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Des sourires et des hommes

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui arriverait si tout le monde souriait pendant 24h ? Imaginez l’impact que cela aurait… Que de bonnes nouvelles au téléjournal, pas d’impatience dans le trafic le matin, de la sympathie pour tous! Finalement, parlons d’amour, car les deux sont intimement liés!

Ces deux éléments nous rattachent à la vie, car il nous donne l’espérance. L’espérance pour que les conditions aillent mieux qu’elles allaient. Comme chrétiens, ce sont ces valeurs fondamentales que le Christ nous enseigne. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Nous aimer mutuellement, d’égal à égal, peut commencer par un sourire à l’autre. Et ce qui est magnifique c’est que ces petits gestes guident doucement les humains vers la paix. Il y a tant de bonnes choses à sourire aux autres et à la vie si gracieusement offerte!

Finalement, je vous invite à porter attention au dernier mercredi d’avril qui se trouve à être la Journée nationale du sourire[1].

Et comme nous l’a souvent partagé Mgr Gendron depuis le début de l’année pastorale, partager la Bonne Nouvelle, l’heureuse nouvelle, ne peut se faire que par le sourire…

Céline Wakil

L’Évangile est-il crédible aujourd’hui?

Lors du passage au Québec, de Mgr Albert Rouet, dans le cadre d’un colloque organisé par  Centre Culturel Chrétien de Montréal http://centreculturelchretiendemontreal.org/index.html, sous le thème « L’Avenir de l’Évangile au Québec », j’ai pu l’entendre dans une excellente conférence qu’il a livrée sur la question de la crédibilité de l’Évangile aujourd’hui et que nous avons la joie de pouvoir réentendre sur You Tube http://www.youtube.com/watch?v=ccyf0ZmNTkc.

Son propos nous aide à comprendre l’état actuel des lieux et pourquoi, ce qu’on appelle couramment la « transmission de la foi » est devenue une opération qui ne va plus de soi. Mon intervention comme panéliste, dans le cadre de ce colloque, m’a donné la chance de témoigner de ce que je constate sur le terrain et ce que cela m’amène à percevoir comme voies d’avenir.  Étant donné que je suis impliquée à plusieurs niveaux en catéchèse, j’ai l’occasion d’intervenir dans une paroisse du diocèse où des parents, comme bien d’autres parents, se retrouvent confrontés à un langage empreint de quiproquo.

En réalité, je ne crois plus que l’on puisse parler de la foi en termes de « transmission », puisque nous nageons en plein « malentendu ». La foi ne se transmet pas. Seul le langage peut être transmis. Et c’est justement ce langage qui fait problème aujourd’hui. La non-crédibilité du langage biblique, entre autres, est liée au fait qu’il n’est pas recevable lorsqu’il n’est pas entendu au bon niveau. Bon nombre de parents qui demandent la catéchèse pour leur enfant le font sur un restant de culture chrétienne qu’il leur semble important de transmettre mais avec laquelle ils entretiennent un rapport ambiguë. Ce langage avec lequel ils ne sont pas au clair, les garde à distance tant qu’ils n’ont pas l’occasion d’en parler en vérité. À mon avis, c’est là que tout se joue. Si l’on approche ce langage, dans le même registre concret que celui de la vie courante, on se rend vite compte qu’il nous cause problème, dû à notre précompréhension du monde qui considère comme vrai, ce que notre culture actuelle induit et accepte comme « crédibles disponibles ».

Tant et aussi longtemps qu’on aborde les récits bibliques comme des observateurs extérieurs, ces histoires nous apparaissent non crédibles puisque nous les entendons dans le registre des faits divers comme s’ils étaient des reportages journalistiques d’un passé ennuyeux ou comme des récits fabuleux qui réclameraient notre crédulité. Dans un cas comme dans l’autre, comment ces récits peuvent-ils apparaître crédibles? En fait, pour que la parole biblique soit entendue et comprise sur la même longueur d’onde qu’elle nous a été communiquée, c’est nous qui devons changer de registre. Ces récits nousinvitent à un plongeon vers l’intérieur, puisque les auteurs s’adressent à nous, d’un point de vue intérieur, qui nécessite un langage symbolique pour exprimer les réalités les plus importantes et les plus universelles. C’est ainsi que le langage symbolique concilie le monde matériel et spirituel, en une alliance qui donne sens et profondeur à la vie.

