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Tag Archives: pauvreté

Réflexions sur l’itinérance

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Des participants à la 16e Nuit des sans-abri de la Rive-Sud au Phare de Longueuil.

La 16e Nuit des sans-abri de la Rive-Sud a réussi, encore cette année, a sensibilisé la population aux réalités des personnes sans-abri.  Pas moins de 300 personnes ont marché en solidarité avec ces femmes et ces hommes, qui par dizaines, passent leur quotidien dans un environnement extérieur, sans toit, ni chauffage, sans être à l’abri des marchands de drogues,  des réseaux de prostitution ou encore des problèmes de consommation d’alcool.

L’itinérance touche tous les âges et ses répercussions affectent l’ensemble de la société.

Peut-on faire davantage pour aider une personne placée en situation de précarité extrême?

Le Phare de Longueuil, un organisme s’adressant aux 16-35 ans par des activités en milieux dits marginalisés (milieu de l’itinérance, milieu carcéral, toxicomanes …) a voulu pousser un peu plus loin cette réflexion sur l’itinérance.  À la conclusion  de cette marche, un groupe supervisé de 15 jeunes du Collège Sainte-Trinité a répondu positivement, à l’invitation de l’organisme pour une nuit à la belle étoile.

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Pauvreté: Se donner les moyens de cultiver d’autres ambitions

cqsp-logo-2« Le Collectif pour un Québec sans pauvreté profite de l’occasion qu’offre la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté pour jeter un regard critique sur l’action gouvernementale des douze derniers mois. Or force est de constater que le gouvernement du Québec a appauvri délibérément des milliers de citoyenNEs au cours de cette période, notamment en effectuant des coupes dans le programme d’aide sociale et en se refusant à mettre de l’avant quelque nouvelle mesure structurante que ce soit.

Ce gouvernement se plaît à dire que son action se fonde sur quatre piliers, dont l’un est la solidarité. « Quoi qu’il dise de son action en matière de lutte à la pauvreté, la réalité est toutefois qu’il y a encore 750 000 QuébécoiSEs dont le revenu est insuffisant pour couvrir leurs besoins de base » d’affirmer Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.

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Les trois vertus franciscaines -Tome 1: La pauvreté

En août dernier, j’ai eu la joie de vivre l’Expérience d’Assise 2013. Pendant 18 jours, j’ai marché avec 18 autres personnes sur les traces de saint François d’Assise, dont la fête est le 4 octobre. Lors de la visite de l’église San Francesco, à Assise, j’ai été rejointe par trois fresques représentant les trois vertus franciscaines – la Pauvreté, la Chasteté et l’Obéissance. Voici ce que j’ai retenu de la présentation du guide franciscain.

François et Dame Pauvreté

Détails des fresques de l’église San Francesco, à Assise.

Détails des fresques de l’église San Francesco, à Assise.

Le cou cassé et l’œil rivé sur le plafond, j’étais absorbée par les enseignements du guide franciscain. Il a pris le temps de nous décrire les éléments symboliques de la fresque. D’abord, la pauvreté y est représentée par une pauvre femme en haillons à qui des enfants jettent des pierres ou menacent de leurs bâtons. Cette femme porte des ailes. Des ailes, ça nous connecte dans le monde de Dieu. Le Christ, représenté entre François et la pauvre Dame, est en train de les marier devant de nombreux témoins : une foule d’anges, l’Espoir et la Chasteté personnifiés. Deux anges portent des biens terrestres vers le ciel. De chaque côté de la fresque, on y découvre les réactions du monde terrestre : D’un côté, un jeune homme imite François en donnant son manteau tandis que de l’autre côté, des riches tournent le dos à la pauvreté et s’accrochent à leurs sacs d’argent.

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Pour que le 17 octobre 2012 fasse histoire

journée internationale sans pauvretéNotre vie collective est faite d’une quantité d’histoires, politiques ou sociales, banales ou extraordinaires. Des histoires dont nous avons honte, d’autres dont nous sommes fiers. Aujourd’hui pourrait être la première journée d’une nouvelle histoire. Une histoire où la solidarité serait source de fierté.

Mais, il reste beaucoup de travail à faire : Parce qu’en ce moment même, les peuples autochtones, et en particulier les femmes autochtones, sont au tout dernier échelon de la société. La main-d’œuvre étrangère est traitée comme un produit jetable, les immigrants comme des profiteurs et les réfugiés comme des parasites. … Les personnes travaillant au salaire minimum ont faim, sont mal logées et ont très peu de protections sociales. …Et c’est comme si les personnes assistées sociales n’étaient plus membres de notre société, comme si les droits humains ne s’appliquaient plus à elles. Il semble maintenant acceptable de les dépeindre comme des gens incapables, ou comme un fardeau écrasant pour les contribuables. Voleuses, fraudeuses, paresseuses : tout peut être dit à leur sujet; il n’y a aucune limite.

