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La fin du monde en 2012 : Les Mayas se bidonnent…

2012. La fin du monde ou l’apocalypse serait prévue pour le 21 décembre 2012 ! Il paraît, en effet, que dans l’un des plus anciens calendriers de l’histoire, le 21 décembre de l’an 2012 indique un changement radical et global à l’échelle mondiale. D’après les traditions du peuple Maya, il y aurait, au solstice de l’hiver 2012, une « fin du monde » tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ce sujet apocalyptique fait bien parler dans le monde entier. Faut-il paniquer devant une telle éventualité ? Faut-il arrêter d’avoir des projets ou, au contraire, tâcher de les réaliser le plus vite possible, puisque nos jours sont comptés ?

D’une part, il sera facile de croire à la possibilité d’une fin du monde avant la fin de l’année 2012 : les pays s’entretuent, le fossé entre les riches et les pauvres augmente, la corruption sous toutes ses formes bat son plein, des aînés sont abandonnés, des parents tuent leurs enfants, des milliers de personnes crèvent de faim tandis que d’autres s’empiffrent sans fin, on investit des milliards dans l’armée et on est frileux à investir un million dans l’éducation, les indignés font des sit-in sur les places publiques à travers le monde, des grandes compagnies ferment leur porte sans avertissement laissant 2,000 travailleurs en chômage, etc. Les valeurs qui étaient jusque là essentielles, sont rejetées du revers de la main dans bien des cas. On met l’accent sur le profit, la rentabilité, l’efficacité, le pouvoir.

En février dernier, je suis allée au Mexique.  Je me suis dit : « Quelle belle occasion pour s’informer auprès du peuple Maya de la véracité des faits à venir. La fin du monde arrivera-t-elle en 2012 ou non ? » À Ek-Balam, un site archéologique situé à 250 km de Riviera Maya, j’ai rencontré des Mayas à qui j’ai posé directement la question. Tous ont affirmé croire qu’à cette date fatidique se passerait quelque chose de phénoménal… mais tous s’entendent pour dire que ce sera le temps d’un Renouveau, quelque chose de neuf, de radicalement neuf, se produira.  De toute façon, la terre tremble…

Louise Paradis, professeure au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal et spécialiste des civilisations méso-américaines, explique très clairement la situation dans un article signé de Daniel Baril. « C’est la fin d’un cycle long du calendrier maya qui nous conduit à la date fatidique du 21 décembre 2012 (selon d’autres calculs, ce serait le 28 octobre 2011 ou encore quelque part en l’an 2220). Quoi qu’il en soit, «aucun codex maya ne dit que la fin du cycle long signifiait pour eux la fin du monde. La fin de ce cycle devait en annoncer un autre.» http://www.nouvelles.umontreal.ca/recherche/sciences-humaines-lettres/fin-du-monde-en-2012-les-mayas-lavaient-predit.html

Cela étant dit, si le 21 décembre 2012 devait être le début d’un cycle nouveau, d’un temps neuf, j’aurais quelques améliorations à apporter au monde actuel.  Nous avons le droit de rêver…

Francine Vincent

Quand le doute et la peur prennent les rênes!

Je viens de lire le blogue de Thierry Bizot, http://bizot.blog.croire.com/, nouveau converti, qui essaie du mieux qu’il en est capable de partager sa foi naissante et ce qu’elle lui fait vivre.

J’admire cet homme qui partage humblement les aléas de son histoire de foi, sans l’embellir ou sublimer les doutes qu’il rencontre. Cette fraîcheur du témoignage vrai et lucide me rejoint et me renvoie aux enjeux de ma foi, bien que plus ancienne, mais toujours aussi mouvante.

La foi n’a rien d’un état de stabilité. Le doute fait bel et bien partie de la foi. Quand le doute vient, il est habituellement suivi de la peur. La foi déstabilisée et remise en question semble alors chanceler. Passera-t-elle l’épreuve? Trouvera-t-on la force de continuer? C’est bien l’expérience coutumière qui fait partie de mon chemin de foi, mais n’est-ce pas également l’expérience de nos ancêtres dans la foi? Lorsque le doute se profile et que la peur s’installe, qu’arrive-t-il alors?

