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Si c’était vrai!
3/01/12
La chanson de France d’Amour joue à la radio.
« Si c’était vrai, si c’était vrai, qu’est-ce qu’on en ferait?
Si c’était vrai, si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? »[1]
En écoutant ces paroles, je me dis que c’est de plus en plus de cette manière que se pose aujourd’hui la question de la foi.
Rien d’une évidence, comme au temps de nos grands-parents. Aujourd’hui, la question de la foi est précédée d’un « si » qui ouvre une interrogation sur la vérité de la foi, qu’elle soit chrétienne ou autre.
Aujourd’hui, chacun est à la charge de trouver et d’assumer sa vérité et de la vivre. Ce que l’on croit fondamentalement devient en quelque sorte ce que l’on en fait, ce que l’on incarne personnellement et collectivement.
La vérité de la foi ne peut plus s’imposer d’un lieu d’autorité, comme ce fut le cas à l’époque de la chrétienté, car chacun choisi dorénavant ce qui fera autorité dans sa vie. Je ne peux que me réjouir de cette perte d’autorité de l’Église qui se retrouve ramenée à simplement proposer la vérité qui la fait vivre. Comme l’a fait Jésus de Nazareth, à travers ses paroles et ses gestes, la vérité de la foi chrétienne ne peut être que de l’ordre de la proposition de sens et d’espérance; de l’ordre du pari. Sur quoi mises-tu ta vie? Qu’est-ce qui lui donne sens et consistance? La vérité que la foi nous propose est appelée à être éprouvée et non pas prouvée. Le langage de foi n’aura de poids que dans la mesure où son sens sera expérimenté. Le « si » qui précède le « vrai » oblige la proposition de foi à passer au creuset de l’expérience, pour pouvoir s’affirmer avec crédibilité, jusque dans l’agir. Sinon, les affirmations de foi ne seront que cymbales retentissantes (1 Co 13,1), comme nous le rappelle saint Paul. Et pourtant, Paul qui était rempli d’une foi si ardente n’a-t-il pas aussi essuyé un refus de la part des gens d’Athène, alors qu’il était venu leur parler du Dieu inconnu (Ac 17,23), à ceux-ci qui ne manquaient pas de divinités au marché des croyances?
Quand les chrétiens confessent le Christ ressuscité, cette vérité ne peut pas effacer la dure réalité de la mort et ce Dieu-là, qui ne nous épargne pas la mort, ne sera peut-être jamais le plus populaire. On préfère souvent se réfugier dans des paradis artificiels pour éviter d’affronter la réalité de notre finitude et de notre mort. Et pourtant, la vraie vie n’est-elle pas là où se profile la mort, c’est-à-dire, là où notre fragilité appelle le meilleur de nous-mêmes et nous rappelle que l’amour est la seule vérité qui vaille la peine d’y consacrer toute sa vie?
Si c’était vrai, est-ce qu’on y croirait? Qu’est-ce qu’on en ferait?
La croix n’est-elle pas, encore aujourd’hui, scandale pour les uns et folie pour les autres? Qui est donc ce Dieu qui n’a jamais voulu prouver sa vérité autrement qu’en se donnant par amour?
Colette Beauchemin
[1] Paroles : France D’Amour, Roger Tabra. Musique: France D’Amour 1998 « Le silence des roses » © Tacca Musique
Des hommes et des dieux
1/02/11
Le 21 mai 1996, j’étais à l’abbaye cistercienne de Tamié, en Haute-Savoie, lorsque la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. Les sept moines de Tibhirine, enlevés dans la nuit du 26 mars, avaient été assassinés. Deux venaient de Tamié : le plus jeune, Christophe, âgé de 45 ans, et Paul, arrivé en Algérie en 1989. Je devais prononcer une conférence sur les hymnes liturgiques du poète Patrice de La Tour du Pin. Quelle parole pouvait traduire le profond silence qui émanait du chœur de Tamié ? C’est avec beaucoup d’émotion que je commençai mon entretien par l’hymne de La Tour du Pin pour la Toussaint :
Comme ils étaient baptisés sous ton Nom,
Qu’ils l’ont porté jusqu’à mort et passion,
Il t’a suffi de t’appeler en eux
Pour qu’ils revivent ! Alléluia !
Le titre du film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux est tiré du psaume 81 (82) : « Vous êtes des dieux… Pourtant, vous mourrez comme des hommes ». Ce film d’une grande intériorité relate avec sobriété des parcours d’hommes libres. Il met en scène l’engagement fidèle des moines cisterciens envers le petit village de Tibhirine (mot qui signifie « jardin » en berbère) et surtout leur vie quotidienne au monastère, rythmée par le travail et la prière.