Mais ce plongeon ne va pas de soi non plus. Notre rythme de vie actuel nous garde constamment à la surface de nous-mêmes alors que le langage de la Bible nous convoque à porter un regard intérieur sur notre vie afin d’entendre une Parole qui se murmure à l’intime de nous-mêmes. Sans ce niveau d’intériorité, la Bible demeure de l’ordre de l’information, sans rejoindre son but qui est celui de la rencontre avec soi-même et avec Dieu, dans une relecture de sa vie, en vérité.

Pour illustrer cela, j’aimerais vous partager une expérience vécue avec les parents que j’accompagnais l’hiver dernier, lors d’une catéchèse sur le récit de l’Exode, où ceux-ci s’étonnaient de cette image forte de la mer qui s’ouvre et encore plus de ces Égyptiens noyés dans la mer. Comment Dieu pouvait-il sauver les uns et faire périr les autres? Puis revenant sur leurs expériences précédentes vécues en catéchèse, les parents se rappelaient qu’à chaque fois que les expressions bibliques leur paraissaient impossibles de l’extérieur, une autre vérité jaillissait, lorsque leur regard se tournait vers l’intérieur. Reprenant alors la recherche dans cette direction, un parent témoigna soudain avec émotion, de sa révélation intime en disant : « J’y reconnais mon histoire! C’est ce passage que j’ai vécu l’an dernier et je peux reconnaître aujourd’hui ce que représentent ces corps gisants sur le rivage. Finalement, j’ai vécu la libération d’une forme d’esclavage, à travers ce passage. »

Chez les enfants, le passage vers ce type de parole en intériorité, se déploie sur plusieurs années, mais peut se produire plus rapidement chez l’adulte. Reconnaître et accepter cette réalité, ce délai, oblige à ajuster notre accompagnement catéchétique. Cela nous invite à retrouver la sagesse catéchétique qui accompagne ce passage, cette transformation.

Voilà pourquoi il nous faut envisager la catéchèse comme une expérience de transformation plutôt qu’une simple opération de transmission de contenus. La personne qui reçoit le langage doit se transformer pour l’entendre au bon niveau. La crédibilité de l’Évangile est à ce prix. Et si l’on parle en termes de transformation, il nous faut également envisager le rapport au temps puisque cette transformation ne peut s’opérer que dans la durée. À notre époque du « prêt à porter » et de l’immédiateté, la crédibilité de l’Évangile ne peut se conjuguer avec rapidité. Comment concilier les attentes des parents qui réclament une « transmission religieuse » expéditive, alors que l’enjeu est dans l’ordre de la transformation qui doit nécessairement se conjuguer avec le temps et l’implication intérieure? Voilà un dilemme qui est loin d’être résolu. Qu’en pensez-vous?

Colette Beauchemin

1Photo de Mgr Albert Rouet

« Vous refusez de voir la réalité des besoins religieux. »

Richard Martineau n’a pas répliqué là-dessus, alors que Julius Grey l’amenait sur le terrain de l’énoncé de principe : l’existence des besoins religieux. Le franc tireur a préféré ferrailler avec l’avocat sur l’incongruité du port du kirpan. Et je n’ai pas su ce qu’il pensait sur le fond de la question : pour lui, existe-t-il des besoins religieux?

greyEn témoignant de son apostasie, répondait-il à la question? Je ne peux le déduire puisque Julius Grey affirmait de son côté n’appartenir à aucun groupe ethnico-religieux. Et pourtant, lui, reconnaît le religieux personnel et social. J’apprécie que des personnalités de l’espace public, qui se dissocient personnellement du religieux, débattent devant nous d’enjeux de société qui ne laissent personne indifférent. Apparemment, ils se réfèrent à deux visions anthropologiques différentes de la personne : inclusive, ou non, de la dimension religieuse.