Si je sais relire ces moments où le doute et la peur veulent prendre les rênes de ma vie, je peux reconnaître les petits éclats de lumière qui arrivent de part et d’autres, comme un clin d’œil divin qui vient me relever, me remettre en marche, donner réponse à la question qui me ronge : pourquoi continuer?

Je vous souhaite, je nous souhaite de revivre ce miracle de la « manne » qui arrive juste au moment où l’on croit défaillir. (Ex 14)  La Grâce vient du ciel, de la Parole qui nourrit et qui nous rejoint bien souvent par la bouche de nos frères et sœurs. N’est-ce pas extraordinaire d’apprendre, par exemple, que quelqu’un pense à nous et nous porte dans sa prière?  Comme un lien invisible qui nous relie, quel que soit l’endroit où l’on se trouve sur cette petite planète, cette solidarité n’est-elle pas déjà un miracle et bien souvent le pain qu’il fallait pour poursuivre la route?  Parfois, la manne vient sous la forme d’une rencontre, d’une lecture, d’un événement inattendu.  « Les fils d’Israël regardèrent et se dirent l’un à l’autre : « Mân hou? » (« Qu’est-ce que c’est? »), car ils ne savaient pas ce que c’était.  Moïse leur dit : « C’est le pain que le SEIGNEUR vous donne à manger. » (Ex 16,15)  Puisque je ne suis pas arrivée en Terre Promise, j’ai toujours à reconnaître et à me nourrir de la manne qui vient du ciel et qui me donne la force de continuer.  Rien n’est jamais acquis. Ne dit-on pas de la manne, qu’on ne pouvait pas en faire de réserve?  (Ex 16, 19-20)

Pour poursuivre votre méditation à partir de l’image du « désert » qui symbolise cette expérience que nous fréquentons tous, je vous invite à visiter la très belle animation proposée par la revue Croire, pour le temps du Carême.

http://www.croire.com/article/index.jsp?docId=2296003&rubId=238

Colette Beauchemin

 

Ne m’oubliez pas!

Hélène a 98 ans.  La belle Hélène, comme l’appelait autrefois son époux Rolland. Depuis le 1er septembre, sa maison c’est l’hôpital Charles-Lemoyne. Elle a eu un accident vasculo-cérébral, elle qui n’avait jamais été vraiment malade de toute sa vie. Elle qui a dansé jusqu’à l’âge de 90 ans avec une souplesse extraordinaire, elle est aujourd’hui alitée, passablement lucide malgré tout, et angoissée…

Hélène, c’est ma belle-mère.  Une femme extraordinaire, dévouée, généreuse, patiente…  Quand je me présente à la porte de sa chambre avec son fils, mon mari, c’est un cri de joie qui s’échappe de son corps tout entier.  Enfin! Elle prend ma main, la tient dans la sienne de toutes les forces de sa main droite, parce que son côté gauche est paralysé. Elle me regarde au fond de mon être, de son regard perçant et me redit encore une fois: « Enfin te voilà! Je croyais que tu m’avais oubliée! » Ça me déchire le cœur chaque fois.  Et chaque foi, je me découvre une immense patience pour lui réexpliquer l’état de sa situation et répondre encore à ses mille questions : Où suis-je? Qui m’a amenée ici? Que m’est-il arrivé? Pourquoi est-ce que je ne peux pas habiter avec vous? Je veux vivre avec vous! Qui va s’occuper de moi? Pourquoi est-ce que c’est arrivé à moi?