Pourtant, en 2002, les parlementaires ont voté une loi pour lutter contre la pauvreté. Ça semblait être un pas dans la bonne direction. Nous devions faire partie, d’ici 2013, des nations industrialisées comptant le moins de personnes en situation de pauvreté. Depuis, …nous avons grandement amélioré la couverture des besoins de base de la majorité des enfants et de leurs parents, mais à une condition : qu’ils vivent dans une famille avec deux parents. C’était en 2004. Les gouvernements successifs se sont servi de cet exemple …pour justifier leur inaction, au lieu de s’en inspirer pour faire encore mieux.Pendant que certains se gargarisent de leurs bons coups, des bons coups qui commencent à dater, des gens meurent de pauvreté.

Aujourd’hui n’est pas supposé être un jour ordinaire. Pour les États membres de l’Organisation des Nations Unies, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. Au Québec, des dizaines de milliers de personnes se battent tous les jours pour les espoirs et les aspirations des plus pauvres : Ceux et celles qui offrent des services et défendent les droits des exclus dans les groupes communautaires. Les travailleurs et travailleuses du système de santé qui compensent pour les conséquences terribles de la pauvreté sur la santé physique et mentale des personnes qui la vivent. Les étudiants et les professeurs qui se battent farouchement pour préserver l’accessibilité aux études universitaires. Et ce ne sont là que quelques exemples.

La solidarité au Québec est manifeste, surtout dans le quotidien. Notre engagement dans la lutte contre les effets de la pauvreté nous a quelques fois fait oublier que la pauvreté est une décision politique et qu’il pourrait en être tout autrement. Faisons donc du 17 octobre 2012 la première journée d’une nouvelle histoire. Une histoire écrite par nous tous. Parce que nous y croyons. Une histoire de justice et d’égalité. Une histoire de fierté, de solidarité et d’engagement.

Collectif pour un Québec sans pauvreté www.pauvrete.qc.ca

Daniel Pellerin

En veux-tu? En vlà!

J’ai reçu une pelletée de demandes de dons de charité. J’en ai compté 53 depuis janvier dernier. Il m’est arrivé de payer ma dîme deux fois. Maintenant, j’empile les enveloppes pour tout traiter d’un coup; cela me permet d’avoir vue d’ensemble et de pondérer les demandes. Ce déferlement se produit depuis deux ans. Je soupçonne qu’il y a eu coulage de listes de donateurs sur lesquels mon nom apparaît. J’ai reçu des petits cadeaux dont 6 fois des autocollants avec mon adresse.

Que faire : augmenter mes dons? Saupoudrer sur toutes les demandes? Pendant deux heures, j’ai classé la paperasse répandue sur la table, et noté mes priorités jusqu’à hauteur de 25 dons, chéquier et carte de crédit en main. Pas facile d’éliminer des causes humanitaires, après avoir mis de côté la cause animalière.

Le matin, j’avais lu Matthieu 25, en ce dimanche du Christ Roi de l’Univers. Rien dans ce texte pour se retenir la générosité.  « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous…; j’étais un étranger, et vous… ; j’étais nu, et vous …; j’étais malade, et vous …; j’étais en prison et vous …» Après tout, je veux devenir un « juste » pour m’entendre dire à moi aussi: « Venez les bénis de mon Père. » Puis je regardai la pile de mes refus.  Et résonna l’autre versant du texte : « Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne… et vous ne… et vous ne… »

Ombre et lumière sont bien le lot de notre cœur, ivraie et bon grain, parure de notre champ. Et limitées nos ressources personnelles. « Dieu saura bien m’accueillir » me dis-je en ramenant mon regard sur la première pile de lettres. « M’accueillir », mais selon ce texte, non en raison de ma foi.

« La réponse de Mt 25 à l’enjeu du devenir humain est que tout se joue dans le rapport aux laissés pour compte de la société.  Le statut social ne sert à rien. La richesse accumulée ne sert à rien.  La science apprise ne sert à rien.  La performance religieuse, politique, sportive ne sert à rien.  La grandeur d’un être humain se mesure au soin qu’il ou elle a pris des plus petits. »[1]

Déroutant ce Dieu qui n’absolutise pas la foi en Lui, mais qui ne tolère pas qu’on ne reconnaisse pas concrètement la dignité de tout Humain!