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Pas d’avenir
2/09/11
Voilà que le temps des vacances se termine. Nous avons cassé la routine de l’année, en changeant notre horaire, nos activités, et probablement de décor.
Plusieurs d’entre nous sont devenus plus intensivement des marcheurs de trottoirs urbains, de sentiers pédestres, ou de randonneurs de forêt, ou des pèlerins.
Qu’ont été vos pas? Où vous ont-ils menés?
Beaucoup ont emprunté les chemins de Compostelle pour « ouvrir des chemins dans leur cœur » comme dit le psaume 83, v.6.
Il y a des pas inutiles
Et ceux qui sont vils
Il y a les pas de la gratuité
Guidés par l’altérité
Il y a les pas perdus
Qui sont pas de salut
Pas vers l’inconnu
Sans être pas d’intrus
Pas vers l’intérieur de moi
Pour mieux aller vers toi
Pieds nus aux souliers usés
Âme nue en quête d’éternité
Du théâtre de la vie, brûler les planches
Cri d’espérance au monde qui flanche
Porter sa voix, porter ses pas
Jusqu’à demain, jusque Là-bas.
Maranatha
Rémi Bourdon
Prendre le temps de prendre son temps
21/08/11
En février dernier, de passage à Paris, j’en ai profité pour aller à une activité liturgique proposé par les Jésuites, La Messe qui prend son temps. Des amis y avaient participé et en étaient revenus presque transformés. Cette messe s’adresse prioritairement aux jeunes universitaires et jeunes professionnels. J’avais hâte, d’une part, de vivre une célébration avec des jeunes adultes, ayant moi-même traversé de peu la cinquantaine. D’autre part, je voulais expérimenter le « qui prend son temps ». Qu’est-ce que cela voulait signifier? Une messe qui s’étire en longueur? Une messe avec un débit lent? Des chansons lentes? Des déplacements lents?
Je suis arrivée sur les lieux un peu à l’avance. Une dizaine de jeunes se familiarisaient avec les chants. On nous a invités à joindre nos voix aux leurs. Il y avait déjà une belle énergie, et une trentaine de jeunes adultes commençaient à prendre place autour de l’autel, central dans la pièce. À 19h00 – parce que la Messe qui prend son temps est célébrée le dimanche en soirée – nous étions au moins 200, dont une vingtaine de ma catégorie. J’ai vécu, ce soir-là, une vraie rencontre communautaire, un cœur à cœur avec Dieu. On a « pris le temps » de faire les choses, de poser les gestes, de s’instruire, d’échanger, de fraterniser… et surtout de méditer. Parce que les trois temps forts de cette eucharistie sont : un enseignement, une méditation personnelle en silence et un temps de partage, qui permettent d’entrer en relation avec Dieu, soi-même et les autres. Au terme de la messe, un temps d’amitié autour d’un « pot » convivial.
J’étais à Paris pour 10 jours. J’ai donc pu vivre une Messe qui prend son temps à deux reprises, histoire de vérifier si je ne rêvais pas. Ce fut une dégustation pour les sens et pour le sens à chaque fois.
À mon retour, je n’avais que le goût de partager mon expérience, une expérience toute simple dans le fond, une liturgie comme on en voit à travers toute l’Église, mais une expérience que l’on prend le temps de goûter, et de faire du sens au plus profond de soi. À ma grande surprise, chaque fois que j’en parlais à un jeune adulte, de tout acabit, je recevais cette réponse : « Si tu en organises une, je suis prêt à tenter l’expérience! » Chacun avait ses raisons diverses de vouloir vivre une Messe qui prend son temps : par curiosité, par solidarité, pour se retrouver entre jeunes, mais aussi pour se déposer dans un monde où on prend rarement le temps de le faire, pour entendre le silence, pour prendre du temps pour soi tout simplement et pour Dieu en écho.
En passant, Il y aura une Messe qui prend son temps en septembre prochain, le 18, à 19h00, à Chemins de vie…
Francine Vincent
Renaître de ta Parole
11/08/11
Depuis un an, des chrétiens se rencontrent régulièrement en petits groupes pour échanger sur des textes bibliques. Trois paroisses ont proposé cette démarche qui devrait progressivement s’étendre à d’autres. Ce projet diocésain vise à donner la parole à tous les baptisés pour qu’ils découvrent que dans leurs échanges, leurs paroles redonnent vie à ces textes, vieux de 2000 ans et plus. En les parlant, ils nous parlent. Ils nous rejoignent dans nos histoires personnelles.