Ma belle-mère est une femme remarquable.  Sa vie, elle l’a mise au service de sa famille prioritairement, de ses voisines, de ses amies, de son Église. Elle a partagé ses talents de cuisinière, de couturière, avec beaucoup de tendresse. C’était une grande organisatrice d’événements.  A quelques minutes d’avis, elle pouvait préparer du chocolat chaud pour une troupe de scouts que son fils amenait à la maison, et ce, sans émettre une seule parole de mécontentement. Elle accueillait ces garçons avec un grand sourire.  Elle était heureuse de rendre service et d’être entourée de monde. J’ai toujours admiré chez elle sa grande générosité, son don de soi, son esprit de service, sa fidélité.

Aujourd’hui, presque en fin de vie, c’est un petit ange que je retrouve chaque fois dans un grand lit blanc, presque trop grand pour elle. Depuis hier, elle est au septième étage de l’hôpital, au septième ciel. Elle est entourée de personnes extraordinaires, les préposés aux bénéficiaires, qui font un travail exigeant, harassant parfois, mais avec tellement d’amour.  « Elle me fait penser à ma mère », me dira l’une.  « Je me suis attachée à elle », me confiera une autre. Malgré les appels incessants de chacun, « j’ai peur toute seule », « je veux la bassine », « j’ai faim », avec une immense patience, ils sont là, toujours là, à toute heure du jour et de la nuit, pour apaiser, consoler, aider.  Je leur lève mon chapeau!  Ce sont les anges du septième ciel.

Nous visitons la belle Hélène tous les jours. C’est ma belle-mère, c’est une mère, qui nous a consacré sa vie, par amour.

Avez-vous visité votre mère récemment?

Je vous en prie, ne l’oubliez pas!

Francine Vincent

L’itinéraire spirituel: un chemin extraordinaire à la rencontre de Dieu.

Pensez-vous connaitre Dieu? Avez-vous soif de sa découverte? Deux fois par année, le diocèse de Saint-Jean-Longueuil organise un itinéraire de trois jours au cours desquels différentes communautés chrétiennes sont visitées. Cet itinéraire est, pour beaucoup, un chemin pour découvrir ou redécouvrir l’humain et son rapport avec Dieu. Et surtout se redécouvrir soi-même.

Avec la sortie dans les prochains jours au Québec du film Des hommes et des Dieux, cet itinéraire résonne comme une recherche pour comprendre toutes ces personnes qui ont décidé, un jour, de dévouer leur vie à leur foi. Une foi qui nous touche toutes et tous, même si la société d’aujourd’hui peine à comprendre certains principes spirituels comme la solitude, la prière ou l’abandon du matérialisme.

Lors de ce chemin, vous ne connaitrez jamais quelle sera la prochaine destination avant d’y être arrivé. Vous prendrez le temps de réfléchir, de méditer, d’écouter, d’aller à la rencontre de l’autre. Vous serez touchés par les témoignages de ceux qui vous ouvrent leur maison, mais également des personnes qui vous accompagnent. Quelque chose de très particulier unit ces personnes : l’abandon. L’abandon de la peur qui résulte en une ouverture de soi. Ce qui est dit pendant ces trois jours restera au cœur de chacun des participants qui sont liés par la discrétion. La discrétion de ne pas divulguer les discussions, d’écouter les questionnements et de ne pas juger.  L’humanisme présent lors de chacune de vos rencontres vous touchera. Vous apprendrez à construire votre écoute par des témoignages qui sauront vous secouer et vous inspirer.  Nous avons tous une histoire différente, une relation particulière qui nous lie avec Dieu. Vous apprendrez à mieux comprendre votre histoire mais également à découvrir celle des autres. Soyez averti : la religion médiatique sera absente de votre itinéraire. La religion humaine et divine, de sacrifice, de révélation et de partage, sera tout autour de vous. Une religion authentique, où la fragilité humaine prendra place et la lucidité face à la réalité sera au rendez-vous.

