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« Vous refusez de voir la réalité des besoins religieux. »

Richard Martineau n’a pas répliqué là-dessus, alors que Julius Grey l’amenait sur le terrain de l’énoncé de principe : l’existence des besoins religieux. Le franc tireur a préféré ferrailler avec l’avocat sur l’incongruité du port du kirpan. Et je n’ai pas su ce qu’il pensait sur le fond de la question : pour lui, existe-t-il des besoins religieux?

greyEn témoignant de son apostasie, répondait-il à la question? Je ne peux le déduire puisque Julius Grey affirmait de son côté n’appartenir à aucun groupe ethnico-religieux. Et pourtant, lui, reconnaît le religieux personnel et social. J’apprécie que des personnalités de l’espace public, qui se dissocient personnellement du religieux, débattent devant nous d’enjeux de société qui ne laissent personne indifférent. Apparemment, ils se réfèrent à deux visions anthropologiques différentes de la personne : inclusive, ou non, de la dimension religieuse.

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Faut-il ou non porter un signe, ou bien le devenir?

Si vous portez une croix ou un voile, il s’agit probablement pour vous d’un signe ostensible (apparent). Mais pour les tenants de la laïcité stricte, ce serait plutôt un signe ostentatoire (qui vise à attirer l’attention). Un chroniqueur de C’est bien meilleur le matin semble ostensiblement privilégier ostentatoire quand il parle de signe religieux dans la fonction publique.

SigneOn va probablement clore le débat par une loi. Mais comme croyant chrétien, qui lit certaines pages d’Évangile, je suis incité à me demander : où est le plus important: avoir un signe chrétien sur soi ou être soi-même signe de Jésus Christ?

La croix portée au cou est un code, un langage largement compréhensible en Occident, associée d’abord au christianisme. Se faire identifier par ce signe aujourd’hui n’attire pas les mêmes réactions qu’au temps de la chrétienté. Certains ressentiront du harcèlement dans des attitudes ou des paroles de désapprobation.

Rappelons-nous que les premières communautés chrétiennes avaient entre eux un signe non ostensible, qui permettait à chaque membre de reconnaître en un chrétien étranger un frère en Jésus ressuscité. Le poisson dessiné furtivement sur la terre battue devenait signe de reconnaissance discret, dans une Rome cosmopolite, terre de passage devenue hostile aux disciples du Galiléen crucifié.

Les lettres du mot grec ICTUS (poisson), ont fonction d’acrostiche : Jésus Christ, de Dieu fils, Sauveur

Cette page fondatrice de l’histoire chrétienne me rend libre quant au port de tout signe ostensible de ma foi. Mais cette histoire et de nombreuses pages d’Évangile m’interpellent tout autrement quant à être moi-même signe, témoignage vivant d’une Parole d’amour, d’un Royaume de justice et de paix. Je retiens trois phrases du Nouveau Testament, que je pourrais glisser dans ma poche pour orienter toute parole et tout geste au quotidien :

  • «Toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» (Matthieu 25,40)
  • «Quand ta main droite donne quelque chose à un pauvre, ta main gauche elle–même ne doit pas le savoir.» (Matthieu 6, 3)
  • «A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jean 13,35)
  • Au fond d’une poche comme au fond du cœur

    Rémi Bourdon