Le projet Renaître de ta Parole vise aussi à donner la parole sur l’avenir des communautés chrétiennes. Dans le Carnet du participant, ils sont invités à donner leur avis sur diverses affirmations. En voici une à titre d’exemple :
Les parents souhaitent le meilleur avenir pour leurs enfants. Ils consacrent beaucoup d’énergie pour qu’ils développent leurs capacités au plan physique, intellectuel, culturel. Ils ont le souci de leur transmettre eux-mêmes le meilleur de ce qu’ils ont reçu. Mais quand il s’agit de leur héritage spirituel, la plupart se sentent démunis, tandis que d’autres laissent le terrain vacant en se disant : « Mon enfant décidera lui-même plus tard. » Dans nombre de familles de baptisés, les convictions et les habitudes chrétiennes ne sont alors plus ou peu transmises d’une génération à une autre.
Chaque participant exprime son accord ou son désaccord avec l’énoncé, y apporte des nuances ou ajoute d’autres considérations. Voici des résumés d’échanges :
- Les parents font baptiser leurs enfants mais ne continuent pas à transmettre les convictions religieuses. Il est facile de dire : « mes enfants choisiront par eux-mêmes plus tard», mais comment choisir, si à la base ils n’ont aucun point de départ, puisqu’il n’ont reçu aucune éducation religieuse.
- Dans les familles, la religion est taboue par crainte d’affrontements, et par le fait même de couper les liens souvent fragiles entre les membres d’une même famille (oncles, grands-parents, cousins et autre)
- Les jeunes parents trouvent que la catéchèse pour l’initiation sacramentelle prend trop de temps. Pour beaucoup de jeunes familles, le temps manque pour la pratique religieuse.
L’avenir de nos communautés chrétiennes repose sur leur capacité à se régénérer par la Parole de Dieu et par les paroles de ceux qui veulent la prendre: pratiquants réguliers, occasionnels, proches ou éloignés de toutes générations.
Vous sentez-vous concernés?
Rémi Bourdon
Responsable du projet Renaître de ta Parole
Les JMJ : une voie vers le Christ
1/08/11

1 août 2011. On est fébrile ! Le 9 juillet dernier, Mgr Gendron a célébré la messe d’envoi de la délégation jmjiste diocésaine ! Vivre les JMJ, ce n’est pas seulement le trip d’un voyage, c’est un cheminement de vie qui s’amorce chez certains, qui se poursuit chez d’autres : un pèlerinage.
Voici une démonstration de la manifestation de la foi des jeunes et de la jeunesse et surtout au Québec. Ce n’est pas facile d’être un adolescent ou un jeune adulte affirmé dans sa foi; honnêtement, ça prend du courage !
C’est pourquoi passer par le biais d’un pèlerinage peut être une manière de découvrir la foi qui émerge en chacun d’eux. Face à la situation actuelle de la place de la religion dans la société, l’Église propose cet « outil » à la jeunesse afin qu’elle découvre la foi et la spiritualité qu’elle porte.
Que la JMJ 2011 soit un tremplin vers le cheminement spirituel des jeunes et non pas une finalité en soi ! C’est mon souhait le plus cher pour cette JMJ ! Un tremplin, ça propulse vers le haut et comme la gravité nous attire, il y a de bonnes chances que l’on retombe. C’est donc avec l’aide et le soutien de nos paroissiens, amis, diocésains, familles et bien évidemment, et surtout, celui de Jésus-Christ que cette marche de vie, ce saut est possible. Les jeunes, plus que jamais, ont besoin du soutien de la communauté chrétienne.
Bon été à tous !
Céline Wakil
Espace de gratuité!
14/07/11
Que nous reste-t-il d’espace de gratuité dans notre vie moderne au rythme accéléré? Tout le monde se plaint de manquer de temps pour faire tout ce qu’il y a à faire. Tout va si vite que l’on ne sait plus comment arrêter le temps.
Je me souviens d’un film de Star Trek où l’équipage avait trouvé une planète où il était possible d’arrêter le temps. Lorsqu’un moment se révélait précieux entre deux personnes, tout semblait s’arrêter. Le réalisateur du film avait produit des effets spéciaux qui laissaient voir cet arrêt du temps, où l’on pouvait distinguer le battement d’aile d’un oiseau mouche. Cela illustrait magnifiquement l’expression que l’on voudrait vraie « arrêter le temps ».