Vous irez à la rencontre de différentes spiritualités, différents rapports à la foi. Ces trois jours vous permettront de vous recentrer, de vous rapprocher de l’essentiel et de voir que l’amour de Dieu passe nécessairement par l’amour de l’Autre. L’amour de l’être humain car nous avons chacun besoin des uns comme des autres. Vous verrez que Dieu est plus que jamais présent autour de nous, par nos actions : il s’agit simplement d’ouvrir les yeux. Vous serez touché par la fragilité de l’Homme, mais transporté par sa soif d’idéal et d’amour. Vous verrez Dieu en les Hommes pendant trois jours, et vous finirez empli d’espérance et de spiritualité.

Le prochain itinéraire spirituel aura lieu les 19, 20 et 21 mai 2011. Contactez Ginette Boucher au 450-679-1100 poste 267 pour plus d’informations.

Myriam

Des hommes et des dieux

Le 21 mai 1996, j’étais à l’abbaye cistercienne de Tamié, en Haute-Savoie, lorsque la nouvelle est tombée comme un coup de tonnerre. Les sept moines de Tibhirine, enlevés dans la nuit du 26 mars, avaient été assassinés. Deux venaient de Tamié : le plus jeune, Christophe, âgé de 45 ans, et Paul, arrivé en Algérie en 1989. Je devais prononcer une conférence sur les hymnes liturgiques du poète Patrice de La Tour du Pin. Quelle parole pouvait traduire le profond silence qui émanait du chœur de Tamié ? C’est avec beaucoup d’émotion que je commençai mon entretien par l’hymne de La Tour du Pin pour la Toussaint :

Comme ils étaient baptisés sous ton Nom,

Qu’ils l’ont porté jusqu’à mort et passion,

Il t’a suffi de t’appeler en eux

Pour qu’ils revivent ! Alléluia !

Le titre du film de Xavier Beauvois Des hommes et des dieux est tiré du psaume 81 (82) : « Vous êtes des dieux… Pourtant, vous mourrez comme des hommes ». Ce film d’une grande intériorité relate avec sobriété des parcours d’hommes libres. Il met en scène l’engagement fidèle des moines cisterciens envers le petit village de Tibhirine (mot qui signifie « jardin » en berbère) et surtout leur vie quotidienne au monastère, rythmée par le travail et la prière.

moines

Pour avoir vécu quatre ans dans ma jeunesse à la Trappe d’Oka, je peux témoigner que la vie cistercienne est rendue avec justesse, même si l’aspect spirituel de cet engagement envers Dieu relève de l’indicible. Les comédiens sont tellement habités par le don de ces moines qu’ils deviennent eux-mêmes des passeurs, des témoins. Ils ont d’ailleurs vécu quelques semaines à Tamié avant le tournage pour s’imbiber de la vie monastique, s’initier aux us et coutumes de la communauté, apprendre les hymnes, former entre eux une fraternité.

On a parlé dans les médias français d’un grand film, d’une sorte de miracle, d’un instant de grâce qui nous marque. C’est vrai. Des hommes et des dieux nous conduit à une profondeur du cœur où les paroles et les silences sont des fenêtres qui ouvrent sur une authentique expérience spirituelle. Il faut voir ce film, et même le revoir, car le cinéma atteint ici un rare degré d’humanité, de pureté, de simplicité, de spiritualité. Pas étonnant qu’il ait remporté plusieurs récompenses, dont le Grand prix du jury au festival de Cannes, et qu’il ait été acheté dans plus de 50 pays. En France seulement, il a dépassé les 3 millions de spectateurs.

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Un évêque n’est pas un épiscope

« Moi, j’aime les mots. » J’aime bien ces courts flashes à la télé sur des mots d’usage courant qui prennent toutes sortes de sens dans le grand espace francophone.

Quand on annonce officiellement la nomination d’un nouvel évêque, on emploie la formule latine : « Habemus episcopum! ». Le mot « episcopus » s’est transformé au cours des siècles pour devenir « ébisque » puis « évêque » pour désigner le premier pasteur d’une Église diocésaine. Mais ce même mot « episcopus » a été conservé en français dans sa forme latine, presque sans changement. Savez-vous ce qu’est un épiscope?