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Question Facebook – Quand sera-t-il possible d’ordonner prêtre un homme marié?

Il y a quelques temps, nous avons reçu cette question adressée à Monseigneur Berthelet sur notre Facebook. Notre évêque étant très occupé, nous avons proposé à notre blogueur Rémi de répondre à la question.

Je ne puis répondre à la place de notre évêque, mais je peux dire ce que j’en pense en partant de ce que je connais sur le sujet. Une recherche me permettrait certainement d’ajouter plus de précision à mon propos, mais au bout du compte, n’apporterait pas de réponse plus précise à votre question spécifique.

Votre question porte bien sur le «quand» c’est-à-dire le moment où cela adviendra, ou plutôt reviendra, puisque l’ordination d’hommes mariés était chose courante durant le premier millénaire de l’histoire de l’Église. Cette tradition s’est d’ailleurs maintenue dans les Églises orientales, même celle réunifiées à l’Église catholique romaine. Cette pratique des premiers siècles a été aussi restaurée chez nos frères anglicans et protestants quand l’Église d’Occident a connu ses divisions.

Saviez-vous qu’aujourd’hui il y a déjà des prêtres mariés, de rite catholique romain, exerçant un ministère pastoral? Ils proviennent des Églises anglicane ou protestantes. Dans le cas des prêtres anglicans, ils sont intégrés suite à une reconnaissance de la validité de leur ordination; pour les pasteurs protestants, on procède à l’ordination au presbytérat.

On peut donc constater que l’Église catholique autorise actuellement l’ordination d’hommes mariés à condition de venir d’une autre confession chrétienne et d’y avoir exercé un ministère équivalent à celui de prêtre.

La question plus pointue serait donc : quand le Vatican va-t-il rendre possible l’ordination presbytérale d’un homme catholique marié, comme c’est le cas pour l’ordination au diaconat d’un homme catholique marié?

La première percée, dit-on, pourrait se faire chez les peuples autochtones, là où aucune tradition culturelle ne valorise le célibat permanent. Être marié et père de famille est même requis pour attester de la maturité de tout homme et de sa capacité à exercer un leadership dans sa communauté.

Poussons plus loin la réflexion sans chercher à établir un calendrier précis. Si je vous demande : «quand l’eau devient-elle glace?» vous pourriez me dire : «à moins 0 C» ou «dans environ 1 heure» si vous venez de mettre le bac à glaçons au congélateur. Autrement dit, à quelles conditions, un jour, Rome décidera-t-il d’élargir l’accès au ministère presbytéral?

J’en vois spontanément deux : la raréfaction des candidatures acceptables selon la discipline actuelle et la pression de plus en plus grande des communautés chrétiennes en faveur de l’ordination d’hommes mariés.

Rappelons que les évêques qui ont la gouvernance pastorale de l’Église, tout en ayant la fonction de définir les conditions d’accès aux ministères ordonnés, ont aussi l’obligation de fournir aux communautés chrétiennes des pasteurs qui actualisent en plénitude la présence sacramentelle du Christ vivant dans l’aujourd’hui du monde pour le sauver.

Si la culture occidentale gréco-romaine des premiers siècles de l’Église (période de pré-chrétienté) favorisait la coexistence et la collaboration fraternelle de prêtres mariés et célibataires, je ne vois pas en quoi la période de post-chrétienté dans laquelle nous sommes plongés, n’appelle pas d’elle-même cette ouverture, comme elle l’appelle pour bien d’autres dimensions de la vie en Église.

Je sais qu’au Québec, l’eau gèle certainement en décembre et qu’il y a toujours un dégel au printemps. Quant à la première ordination presbytérale d’un homme marié, je ne sais pas, sinon que ce sera un jour de printemps.

Voici deux liens pour poursuivre la réflexion sur le sujet:
http://www.rfj.ch/rfj/Actualite/Regionale/10810Soutien-a-l-ordination-d-hommes-maries-dans-l-Eglise-catholique.html
http://www.dimanche.be/Liege-couronne-urbaine.html