Je m’interroge souvent sur l’utilisation que je fais du temps qui m’est donné. Pourquoi cette obsession de manquer de temps et de devoir faire davantage? Notre société de consommation et de performance a énormément changer notre perception du temps. Tout le temps dont on dispose doit être utile et productif, comme si la vie tenait sa valeur dans le faire et l’avoir.

Je sais pourtant qu’il n’en ait rien, car on n’apporte rien de tout cela dans notre tombe. Mais l’illusion est puissante et elle est entretenue par la mentalité ambiante. D’où l’importance de choisir consciemment de s’arrêter pour goûter le simple fait d’exister.
Mais exister ne veut rien dire si je ne suis pas quelqu’un pour quelqu’un d’autre. Quand je me retrouve en prière en présence de Dieu qui me révèle ma valeur; quand je prends le temps de partager des moments de pure gratuité avec des personnes qui me sont chères, tout le reste retrouve sa place et son sens. Il me semble que l’enjeu est là. C’est le sentiment profond d’avoir de la valeur pour quelqu’un et pas simplement pour ce que je fais qui me donne le sentiment d’exister. Être ancrée dans cette certitude est de l’ordre du spirituel et entretenir cette conscience est un réel défi dans notre contexte actuel.
Mais, Dieu merci, ces moments de gratuité sont accessibles à qui décide de s’arrêter pour les goûter. C’est alors que la vie prend toute sa densité et que l’essentiel se révèle Présence? Quel avantage l’homme a–t–il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui–même ? (Lc 9,25)
« Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. C’est bien Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée. » (Lc 10, 41-42)
Colette Beauchemin
L’itinéraire spirituel: un chemin extraordinaire à la rencontre de Dieu.
4/02/11
Pensez-vous connaitre Dieu? Avez-vous soif de sa découverte? Deux fois par année, le diocèse de Saint-Jean-Longueuil organise un itinéraire de trois jours au cours desquels différentes communautés chrétiennes sont visitées. Cet itinéraire est, pour beaucoup, un chemin pour découvrir ou redécouvrir l’humain et son rapport avec Dieu. Et surtout se redécouvrir soi-même.
Avec la sortie dans les prochains jours au Québec du film Des hommes et des Dieux, cet itinéraire résonne comme une recherche pour comprendre toutes ces personnes qui ont décidé, un jour, de dévouer leur vie à leur foi. Une foi qui nous touche toutes et tous, même si la société d’aujourd’hui peine à comprendre certains principes spirituels comme la solitude, la prière ou l’abandon du matérialisme.
Lors de ce chemin, vous ne connaitrez jamais quelle sera la prochaine destination avant d’y être arrivé. Vous prendrez le temps de réfléchir, de méditer, d’écouter, d’aller à la rencontre de l’autre. Vous serez touchés par les témoignages de ceux qui vous ouvrent leur maison, mais également des personnes qui vous accompagnent. Quelque chose de très particulier unit ces personnes : l’abandon. L’abandon de la peur qui résulte en une ouverture de soi. Ce qui est dit pendant ces trois jours restera au cœur de chacun des participants qui sont liés par la discrétion. La discrétion de ne pas divulguer les discussions, d’écouter les questionnements et de ne pas juger. L’humanisme présent lors de chacune de vos rencontres vous touchera. Vous apprendrez à construire votre écoute par des témoignages qui sauront vous secouer et vous inspirer. Nous avons tous une histoire différente, une relation particulière qui nous lie avec Dieu. Vous apprendrez à mieux comprendre votre histoire mais également à découvrir celle des autres. Soyez averti : la religion médiatique sera absente de votre itinéraire. La religion humaine et divine, de sacrifice, de révélation et de partage, sera tout autour de vous. Une religion authentique, où la fragilité humaine prendra place et la lucidité face à la réalité sera au rendez-vous.
Vous irez à la rencontre de différentes spiritualités, différents rapports à la foi. Ces trois jours vous permettront de vous recentrer, de vous rapprocher de l’essentiel et de voir que l’amour de Dieu passe nécessairement par l’amour de l’Autre. L’amour de l’être humain car nous avons chacun besoin des uns comme des autres. Vous verrez que Dieu est plus que jamais présent autour de nous, par nos actions : il s’agit simplement d’ouvrir les yeux. Vous serez touché par la fragilité de l’Homme, mais transporté par sa soif d’idéal et d’amour. Vous verrez Dieu en les Hommes pendant trois jours, et vous finirez empli d’espérance et de spiritualité.
Le prochain itinéraire spirituel aura lieu les 19, 20 et 21 mai 2011. Contactez Ginette Boucher au 450-679-1100 poste 267 pour plus d’informations.