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À la découverte de la prière…

En ce moment dans ma vie, je ressens le besoin de prier et l’envie que d’autres prient pour moi, pour ma famille. Mais que fait la prière dans notre vie ? Prier devrait être une habitude. Mais pour moi, cela ne l’est pas. C’est sûr que je remercie Dieu pour les bonnes choses de la vie, que je me tourne vers lui quand je suis inquiète pour mes proches, que je l’invoque devant les injustices de l’univers. Mais je dois vous avouer que je ne prie pas chaque jour et surtout pas à des moments précis. Mais quand je passe par des périodes difficiles, je me tourne vers la prière, quand ça va mal, je cherche à  prier, j’ai besoin de prier. Je ne sais pas si c’est comme ça pour tout le monde.

J’ai donc cherché dans la collection de volumes de la bibliothèque du diocèse les livres récents sur ce sujet. Je vous avoue que je ne croyais pas en posséder autant. Je vois que prier est une préoccupation pour plusieurs. Les auteurs nous renseignent sur la façon de prier, nous suggère des méditations ou des prières toutes faites, nous parlent des grands priants et toujours, nous invitent à prier, à toujours prier. Je dois dire que j’aimerais bien toujours prier, offrir à Dieu mes actions, mon travail, mes journées, mes peines, mes joies et par-dessus tout, ma personne mais comme de raison, je ne sais pas vraiment comment.

priereblogue

Je suis allée sur Internet et sur le site des Cursillos on me renseigne sur ce qu’est la prière. Guylain Prince pense que « la prière, c’est apprendre à faire entrer le vouloir de Dieu dans la petite parcelle de l’univers » qu’il habite. Il ajoute qu’ « on apprend pas à prier en dissertant sur le pourquoi et le comment de la prière ». Il prétend aussi qu’ « on apprend à vivre avec Dieu en lui présentant nos petitesses, nos misères, nos grandeurs et nos projet ». Je veux bien le croire mais comment fait-on ?

Dans le même site, un autre auteur, Yvon-Michel Allard nous explique que « la prière n’est pas une formule magique qui nous permette de nous croiser les bras en attendant que Dieu fasse un miracle. Au contraire, elle nous aide à comprendre les problèmes et nous donne la force de trouver des réponses »

J’aime bien cette façon de voir les choses. Prier, ce n’est pas demander et attendre mais réfléchir et chercher en soi, avec l’aide de Dieu, des réponses à nos souffrances, à nos bonheurs, à nos espoirs. Ça semble bien facile. J’apprécierais beaucoup que vous me donniez vos trucs de prière. Comment faites-vous ? Quand priez-vous ? Quel bonheur cela vous apporte-t-il ? Est-ce vraiment aidant ? Et s’il-vous-plait, priez pour moi et mes proches, nous en avons vraiment besoin.

Je vous indique le site retenu et les titres de volumes récents que nous possédons au diocèse.

Sur Internet :

http://cursillos.ca/priere/priere-commentaires.php

À la bibliothèque du diocèse :

Un moment donné. – Denis Rivest. – Novalis, 2009, 114p.

40 jours avec Maurice Zundel et les Pères du désert. – Patrice Gourrier et Jérôme Desbouchages. – Presses de la Renaissance, 2009, 279p.

Quel est ton nom ? – Claude Duchesneau. – Arsis, 2009, 256p.

Guide pratique de la prière chrétienne. – Jacques Gauthier. – Presses de la Renaissance, 2010, 323p.

Maîtres spirituels pour aujourd’hui. – Pierre Charland, Yvon Poitras, Francine Vincent. – Médiaspaul, 2009, 219p.

Emporté par ce grand tourbillon des (maux) mots

Note : après avoir lu l’article du Devoir et les commentaires, l’idée m’est venue  de copier/coller des expressions chocs, puis de les réagencer à ma manière. Merci à ceux et celles de qui j’ai emprunté ces morceaux de casse-tête existentiel, tel un disque dur à défragmenter.

poeme

Télécharger le premier CD
et se laisser emporter :
perte d’espoir dans la vie
dont ces jeunes font partie.