Pour avoir vécu quatre ans dans ma jeunesse à la Trappe d’Oka, je peux témoigner que la vie cistercienne est rendue avec justesse, même si l’aspect spirituel de cet engagement envers Dieu relève de l’indicible. Les comédiens sont tellement habités par le don de ces moines qu’ils deviennent eux-mêmes des passeurs, des témoins. Ils ont d’ailleurs vécu quelques semaines à Tamié avant le tournage pour s’imbiber de la vie monastique, s’initier aux us et coutumes de la communauté, apprendre les hymnes, former entre eux une fraternité.
On a parlé dans les médias français d’un grand film, d’une sorte de miracle, d’un instant de grâce qui nous marque. C’est vrai. Des hommes et des dieux nous conduit à une profondeur du cœur où les paroles et les silences sont des fenêtres qui ouvrent sur une authentique expérience spirituelle. Il faut voir ce film, et même le revoir, car le cinéma atteint ici un rare degré d’humanité, de pureté, de simplicité, de spiritualité. Pas étonnant qu’il ait remporté plusieurs récompenses, dont le Grand prix du jury au festival de Cannes, et qu’il ait été acheté dans plus de 50 pays. En France seulement, il a dépassé les 3 millions de spectateurs.
Frère André : portier d’espérance – par Jacques Gauthier
15/10/10
À la fin du 19e siècle, un frêle religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, portier au collège Notre-Dame à Montréal, contemplait souvent la montagne qui se dressait devant sa fenêtre. Il y voyait un oratoire dédié à la gloire de saint Joseph. Cette vision était portée par une foi à transformer les montagnes. Le rêve deviendra réalité. À sa mort en 1937, un million de personnes convergeront vers la dépouille de l’humble frère au pied de l’Oratoire du Mont-Royal qui deviendra le plus grand lieu de pèlerinage au monde consacré à saint Joseph.
Frère André sera déclaré saint à Rome par Benoît XVI le 17 octobre 2010, devenant ainsi le premier homme né au Canada à recevoir un tel honneur, après Marguerite d’Youville, canonisée en 1990. Un grand rassemblement au Stade olympique de Montréal le 30 octobre permettra à des dizaines de milliers de fidèles de célébrer cette figure spirituelle unique au pays.
Plusieurs trouvent en frère André un ami qui est proche d’eux et qui les aide à vivre. Il fait partie de notre histoire, de la famille, comme Maurice Richard et Félix Leclerc. On reconnaît en ces éveilleurs des valeurs qui nous caractérisent souvent : audace, authenticité, courage, détermination, humilité, humour, simplicité. Certes, frère André est un saint qui éclaire, non une star qui brille, car il irradie l’amour de Dieu, mais il ne s’est pas fait tout seul.
Au delà de la peur… suivre sa voie
7/07/10
Dans le cadre d’une émission biographique dédiée à l’actrice québécoise Marina Orsini, je l’ai entendue parler de son parcours de vie, en disant : « Mes désirs ont toujours été plus forts que mes peurs ». J’ai été charmée par cette expression qui sonnait si juste dans sa bouche.
Cette femme si inspirante pour bon nombre de québécois et de québécoises, donne le goût de croire que le mystère de la vie est bienveillant et que l’on peut faire confiance à ce feu qui brûle au fond de nous. Les personnes qui côtoient Marina Orsini témoignent d’elle comme étant une personne dont le cheminement de vie semble se dérouler comme si tout prenait sa place au bon moment. Il me semble que cela n’est pas étranger à ce regard de confiance qu’elle porte sur ses désirs et l’obéissance à ce qui appelle en elle.
Mais peut-on arriver à faire confiance aux aspirations profondes qui nous habitent sans avoir d’abord appris à entrer en soi-même? Le cheminement de Marina laisse croire que cette femme a su écouter ce qu’elle portait et faire fi des multiples voix qui auraient pu la dissuader de suivre son chemin. Nous ne pouvons que constater comment cette attitude a porté fruit dans sa vie. Cette femme rayonne de vitalité.

Et si ce désir en nous était la voix de Dieu qui nous appelle à la Vie? N’est-ce pas mystérieux ce sentiment d’être aspiré vers « plus de Vie »? Par ailleurs, ce désir, lorsqu’il n’est pas suffisamment approfondi, peut nous amener à confondre « l’appel à être », avec « l’envie d’avoir ». C’est là que la peur a de la prise. La peur n’est-elle pas liée à l’angoisse de perdre? Ce n’est que lorsque l’on goûte intensément ce sentiment de vivre pleinement en faisant des choix cohérents avec nos appels intérieurs que la peur peut être dépassée. Les « oui » aux appels que l’on ressent au plus profond de soi, nous entraînent, en quelque sorte, vers une naissance à soi-même qui n’est jamais achevée.
Pour moi, cette manière de s’engager dans la vie est une expérience spirituelle qui émane d’un sens qui nous transcende. Dans un regard de foi, j’y reconnais l’appel que Dieu nous lance, à la source même de notre désir d’être. Quand on choisit de répondre à cet appel, la vie circule et se déploie.
