui devient malade. Le nombre croissant de personnes souffrant d’épuisement professionnel n’est-il pas symptomatique de cette perte de repères individuels et sociaux?

Je crois que nous sommes en manque de témoins qui éveillent le goût de croire à ce qui appelle, de l’intérieur, le meilleur de soi-même.

Je vous invite à prendre le temps d’écouter l’entrevue réalisée avec Christoph Théobald, jésuite, qui nous invite à revisiter notre concept de vocation à la lumière de cet appel intérieur qui nous concerne tous et chacun.

Il a publié un volume intitulé « Vous avez dit vocation? » aux éditions Bayard, février 2010.