Assister aux spectacles
qui traduisent nos états d’esprits :
société québécoise éclatée, atomisée.
Finie la culture du sacré,
vive celle du marché!
Le dieu-fric a ses fils bien-aimés,
financiers et banquiers.
Et les vendeurs de tout acabit,
les «nouveaux curés».

Avant, était le joug du religieux.
Puis débarrassés de l’autorité religieuse,
les églises se sont vidées;
les temples de la consommation ont débordé.

Comment trouver son chemin
devant un avenir incertain?
Danser et chanter son mal de vivre
Crier les signes de décadence.

Télécharger l’autre CD
et se laisser importer
pour chercher le sens de sa vie en soi-même.
Percevoir enfin un rayon de lumière.
De nuit, chemin de Compostelle,
changement de paradigme,
se sentir moins seul,
défendre ce qui est vrai, vital
devant la logique inhumaine du marché total.

Épilogue

L’épilogue vous appartient
même si j’ai le mien.
Je préfère écouter votre CD.

Rémi Bourdon

La spiritualité avec ou sans Dieu?

J’ai assisté dernièrement à une conférence qui avait lieu au Centre Culturel Chrétien de Montréal www.centreculturelchretiendemontreal.org. Le sujet de la spiritualité avec ou sans Dieu, était abordé par trois témoins : Mme Rose Dufour, anthropologue, M. Bernard Émond, cinéaste et Mgr Gilles Lussier, évêque du diocèse de Joliette.

Les trois témoignages étaient forts intéressants et différents. Ils laissaient bien voir les contrastes et positions variées qui habitent dorénavant notre paysage québécois. Cela peut avoir l’avantage de provoquer chacun à se positionner et à inventer son propre chemin de sens et de vie. Mais je constate, également, que ce nouvel éclatement des croyances laisse bien des jeunes et des adultes dans une sorte de confusion qui les porte à remettre toujours à plus tard, la question du sens de la vie et de la spiritualité. On se laisse mener par l’urgence et on en oublie le sens du voyage.

De mon point de vue Mme Rose Dufour a livré un témoignage éloquent. Sa sensibilité et son authenticité traversaient ses paroles. Une femme intense qui travaille avec les femmes de la rue, les prostituées. Voici un extrait de son témoignage qui laisse transparaître l’essentiel de son propos.

Rose DufourComme anthropologue, ma profession m’amenait à l’étude de l’autre et je me suis sentie appelée à travailler avec les plus pauvres, au centre-ville de Québec. Je me suis mise à accompagner des femmes prostituées. Pour pouvoir les rejoindre, j’ai dû aller chercher ma pauvreté au fond de moi. C’est là que la parole du Christ m’a rejointe profondément : « Les prostituées vous précéderont dans le Royaume des cieux ».

En accompagnant ces femmes dans la recherche de ce qui les avaient menées là, j’ai eu accès à leur âme. En essayant de les aider à faire le point dans leur vie, j’assistais à leur métamorphose. C’était elles qui me reflétaient le plus précieux en moi. J’avais besoin d’elles avant qu’elles aient besoin de moi. Je comprenais que ce n’était pas le repentir qui leur donnait accès au Royaume, mais ce qu’elles étaient intérieurement. Ces femmes ont été façonnées pour devenir ce qu’elles sont. J’ai été éblouie devant la grandeur de l’être humain, enfouie sous la misère. J’avais la mission de les aider à se voir comme elles étaient vraiment. « Si tu voyais ce que je vois. Je voyais la vraie Lucie, Nancy, … Tu as le devoir de devenir qui tu es ».

Aujourd’hui Mme Dufour ressent deux grandes obligations dans sa vie : amener ces femmes à elles-mêmes et témoigner de ce qu’elle découvre à leur contact. C’est de cela dont elle témoigne dans son livre intitulé Je vous salue Marie… Éd. MultiMondes, 2005.