Myriam
Science et foi (6e partie) : l’impact du Siècle des Lumières sur l’évolution des mentalités
6/01/11
Dans la deuxième moitié du 18e siècle, qu’on nomme paradoxalement le Siècle des Lumières, l’attitude critique à l’égard de la religion catholique se radicalisa. Des philosophes comme Voltaire (1694-1778) ou d’Holbach (1723-1789) dénoncèrent l’obscurantisme et l’intolérance des croyants. La Révélation fut considérée comme un tissu de fables fantaisistes et enfantines et l’Église comme un instrument d’endoctrinement et d’oppression. Ceux qu’on appela les encyclopédistes[1], Denis Diderot (1713-1784) et Jean Le Rond D’Alembert (1717-1783) en tête, professèrent ouvertement l’athéisme ou confessèrent tout au mieux un Dieu-horloger, expert en mécanique céleste, mais indifférent au sort des hommes, à leur bonheur comme à leur malheur. L’époque se croyait prête pour la liquidation générale du christianisme.
Frère André : portier d’espérance – par Jacques Gauthier
15/10/10
À la fin du 19e siècle, un frêle religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, portier au collège Notre-Dame à Montréal, contemplait souvent la montagne qui se dressait devant sa fenêtre. Il y voyait un oratoire dédié à la gloire de saint Joseph. Cette vision était portée par une foi à transformer les montagnes. Le rêve deviendra réalité. À sa mort en 1937, un million de personnes convergeront vers la dépouille de l’humble frère au pied de l’Oratoire du Mont-Royal qui deviendra le plus grand lieu de pèlerinage au monde consacré à saint Joseph.
Frère André sera déclaré saint à Rome par Benoît XVI le 17 octobre 2010, devenant ainsi le premier homme né au Canada à recevoir un tel honneur, après Marguerite d’Youville, canonisée en 1990. Un grand rassemblement au Stade olympique de Montréal le 30 octobre permettra à des dizaines de milliers de fidèles de célébrer cette figure spirituelle unique au pays.
Plusieurs trouvent en frère André un ami qui est proche d’eux et qui les aide à vivre. Il fait partie de notre histoire, de la famille, comme Maurice Richard et Félix Leclerc. On reconnaît en ces éveilleurs des valeurs qui nous caractérisent souvent : audace, authenticité, courage, détermination, humilité, humour, simplicité. Certes, frère André est un saint qui éclaire, non une star qui brille, car il irradie l’amour de Dieu, mais il ne s’est pas fait tout seul.
Science et foi : pour aller au-delà des oppositions simplistes (3e partie)
28/09/10
Dans cet article, Alex La Salle poursuit sa réflexion sur le juste rapport à établir entre science et foi. La première ainsi que la deuxième partie du texte sont disponibles. Vous êtes invités à les lire, si cela n’est pas déjà fait. Nous espérons que vous trouverez le sujet aussi passionnant qu’il l’est pour nous.
Dans l’article précédent, nous avons vu comment l’idéalisation de la science moderne pouvait conduire au scientisme, cette idéologie qui prétend que la méthode expérimentale des sciences pures est la seule démarche de l’esprit pouvant conduire à la connaissance et au bonheur. Nous avons vu comment la démarche méthodique de l’esprit scientifique pouvait être irrationnellement investie d’une mission et d’un rôle à caractère religieux, qui déborde de beaucoup ses prétentions légitimes, concurrence la religion sur son propre terrain et promeut la confiance en la science comme forme nouvelle de religiosité à la disposition des sceptiques et des athées.
Le scientisme connut son âge d’or durant les années 1850-1914. Cette époque de triomphalisme est depuis longtemps révolue. Le recul de l’idéologie scientiste après 1914 s’explique en grande partie par le cataclysme de la Première Guerre mondiale et le spectacle immonde des carnages causés par l’industrialisation de l’armement. Ces événements ébranlèrent gravement les fondements de la culture européenne moderne issue de la révolution scientifique (17e siècle) et de la philosophie des Lumières (18e siècle). Face à l’ampleur du désastre et suite à l’hécatombe atroce qui coûta la vie à plus de 10 millions d’hommes – chose inédite dans l’histoire européenne de l’époque – les Européens comprirent les limites de la raison technoscientifique et sentirent le besoin de revoir leur conception du savoir et de la raison.