Quand toute une société de consommation et de performance tend à imposer ses repères de choix de carrière à lorgnette de la simple productivité, il est urgent que d’autres repères se fassent jour. Nous ne pouvons faire fi des appels qui jaillissent de la dimension spirituelle de l’être humain, sous peine de dislocation sociale et de maladie mentale. Lorsque l’on tente de faire taire les appels vocationnels qui nous habitent, c’est une société toute entière qui devient malade. Le nombre croissant de personnes souffrant d’épuisement professionnel n’est-il pas symptomatique de cette perte de repères individuels et sociaux?
Je crois que nous sommes en manque de témoins qui éveillent le goût de croire à ce qui appelle, de l’intérieur, le meilleur de soi-même.
Je vous invite à prendre le temps d’écouter l’entrevue réalisée avec Christoph Théobald, jésuite, qui nous invite à revisiter notre concept de vocation à la lumière de cet appel intérieur qui nous concerne tous et chacun.
Il a publié un volume intitulé « Vous avez dit vocation? » aux éditions Bayard, février 2010.
À la découverte de la prière…
3/05/10
En ce moment dans ma vie, je ressens le besoin de prier et l’envie que d’autres prient pour moi, pour ma famille. Mais que fait la prière dans notre vie ? Prier devrait être une habitude. Mais pour moi, cela ne l’est pas. C’est sûr que je remercie Dieu pour les bonnes choses de la vie, que je me tourne vers lui quand je suis inquiète pour mes proches, que je l’invoque devant les injustices de l’univers. Mais je dois vous avouer que je ne prie pas chaque jour et surtout pas à des moments précis. Mais quand je passe par des périodes difficiles, je me tourne vers la prière, quand ça va mal, je cherche à prier, j’ai besoin de prier. Je ne sais pas si c’est comme ça pour tout le monde.
J’ai donc cherché dans la collection de volumes de la bibliothèque du diocèse les livres récents sur ce sujet. Je vous avoue que je ne croyais pas en posséder autant. Je vois que prier est une préoccupation pour plusieurs. Les auteurs nous renseignent sur la façon de prier, nous suggère des méditations ou des prières toutes faites, nous parlent des grands priants et toujours, nous invitent à prier, à toujours prier. Je dois dire que j’aimerais bien toujours prier, offrir à Dieu mes actions, mon travail, mes journées, mes peines, mes joies et par-dessus tout, ma personne mais comme de raison, je ne sais pas vraiment comment.

Je suis allée sur Internet et sur le site des Cursillos on me renseigne sur ce qu’est la prière. Guylain Prince pense que « la prière, c’est apprendre à faire entrer le vouloir de Dieu dans la petite parcelle de l’univers » qu’il habite. Il ajoute qu’ « on apprend pas à prier en dissertant sur le pourquoi et le comment de la prière ». Il prétend aussi qu’ « on apprend à vivre avec Dieu en lui présentant nos petitesses, nos misères, nos grandeurs et nos projet ». Je veux bien le croire mais comment fait-on ?
Dans le même site, un autre auteur, Yvon-Michel Allard nous explique que « la prière n’est pas une formule magique qui nous permette de nous croiser les bras en attendant que Dieu fasse un miracle. Au contraire, elle nous aide à comprendre les problèmes et nous donne la force de trouver des réponses »
J’aime bien cette façon de voir les choses. Prier, ce n’est pas demander et attendre mais réfléchir et chercher en soi, avec l’aide de Dieu, des réponses à nos souffrances, à nos bonheurs, à nos espoirs. Ça semble bien facile. J’apprécierais beaucoup que vous me donniez vos trucs de prière. Comment faites-vous ? Quand priez-vous ? Quel bonheur cela vous apporte-t-il ? Est-ce vraiment aidant ? Et s’il-vous-plait, priez pour moi et mes proches, nous en avons vraiment besoin.
Je vous indique le site retenu et les titres de volumes récents que nous possédons au diocèse.
Sur Internet :
http://cursillos.ca/priere/priere-commentaires.php
À la bibliothèque du diocèse :
Un moment donné. – Denis Rivest. – Novalis, 2009, 114p.
40 jours avec Maurice Zundel et les Pères du désert. – Patrice Gourrier et Jérôme Desbouchages. – Presses de la Renaissance, 2009, 279p.
Quel est ton nom ? – Claude Duchesneau. – Arsis, 2009, 256p.
Guide pratique de la prière chrétienne. – Jacques Gauthier. – Presses de la Renaissance, 2010, 323p.
Maîtres spirituels pour aujourd’hui. – Pierre Charland, Yvon Poitras, Francine Vincent. – Médiaspaul, 2009, 219p.