Lors de son intervention, M. Bernard Émond a d’abord senti le besoin de signifier son inconfort à parler de spiritualité. Il se présente comme un agnostique.

Bernard ÉmondJe crois, dit-il, que la vie est Mystère que l’on ne peut épuiser dans nos concepts et nos représentations.

Je me réclame plutôt d’une approche théologique qu’on appelle « apophatique » qui reconnaît l’indéfinissabilité de Dieu et qui insiste davantage sur ce que Dieu n’est pas, plutôt que sur ce que Dieu est. Si Dieu existe, comment expliquer la souffrance? Je sais que pour les croyants le silence de Dieu est la place de notre liberté mais pour moi son silence me crée problème.

Croire ce serait peut-être écouter le silence. Sous un tableau de Giorgio Morandi, je suis en présence du Mystère. L’austérité de l’œuvre, tout en dégageant une beauté poignante, nous met devant la question : Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien? La beauté du monde et la musique de Bach, donnent le sentiment d’une présence ou du moins le sentiment du précieux; sentiment qui nous invite à sortir de nous-mêmes et à aller vers l’autre. Sortir de soi, c’est aussi s’extasier. Je me limite à cela, car je ne saurais en dire plus. J’écoute et j’essaie d’être attentif. Au nom de la religion, il y a eu des horreurs. Pour moi la question éthique est centrale, peu importe les croyances. Pour moi les croyances ne sont, à la limite, que des décorations. C’est le résultat qui compte. C’est le message central que j’ai voulu livrer dans mon dernier film : « Je crois qu’il faut servir » (La Donation).

Mes trois films sur les vertus théologales laissent voir que je suis tout de même attaché aux décorations que la religion m’a laissées. Je me sens chez-moi dans une église. J’y suis attaché à cause de sa beauté, de ses métaphores qui peuvent orienter la vie. J’ai la certitude de la nécessité des traditions car je vois les ravages de la déculturation. Tradition et transmission sont des éléments d’une vie riche. Anton Tchekhov a écrit : « Ce qui a eu lieu il y a 2000 ans a quelque chose à voir avec le présent. Le passé est lié au présent par une chaîne ininterrompue remplie d’une haute signification ».

Je ne peux conclure sur le sujet de la spiritualité « avec » ou « sans » Dieu. Si la vie est vécue sans le sentiment du plus grand que nous, la vie est vide. Ce qui compte pour moi, c’est de s’engager dans quelque chose qui nous dépasse et qui donne de la valeur à la vie.

De son côté, Mgr Gilles Lussier a témoigné principalement de l’importance de la parole de Dieu dans son cheminement et en quoi elle donne sens à tous ses engagements.

Gilles LussierAu début de ma quête spirituel, comme Samuel le prophète, j’étais à l’écoute de mon appel : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Je demandais au Seigneur : « que veux-tu que je fasse de ma vie? »

Dans mon enfance, les films que je voyais sur les colonies éveillaient mon désir missionnaire. Comme l’appel de Moïse au buisson ardent, je me sentais appelé à m’engager auprès de ceux qui souffrent.

En écho à cet appel de Dieu au buisson ardent, une parole de Teilhard de Chardin a donné sens à tous mes engagements : « Je crois en l’homme comme Dieu y croit ». Cette parole a marqué ma manière d’être avec les autres et ma manière de prier.

La parole de Dieu me permet de relire ma vie, la vie de l’Église, du monde, et m’aide à m’ouvrir avec confiance et sérénité à plus de Vie.

Je suis persuadé que la quête spirituelle peut emprunter plusieurs voies. Au?delà des structures confessionnelles, nous pouvons nous sentir solidaires d’une spiritualité commune où l’on se rejoint dans le renoncement à l’égoïsme et dans le don de soi.

Dans l’amour, c’est le mystère de l’être humain qui est en jeu. Pour moi, c’est Dieu lui-même que l’on expérimente dans l’amour.

Ces témoignages ont été suivis de questions de la part des participants. Cela a permis de pousser plus loin certains points abordés par les témoins.

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