À titre d’exemple, dans les années 1920, le mouvement artistique et littéraire surréaliste, dont André Breton (1896-1966) fut la figure de proue, contribua à cette remise en question du règne sans partage de la rationalité scientifique, en s’appuyant entre autres sur les découvertes du freudisme. Puis, à partir des années 1930, 1940 et 1950, les recherches de nombreux scientifiques, dont celles de Mircea Eliade (1907-1986) en histoire des religions, de Claude Lévi-Strauss (1908-2009) en anthropologie ou de Georges Gusdorf (1912-2000) en philosophie, modifièrent profondément la compréhension qu’avaient les savants de la pensée mythique et symbolique, à laquelle on reconnut enfin une valeur et une cohérence certaine.
Jacques Maritain (1882-1973)
Chez les catholiques, le renouveau de la philosophie thomiste mené par des penseurs comme le père Antonin Sertillanges (1863-1948), Jacques Maritain (1882-1973) ou Charles de Konink (1906-1965) permit à la culture occidentale de trouver dans l’exercice de la rationalité philosophique un espace où les facultés naturelles de l’esprit humain pouvaient se déployer librement et retrouver toute leur amplitude. Ce renouveau du thomisme, initié par le pape Léon XIII, dès 1879, avec la publication de l’encyclique Æterni Patris, continue d’inspirer la pensée catholique contemporaine, comme en témoigne la publication récente par la commission théologie internationale d’un ouvrage de philosophie morale intitulé À la recherche d’une étique universelle. Nouveau regard sur la loi naturelle. Pour consulter cet ouvrage en ligne, il suffit de cliquer ici.
Ainsi, grâce au rayonnement de divers courants de pensée spiritualistes en littérature, en sciences humaines ou en philosophie, l’influence du rationalisme sur le milieu universitaire fut contenue jusqu’à la cassure culturelle des années 1960. L’idée que la raison puisse à tout le moins dialoguer, sinon collaborer avec d’autres modes d’appréhension du réel, telles l’imagination ou la foi, était acceptée par les esprits de l’époque et on reconnaissait que ce dialogue ou cette collaboration pouvaient servir la quête de savoir et de sens des hommes. Il en découlait que le climat intellectuel était généralement plus réceptif aux sollicitations du mystère et que les hommes regardaient plus volontiers au-delà des rivages de la raison, vers l’absolu. Le christianisme, et particulièrement le catholicisme, tirait avantage de ce climat d’ouverture.
À suivre….
Sur la question de mourir dans la dignité
16/09/10
Il me semble important de s’attarder à cette question importante que notre société soulève actuellement. Elle oblige chacun et chacune à se faire une idée sur la réalité de la mort et de sa mort personnelle.
La foi chrétienne considère la mort comme un passage vers une Vie en plénitude, et ne conçoit pas ce moment de passage comme étant dans l’ordre de nos choix personnels. Pourquoi est-ce que nous n’aurions pas le droit de choisir de mettre fin à notre vie ? Pourquoi ce geste serait-il quelque chose qui ne nous appartient pas ?

L’un des commandements nous renvoie à cet interdit « Tu ne tueras pas ». Mais est-ce simplement dans l’ordre de l’autorité de Dieu que nous devons ou pouvons comprendre ce refus de notre autonomie face à la fin d’une vie ou de notre vie? Il me semble qu’il s’agit d’un interdit qui nous révèle d’abord et avant tout le danger de nous tenir en juge devant ce moment ultime. Qui sommes-nous pour juger du temps de la fin de la vie d’une personne, même avec le consentement de celle-ci? Pour ma part, il m’apparaît dangereux de se réclamer de ce droit. Une société qui en vient à relativiser l’importance de ce geste, se voit entraîner dans une pente glissante. C’est notre conception de l’humain et de l’humanisation qui est en cause.
Bien qu’il s’agisse d’une question qui touche à notre nature humaine et à la vérité de notre être, le relativisme ambiant tend à relayer les arguments des croyants au niveau du respect des croyances.
Je crois que nous avons besoin, comme croyants, de ne pas nous cantonner dans des arguments qui ont tendance à ne pas être pris au sérieux par les non-croyants. Nous devons nous solidariser avec tous ceux et celles qui reconnaissent la dignité de la personne humaine, jusqu’au dernier moment de sa vie. C’est pourquoi je vous invite à vous joindre au manifeste mis en ligne par l’organisme « Vivre dans la dignité ».
La mission de Vivre dans la Dignité est de promouvoir la protection de la vie et de la dignité, inhérente et inaliénable, des personnes rendues vulnérables par la maladie ou la vieillesse en leur assurant un accompagnement empreint de compassion.

